Xavier Simeon…ce qui a changé et ce qui doit encore changer



Xavier Simeon est passé, en 2013, de la Mistral de chez Tech3 à la Kalex de chez SAG et du même coup, s’est retrouvé propulsé dans un top 10 qu’il n’avait que trop rarement connu avec son ancien employeur.

Mais loin de discréditer la structure de Bormes les Mimosas où, de son propre aveu, il devenu un vrai pilote Moto2, c’est avant tout dans son entourage et dans son approche mentale des courses que le Belge estime avoir effectué le plus grand pas en avant.

Soutenu par Maptaq et Zelos, Xavier Simeon dispose maintenant d’un encadrement professionnel indispensable à ce niveau.  

Nous sommes revenus avec lui sur ses huit premiers mois de collaboration avec la structure d’Eduardo Perales, le team manager de maptaq SAG Zelos Team.   

GPi : Xavier, avant de t’envoler pour Indianapolis, peux-tu nous dresser un bilan de cette première partie de la saison ?

Nous avons commencé la saison en ayant l’objectif de terminer régulièrement dans le top10 et cet objectif-là a été rempli.

Malheureusement, on a réalisé deux résultats blancs d’affilée. Celui du Mugello était relativement frustrant mais c’est un peu l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein, l’important était de tirer les enseignements de ces deux faux pas et c’est ce que nous avons fait.

Au final, cette première moitié de saison est positive parce que je retiens aussi que j’ai réussi la première pole et le premier podium de ma carrière. Je suis régulièrement dans le top5 ou top6 en qualifications et je me bats souvent pour le top5 en course.

Donc, dans l’ensemble, les résultats répondent à nos objectifs de début de saison et quoi qu’il arrive, c’est déjà bien mieux que la saison dernière.

Je pense que ce n’est pas parce que nous sommes à la moitié de l’exercice 2013 que nous devons nous donner des objectifs beaucoup plus élevés mais je voudrais tout de même remonter sur le podium et nous y travaillons.

GPi : Depuis le début de l’année, tu roules sur la Kalex et tu as donc pu affiner ta perception de cette moto. Qu’en est-il ?

Disons que par rapport à la Mistral, la Kalex est une moto qui correspond probablement mieux à mon pilotage. J’ai un meilleur ressenti dessus et ça signifie que nous perdons moins de temps pendant les séances. Le moindre changement sur la machine se sent immédiatement. Je pense que c’est en partie pour cette raison que nous avons beaucoup progressé tout au long de cette saison. C’est une moto qui n’est certainement pas facile à régler mais je dispose d’une excellente équipe technique derrière moi et ensemble, nous avons trouvé une base de réglage dont on ne s’est jamais vraiment très éloigné, si ce n’est au Sachsenring où le circuit impose des réglages vraiment très différents.

On a à chaque fois pu trouver un bon set-up.

Sur cette moto, j’arrive beaucoup plus facilement à trouver la limite et ça me permet de toujours aller un peu plus loin.

GPi : Justement, parlons un peu de ton équipe, Stop and Go racing, devenue depuis peu Maptaq SAG Zelos Team. Tes résultats et, dans une moindre mesure, ceux de Marcel Schrötter, ont dû faire taire les critiques ?

Début de saison, j’ai en effet entendu beaucoup de critiques par rapport à cette équipe mais nous, de notre côté, avec Zelos et Didier de Radiguès, nous avons directement senti qu’il y avait un bon feeling et surtout, qu’il n’y avait pas de paroles en l’air.

Ils ont toujours fait preuve d’une humilité impressionnante. Jusqu’à présent, la seule chose qui a manqué à SAG ce sont les budgets. Mais avec l’arrivée de Zelos, tout a changé. La société belge de management a apporté un package compétitif et l’excellence de l’équipe technique SAG a fait le reste.

GPi : Zelos t’apporte probablement beaucoup de tranquillité d’esprit en se chargeant de l’extra sportif. Tu n’as donc pas dû trembler lorsque tu as appris que Desguaces la Torre se retirait du sponsoring de l’équipe ?

Non, je n’ai pas eu peur car depuis le début de la saison, grâce à mon management, je sais que mon année est financée. Donc, ce n’est pas parce que Desguaces la Torre se retirait que ma saison était en danger.

Après, Zelos a décidé d’aider Eduardo (Peralès, le team manager de SAG), parallèlement à  ce qu’ils font déjà pour moi, parce que c’est une personne qui en vaut la peine et qui le mérite. Ils vont désormais tout faire pour que sa structure continue à évoluer.

GPi : Quand on t’entend parler d’Edu, comme on le surnomme et c’est aussi vrai dans l’autre sens quand lui parle de toi, on a l’impression qu’il règne entre vous un grand respect mutuel et que c’est une personne que tu apprécies ?

