Davide Brivio: "Rossi c'est un homme, pas un robot!"



Davide Brivio est l’homme qui a attiré Valentino Rossi chez Yamaha, écurie dont il était le team manager, à une époque où l’Italien avait tout remporté avec Honda. Le pilote de Tavullia avait besoin d’un nouveau challenge et Yamaha, qui n’avait plus remporté de titre mondial depuis le dernier sacre de Wayne Rainey, en 1992, fut son premier choix.

En 2010 Rossi a décidé de relever un dernier défi, celui de piloter la desmosedici et de l’amener à la victoire. Le défi était beau, faire gagner un italien sur une moto italienne. Davide Brivio, de son côté, a quitté Iwata pour suivre le transalpin dans cette aventure, sans y être techniquement impliqué mais en tant que manager du nonuple champion du monde.

Mais voilà, 10 mois après cette union sacrée, les résultats se font attendre et le 46 vit la pire saison de sa carrière en n’ayant empoché qu’un seul podium dans des circonstances particulières (au Mans après que Pedrosa, alors second, se soit retiré des suites d’un accrochage avec Marco Simoncelli, alors troisième, et que ce dernier ait encouru une pénalité) et en occupant la sixième place provisoire du championnat du monde.

Si Rossi, jusque-là, souriait encore, Aragon aura marqué le passage à l’aveu d’impuissance et à l’inquiétude face aux questions concernant son avenir qui commencent doucement à le ronger.

Cet état des choses n’a échappé à personne et certainement pas aux journalistes qui le connaissent le mieux, ceux de GPone.com. En quête d’explication, ils se sont tournés vers Davide Brivio qui, bien que manager de Rossi, a peut -être le recul nécessaire pour comprendre le sentiment qui habite actuellement le Dottore.

Davide Brivio, quand il parle des performances actuelles de Rossi en piste, ne dit rien de bien différent que ce que nous avons pu lire et entendre jusqu’à présent : « Ducati et Valentino pensent à l’avenir, ils ne chassent pas après les performances course après course, leur objectif est de faire évoluer la moto et de recueillir des données pour 2012 « . Rien de bien neuf donc… « le but n’est pas de faire une cinquième place, plutôt qu’une sixième, parce qu’en réalité, ce n’est pas la chose la plus importante pour le moment. Il faut regarder les chronos et analyser les problèmes d’adhérence, pour pouvoir les solutionner dans le futur ».

C’est quand il parle du personnage qu’il commence à devenir intéressant. Il nous fait comprendre ce que Valentino Rossi ressent en ces moments de doute… « Ça fait maintenant 15 ans que quand Valentino arrive sur la piste le jeudi, il pense pouvoir gagner chaque course mais ce n’est désormais plus le cas. Il doit digérer une situation nouvelle pour lui. Si vous êtes un pilote qui n’a jamais gagné ou qui a gagné peu, vous le supportez mieux, mais lui, même lors des années difficiles, il a toujours réussi à gagner des courses ».

Malgré cela, son manager continue de l’affirmer : Valentino Rossi n’a rien perdu de sa motivation : « Il veut faire cet effort, il donne le meilleur de lui-même, mais ce n’est pas un robot, c’est un homme et c’est parfois difficile. Nous devons prendre en compte qu’il accompli un travail bien plus difficile que par le passé, et les doutes sont nombreux, ce n’est pas seulement comme se concentrer sur la mise au point car les données du passé servent moins ».

La seule chose qu’on ne pourra certainement jamais reprocher à Valentino Rossi, c’est d’essayer, par tous les moyens, de faire marcher cette Ducati. Alors à qui ou à quoi la faute ? Un châssis fuyant, une position de conduite mal adaptée, un style invariable ou une marque bornée ? Certainement un peu de tout ça mais, comme nous vous l’écrivions dans un précédent article : si les intérêts des deux parties en présence sont communs, les moyens pour y parvenir sont bien différents.

Rossi et Ducati veulent la même chose, le titre de champion du monde, mais si Rossi a besoin, pour cela, d’une moto certainement plus traditionnelle que sa GP11, Borgo Panigale a besoin, de son côté, de gagner sur un concept propre. Pour vendre des motos une fois et demi le prix d’une Japonaise, il faut avoir des choses à faire valoir…stay tuned !

 

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