Alexis Masbou : " Dans les derniers tours, je ne voyais quasiment plus rien !"



7ème d’un Grand Prix qu’il a pris à bras le corps en menant dès le premier virage, Alexis Masbou revient avec nous sur une course qui fera probablement office de référence pour le tricolore.
 
GP-Inside : Alexis, tout d’abord bravo pour cette 7ème place… et d’ailleurs, tu es déçu ou content de ce résultat ?

A.M : « Content et déçu en même temps. J’ai quand même un grand sourire sur le visage parce que je me suis battu comme un fou pendant les 10 premiers tours et j’espérais vraiment me bagarrer jusqu’au bout pour la victoire. C’est frustrant de finir comme ça, mais je suis allé au bout de moi-même. Après toutes les galères physiques que j’ai traversées cette année, je pense que c’est normal que le corps dise « stop » face aux conditions de courses extrêmes de la Malaisie ».

GP-Inside : « A partir de quel moment tu as commencé à souffrir ?

A.M : « Quand je suis passé dernier du groupe (8ème tour, NDLR), j’ai commencé à perdre ma concentration, j’étais en difficulté sur les freinages. J’ai tenté de me relever un peu dans les lignes droit pour prendre un peu l’air. Après quelques tours difficiles, pour retrouver de la concentration, j’ai décidé d’attaquer à nouveau. J’ai dépassé Miller et Vinales pour essayer de revenir sur les 4 leaders qui s’échappaient. J’ai presque réussi à faire la jonction et c’est à ce moment-là que ma vision s’est troublée. Je voyais flou, puis j’ai eu envie de vomir, et je me suis fais quelques belles frayeurs. Là, j’ai compris que le mieux que je pouvais espérer était d’aller jusqu’à l’arrivée » 

GP-Inside : « Les médecins ont diagnostiqué ce dont tu as souffert ?

A.M : « Non, c’est difficile à dire. J’ai parlé avec Bernard Achou qui travaille à la clinique mobile et selon lui, cela peut venir de plusieurs choses. D’abord déshydratation, mais avec la chaleur très humide de la Malaisie, ça peut également venir des traitements anti-inflammatoires que je prends à cause de ma blessure au scaphoïde. Ce sont les raisons les plus plausibles mais dans le détail, on ne sait pas exactement quelle en est la cause.

GP-Inside : Ce GP a-t-il été le plus difficile de la carrière ?

A.M : « Pas loin, mais malheureusement non ! Cette saison, avec les conséquences de ma fracture du fémur et mon scaphoïde, je crois avoir souffert encore plus au Qatar et à Indianapolis. Là ce n’était pas véritablement une souffrance physique, c’était surtout limite au niveau du cerveau ! Je pense que si j’avais forcé quelques virages de plus, j’aurais eu ce que les pilotes de chasse appellent un trou noir. Dans les derniers tours, je ne voyais quasiment plus rien ! »

GP-Inside : Moralement, ça doit faire du bien car cela faisait un long moment que tu n’avais plus été en tête d’un Grand Prix ?

A.M : » J’avais mené la course l’an passé à Silverstone où le scenario avait beaucoup ressemblé à celui d’aujourd’hui. Et puis évidemment il y a eu le GP d’Allemagne (Alexis avait fini 2ème, NDLR). Ca fait beaucoup de bien, j’en avais besoin après toutes ces galères ! »

GP-Inside: Est-ce qu’un GP comme celui-là peut t’aider pour le montage financier de la saison 2014 ou bien est-ce que cela passe inaperçu ?

A.M : « Ca va m’aider, c’est sûr ! Sur le plan financier, ça ne va pas changer énormément la donne, mais ça permet de consolider les liens avec les partenaires actuels et peut-être qu’un ou deux de ces partenaires s’en trouvera encore plus motivé. En fait c’est surtout pour moi, en terme de confiance, que c’est important. Si je fais des courses telles que celle-là à chaque Grand Prix d’ici la fin de saison, je vais aborder 2014 avec une confiance énorme ! »

GP-Inside: Est-ce que tu as des nouvelles informations  concernant la riposte de Honda face aux KTM la saison prochaine ? Parce que manifestement, coté pilote, ils ont trouvé un vrai gladiateur avec toi !

A.M : « Non, rien de nouveau pour le moment. Plusieurs personnes du HRC m’ont dit qu’elles avaient été impressionnées en regardant la course que j’avais faite. Mais je n’ai pas eu davantage d’informations sur les évolutions prévues pour 2014. Ce qui est certain, c’est qu’il y en aura. Mais il faudra attendre de les tester en piste pour savoir véritablement ce que cela donnera et imaginer ce que l’on pourra viser comme résultats »

GP-Inside : Dès le week-end prochain, tu seras à Phillip Island pour le GP d’Australie, on imagine que tu seras gonflé à bloc ?

A.M : « Ca donne encore plus envie de concrétiser ce que j’ai raté ici… mais il ne faut pas rêver non plus, les KTM sont nettement plus rapides et je ne vais pas pouvoir rivaliser avec elles à chaque fois comme aujourd’hui. Mais je vais quand même faire de mon mieux pour tenter de reproduire ce genre de course, parce que c’est là que je veux être, devant ! »

Stay tuned !

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