Focus sur SAG, l’écurie de Simeon et Schrötter, en compagnie d’Eduardo Perales



Eduardo Perales est le patron de Stop and Go, la structure de Xavier Simeon et Marcel Schrötter. Si aujourd’hui, la vie semble belle pour celui qui aura travaillé au service de pilotes comme Sito Pons, Alex Crivillé, Alberto Puig, Carlos Checa, Álex Barros, Loris Capirossi ou encore, Jose Luis Cardoso, il n’en a pas toujours été de même.

Après avoir débuté en 1990, c’est en en 2003 et après deux ans de pause, que l’Espagnol lance Stop and Go.

Deux saisons plus tard, il débarquait en championnat du monde, d’abord en 125 avec Ángel Rodriguez et la saison suivante, en 250, avec l’argentin Fabrizio Perren.

Ensuite l’aventure a continué avec Ratthapark Wilairot, avant de connaître deux saisons compliquées, en 2011 et 2012.

Tellement compliquées d’ailleurs, que le Team Manager nous avouera même avoir songé à mettre un terme à ses activités.

Mais 2013, c’est le renouveau puisque SAG dispose maintenant de deux motos identiques et performantes ainsi que de deux pilotes prometteurs qui ne cessent de gravir les échelons.

Nous avons rencontré Eduardo Perales pour débattre de ce début de saison mais également du statut précaire des petites écuries.      

GPi : Vous avez connu un excellent début de saison, même au-delà des attentes, quel est votre sentiment général ?

Depuis que nous avons testé la moto en début d’année, à Alcarràs, mon feeling est très bon. Xavier Simeon a été directement dans le coup et il améliore très facilement la moto. A chaque course, je le trouve meilleur. Evidemment, dans une catégorie aussi compétitive, s’installer durablement dans le top3, ce n’est pas quelque chose de facile mais je suis convaincu qu’il va encore obtenir de très bons résultats, encore meilleurs que ceux qu’il a déjà obtenus jusqu’à présent.

GP i : On a vu, en effet, que Xavier Simeon semble s’être très bien adapté à sa nouvelle structure. Il sortait de deux saisons compliquées chez Tech3 quand vous l’avez engagé mais vous avez cru en lui. Vous pensiez à lui depuis longtemps ?

Je connais Xavier depuis longtemps car il a énormément roulé dans les championnats espagnols. Bien entendu, il a connu deux saisons compliquées sur une Mistral qui souffrait peut-être un peu du fait qu’il n’y en a que deux dans le championnat. Là, il rebondit sur une moto compliquée également mais peut-être moins que la Mistral et pour laquelle on bénéficie de beaucoup plus d’informations. Pour le moment, je dois avouer qu’il n’a pas encore eu besoin de toutes ces données mais on sait que si on en a besoin, elles sont à notre disposition.

GPi : De l’autre côté du Box, on retrouve Marcel Schrötter, qui est arrivé ici en cours de saison en 2012. Quelle est son histoire chez SAG ?

La première fois que je l’ai rencontré, c’était à Jerez. Il était là pour les tests de la RedBull Rookies Cup et il avait réussi de très bons chronos. Depuis ce jour-là, je ne l’ai jamais oublié. Après ça, nous n’étions plus en contact mais je gardais un œil attentif sur ses performances.

La saison dernière, il n’était pas content de sa situation en Moto3, sur la Mahindra (qui n’était pas encore ce qu’elle est en 2013). Il chutait beaucoup et avait fini par perdre confiance. Il cherchait à monter de catégorie et il est venu me trouver. On a alors essayé de mettre en place un programme pour lui donner une chance. Je pense que c’est un excellent pilote et qu’étape par étape, il va monter les échelons.

GPi : Pour SAG, 2013, c’est un peu comme un nouveau départ puisque vous avez enfin les deux mêmes machines sur la piste et pas n’importe lesquels puisque ce sont deux Kalex. Un grand pas en avant ?