Eduardo est une personne que j’apprécie énormément. C’est que quelqu’un qui a les pieds sur terre et qui, contrairement aux gens que tu croises souvent dans ce milieu, n’est pas prétentieux pour un sou. Il ne se prend pas pour n’importe qui mais il est extrêmement humble comme personne et ça, dans le box, ça m’aide beaucoup.  Il est à fond derrière ses pilotes, que ce soit moi ou Marcel (Schrötter). Il n’a pas juste le rôle d’un patron d’équipe, il ne fait juste acte de présence au box, il est tout le temps-là pour motiver ses troupes.

GPi : En 2013, qu’est-ce que Xavier Simeon a le plus amélioré par rapport à 2012 ?

Tout d’abord, c’est mon approche des courses. Je me prends beaucoup moins la tête. J’arrive sur les Grands Prix pour faire mon boulot mais aussi et surtout pour prendre énormément de plaisir sur la moto et sur la piste. Après, il y a tout un ensemble de choses qui ont changé et notamment le fait d’être encadré par Zelos. La saison dernière, j’étais déjà encadré par Freddy Tacheny, Didier de Radiguès et RTL mais l’encadrement était plus distant. De ce point de vue, 2013 n’a rien à voir avec 2012. Le fait de les savoir à 100% derrière moi, ça me donne le plein de confiance.  

C’est donc sur l’aspect mental que j’ai le plus progressé et puis, bien entendu, je dispose d’une moto qui me correspond mieux.

GPi : et que doit-il encore améliorer ?

Prenons l’exemple du Sachsenring : je réalise la pole, je tombe au warm-up et je termine neuvième de la course. Même si mon objectif est le top10, je ne démarrais pas pour terminer neuvième !

Il y a encore pas mal de choses à améliorer et notamment, après une bonne qualif, je dois me mettre beaucoup plus vite dans le coup en début de course. Les saisons précédentes, je partais de loin et j’arrivais à revenir fort dans le paquet et je pense que cette saison, j’ai un peu perdu ce petit truc du début de course. Je dois probablement être un peu plus concentré et un rien plus agressif dès les premiers tours car je sais qu’une fois dans mon rythme, je suis capable de le garder jusqu’à la fin.

GPi : A ce sujet, tu es certes en Moto2 depuis trois saisons, mais quelque part, c’est la première où tu retrouves les avant-postes. Quelque part, ne te manque-t-il pas un peu d’expérience là devant ?

Disons que mon handicap par rapport à d’autres pilotes, c’est que je n’ai pas suivi la même filière pour arriver en Moto2. Que ce soit Redding, Espargaro et bien d’autres, ils viennent de la 125. Ils ont directement travaillé avec des prototypes et de la télémétrie. Je pense qu’en termes de pilotage, ils avaient une avance considérable sur moi. A côté de ça, chez Tech3, j’ai énormément appris avec Kaneko Naoya avec qui on a complètement changé mon style de pilotage. Du coup, je pense que cette saison dans ce domaine, j’ai passé un cap et j’arrive à mettre plus facilement en application ce que j’ai appris.

Mais voilà, il faut être réaliste, je ne gagne pas encore de courses et je ne suis pas régulièrement sur le podium, ce qui signifie qu’il y a encore des choses à travailler.

GPi : Redding et Espargaro en sont aussi à leur seconde saison sur la Kalex.

Oui c’est certain mais je ne vais pas mettre en jeu un manque présumé d’expérience sur cette machine car la saison dernière, Espargaro en était à sa première saison sur la Kalex et il jouait déjà la tête.

Il me manque encore le petit plus pour pouvoir jouer régulièrement les premiers rôles et on y travaille sans relâche avec Eric Lambert, mon préparateur.

En début de saison, on s’était fixé le top 10 comme objectif et on a réussi à se maintenir au-dessus de cet objectif. Le but, maintenant, c’est d’y rester et de là, franchir un cap supplémentaire et j’espère que ça arrivera le plus rapidement possible.

GPi : tu es neuvième au classement général et à y regarder de plus près, la troisième place est encore accessible car les pilotes devant toi n’ont pas vraiment fait preuve de régularité.

Je ne regarde pas la position au championnat pour l’instant et je le prends course par course. Je ne veux pas me mettre de pression inutile. Comme on l’a vu avec Jordi (Torrès), il a gagné sa première course, a pris 25 points et a fait un bon au classement.

Il suffit d’une bonne course pour remonter dans la hiérarchie mais mon objectif en fin de saison, c’est d’être dans le top10. Toutefois, course par course, j’aimerais faire mieux qu’être dans les 10 (rires) ».

Stay tuned !

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Photo : Lionel Nolette 

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