Valentino Rossi, entre doute et inquiétude



Samedi, sur le Motorland d’Aragon, Valentino Rossi n’a pu faire mieux qu’une treizième position sur la grille de départ, alors, puisqu’il n’y avait de toute façon rien à espérer, il a décidé de plomber un septième moteur pour disposer, lors des quatre dernières courses de la saison, de deux motos avec le nouveau train avant en aluminium.

Bien entendu, plomber un septième moteur, alors que la règlementation autorise l’utilisation de six blocs sur la saison, a un prix et ce prix était l’obligation qui lui a été faite de s’élancer de la voie des stands.

Après un bon début de course qui a vu le pilote Ducati revenir tour à tour sur Capirossi, Elias, Aoyama et Crutchlow, son pneu arrière s’est anormalement dégradé et Rossi a dû rendre les armes face au Britannique qui lui a arraché la neuvième position. Il s’en est d’ailleurs fallu de peu qu’il en aille de même avec Aoyama.

Alors oui, ça fait vraiment désordre de voir le nonuple champion du monde mis à mal par deux motos privées qui, depuis le début de la saison, dans des circonstances de course normales, n’ont jamais pu se mêler à la bagarre pour un top 7.

A l’issue de cette course, Valentino Rossi, interrogé par nos excellents confrères de GPone, restait réaliste : « Partir des stands m’a fait perdre un peu de temps, sans ça, je serais resté avec le groupe de Bautista, Barbera et Hayden, mais nous n’avons pas eu le bon rythme pour aller vite et donc ça n’aurait pas changé beaucoup. A sept tours de la fin, alors que je tournais encore en 51 et que je me rapprochais de Nicky, j’ai dû ralentir. La moto a commencé à vibrer beaucoup et j’ai dû abandonner une seconde. Mais même avec des pneus en état nous n’étions pas capables de faire beaucoup mieux. »

Ça va bientôt faire un an que Rossi cherche des solutions mais sans grand succès et évidemment, il ne peut s’empêcher de se poser des questions lorsqu’il compare ses résultats à ceux de Stoner l’an dernier sur cette même moto. « C’est un fait qui nous donne matière à réflexion et qui nous inquiéte, cela signifie que nous avons de gros problèmes. Bien sûr, Stoner pilotait très bien la Ducati et était très fort sur cette piste, comme il l’a encore démontré aujourd’hui. Mais il y a d’autres choses que nous ne comprenons pas, comme par exemple le fait qu’il était plus rapide que nous en ligne droite. Peut-être est-ce dû au fait que la Desmosedici, au niveau de la position de conduite, est mieux adaptée à un petit pilote comme lui plutôt qu’à un grand comme moi. »

Mais Rossi ne se confronte pas seulement à Stoner, car le Valentino Rossi 2010, à Aragon, avec une épaule meurtrie, était aussi plus rapide. « 14 secondes de moins ! Ça fait beaucoup, surtout qu’à cette époque, mon épaule me faisait souffrir. Je ne pilote pas cette moto comme je le voudrais, il suffit de regarder les images à la télévision et comparer ma position sur la selle par rapport aux années précédentes ».

Si Rossi fait confiance à Borgo Panigale pour le futur, il sait aussi que c’est maintenant qu’il faut trouver la ligne de développement car 2012 c’est déjà demain et aujourd’hui, le moins qu’on puisse dire, c’est que les rouges ne sont encore nulle part. «Je ne sais pas si nous avons besoin d’un nouveau châssis et ce n’est pas moi mon rôle de le savoir, je ne suis pas un ingénieur. Nous avons un an et demi pour résoudre la situation, nous espérons pouvoir le faire dès que possible. Nous travaillons dans différentes directions, nous avons des idées différentes, nous avons décidé de commencer avec les composants qui prennent moins de temps à mettre au point (l’aluminium), mais nous n’avons pas vraiment résolu nos problèmes alors nous sommes déçus et inquiets. Nous n’arrivons pas à aller plus vite ».

Au final, on sent que le Docteur, d’habitude si sûre de lui, a besoin de se raccrocher à un espoir mais on sent aussi qu’il commence à en avoir assez de tourner autour du pot avec des petites améliorations par ici et puis d’autres par-là qui, au final, ne donnent pas grand-chose. « Je ne sais pas ce qui est encore en chantier d’ici à la fin de la saison. A ce stade, cependant, nous devrons utiliser ces dernières courses pour essayer de recueillir des données pour la moto de l’année prochaine. Mais lors des dernières courses, nous espérons être plus compétitifs que sur cette piste qui ne m’avait pas trop bien réussi la saison précédente non plus. »

Finalement, quand on voit la tournure des évènements, on peut légitimement se demander si Ducati et Rossi ce n’est pas (presque) fini. D’un côté, on a un fabriquant de moto qui, vu sa taille et donc le prix de ses machines, n’a pas d’autres choix que de se démarquer de la concurrence. De l’autre, on a un pilote qui depuis 1997 et son premier titre en 125, n’a jamais quitté le top 3 du classement général et qui, à 32 ans, aimerait terminer sa carrière sur une note positive.

Autre variable non négligeable, le salaire annuel de Rossi est de 14 millions d’euros alors, à quoi bon payer ce montant s’il n’y a pas la volonté de mettre entre ses mains une moto qu’il pourra mener à la victoire ? C’est certain que Stoner gagnait avec cette moto, mais il était bien le seul et maintenant il est parti. Les résultats de l’Australien cette saison devrait pourtant mettre la puce à l’oreille de Borgo Panigale…stay tuned !

Source : www.gpone.com

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