Oui, vous ne pouvez même pas imaginer à quel point. Très sincèrement, si c’était pour continuer dans les mêmes conditions que la saison dernière, je serais rentré à la maison. Obtenir des Kalex, ce n’est pas quelque chose de facile. Au début, Michael Bartholemy, le team manager de VDS, nous a aidés et je lui en suis très reconnaissant car s’il ne l’avait pas fait, nous n’aurions pas pu démarrer ce projet. Avoir deux machines identiques sur la piste, ça vous facilite la vie. La saison dernière, nous avions une FTR et une Bimota qui, dans l’ensemble, ne sont pas de mauvaises motos mais cette année, on peut enfin comparer et c’est bien plus facile pour s’améliorer.     

GPi : SAG n’est pas considérée comme une grande équipe. Est-ce que les résultats convaincants de vos pilotes changent le regard que les gens portent sur votre structure ?

Vous savez, j’ai pour habitude de dire que la saison dernière, nous n’étions pas si mauvais et que cette saison, nous ne sommes pas si bons. Bien entendu, les teams qui ont plus d’argent, ont plus facile d’être puissants mais toutes les structures et tous les mécaniciens présents en championnat du monde ont le potentiel intrinsèque pour être dans le top10.

La saison dernière, nous devions penser au setting de nos machines mais nous devions également penser à améliorer les motos, ce qui n’est plus nécessaire en 2013. Mais vous savez, l’expérience glanée lors des deux saisons précédentes, c’est quelque chose de précieux pour nous.

Nous savons exactement ce que nous devons faire pour améliorer cette Kalex. Les teams qui ont beaucoup d’argent, ils peuvent se permettre, par exemple, d’acheter plusieurs radiateurs et de choisir le meilleur. Nous, de notre côté, nous devons dépenser notre argent de manière adéquate. On ne peut pas perdre la bonne direction car budgétairement parlant, ça vous coûte trop d’argent. En ce sens, l’expérience des saisons précédentes est bonne pour nous.

GPi : Et je suppose que maintenant que SAG est arrivé à un bon niveau, aussi bien du point de vue des pilotes que du matériel, votre mission est de sécuriser la situation, la pérenniser et ne plus jamais redescendre d’un échelon ?

Bien entendu parce qu’avec cette publicité faite autour de nous, grâce à nos résultats, nous pourrons attirer plus de sponsors et rentrer plus d’argent. Or, il ne faut pas se voiler la face, plus d’argent signifie aussi plus de possibilités de faire de bonnes choses. Actuellement, nous dépensons de l’argent mais nous ne pouvons pas nous permettre de faire la moindre erreur. C’est ma 25ème saison en championnat du monde et je sais ce que j’ai à faire. Le plus important, c’est d’avoir un bon pilote heureux sur sa machine. Après ça, vous pouvez monter en piste et cette saison, j’en ai deux.

GPi : la gestion doit donc être stricte ?

Vous savez, en 25 saisons, j’ai fait de tout en Championnat du Monde. Mécanicien, team manager, j’ai géré des datas, je fais de la communication…je suis souvent derrière mes hommes et lorsqu’il y a un problème sur la machine, je sais dire si le problème est indépendant de notre volonté ou s’il arrive parce qu’ils ont commis une erreur. Mon expérience m’aide dans la gestion quotidienne.      

Lorsque vous gérez une équipe, le tout est d’offrir le même traitement à tout le monde. Dans le passé, j’ai travaillé dans une équipe où ça ne se passait pas comme ça et où certains bénéficiaient d’un régime de faveur. A la fin, ça ne marche jamais.

Ici chez SAG, si je décide qu’on ne dispose pas des budgets pour dormir tous à l’hôtel et qu’on doit dormir dans le camion, je dors avec mes hommes.

C’est une image mais c’est pour faire comprendre que même si je suis team manager, je ne m’accorde rien de plus que celui qui s’occupe de l’intendance. Tout le monde est sur un pied d’égalité et aussi bien mes pilotes que mes hommes me le rendent bien ! »

Stay tuned !

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Photo : Lionel Nolette

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