Fred Corminboeuf : « Il reste un cap à franchir »



Classé dans les points à l’arrivée de toutes les courses cette année, Dominique Aegerter est à la porte du Top 5 au championnat. Fred Corminboeuf, le patron de l’équipe Technomag fait le point avec nous à 3 courses de la fin de saison.

 

GP-Inside : Fred , quel est ton regard sur le parcours de Dominique depuis le début de la saison ?

F.C : « C’est un parcours très intéressant ! On visait le top 5  et pour le moment il est 6ème (à 5 points de Nakagami, NDLR). Domi est très régulier, il a terminé dans les points lors des 30 dernières courses, c’est solide. On a fait un ‘step’ et on en cherche un autre. Dominique est monté sur le podium à Assen et il en faudrait d’autres. Il a fini 4 fois à moins de 3 secondes du vainqueur, donc on sait qu’on peut gagner… on devient exigeant !!! »

 

GP-Inside : C’est votre objectif pour la fin de saison ?

F.C : « On veut surtout retourner sur le podium. On était très motivés pour la Malaisie, mais ce n’est pas perdu. Dominique a eu de meilleurs résultats sur quasiment tous les GP cette saison par rapport à l’an dernier, il avait fait 5ème en Australie, il est déjà monté sur le podium à Valence il y a 2 ans, donc tout est possible »

 

GP-Inside : Le passage dans le premier virage du GP de Malaisie a été mouvementé, quelle est ta vision des choses ?

F.C : « Domi est connu pour ses départs hyper rapides et plutôt agressifs, ce n’est pas un hasard s’il vient du motocross. Je ne sais pas s’il y a eu contact avec Johann Zarco, si c’est le cas, j’en suis désolé, mais à mes yeux, c’est un fait de course. D’ailleurs, il n’y a même pas eu de visionnage des images de la part de la direction de course. On a vu des choses nettement plus agressives entre Marquez et Lorenzo ! »

 

GP-Inside : Quelles sont les nouvelles concernant Randy Krummenacher ?

F.C : « Il a bien progressé tout au long de la saison et jusqu’au GP d’Allemagne. Ensuite il s’est cassé 2 doigts, puis il y a eu la commotion cérébrale à Silverstone qu’on a pas détectée tout de suite. Il a roulé avec à Misano mais il n’était pas en état, il avait des difficultés à rester concentré, et des problèmes de coordination également. Du coup, il est au repos, il ne roulera ni en Australie ni au Japon pour prendre le temps de récupérer avant le GP de Valence. On voit régulièrement ce style de traumatismes au hockey sur glace; certains joueurs reviennent au bout de quelques semaines, d’autres ont besoin de 6 ou 7 mois ! En basket, on peut prendre le risque de jouer avec une commotion, mais pas quand on roule à 280 km/h sur un Grand Prix ! Quoi qu’il en soit, il fait partie des plans de l’équipe pour 2014 ».

 

GP-Inside : Vous conservez le châssis Suter, vous allez passer au châssis  2014 ?

F.C : « Le Kalex a des facilités sur certains circuits mais quand on voit les résultats de Luthi, Terol, Torres et Aegerter, on a la preuve que le Suter est également performant. La version définitive du châssis 2014 sera déterminée fin novembre. En attendant, il y aura encore plusieurs séances d’essais. On a eu un long meeting avec les ingénieurs de chez Suter en Malaisie. Reto Karrer, le responsable du projet chez Suter est retourné en Europe pour compiler toutes les informations mais on passera de toute façon au châssis Suter 2014 ».

 

GP-Inside : Avec la présence de Luthi, la montée en puissance de Technomag avec Aegerter et Krummenacher, il y une sorte de « Swiss Power » qui s’installe en Moto2… Pour un pays qui n’a pas de circuit, c’est plutôt paradoxal non ?

F.C : « La Suisse a déjà gagné la Coupe de l’Amérique et jusqu’à preuve du contraire, la mer n’est pas arrivée jusqu’à chez nous ! On n’a pas de circuits mais on a eu de très bon pilotes de Formule 1, Luthi a été champion en 2005, Dominique en est à sa 7ème saison en Grand Prix, on se développe !

On reste un petit pays et les médias sont très présents, donc les retombées sont importantes pour les pilotes en activités, et dans le même temps ça suscite des vocations chez les jeunes« .

 

GP-Inside : Aujourd’hui on dit qu’il y a des moyens financiers importants en Suisse, vos résultats ne viennent que de là où existe-t-il une « méthode Suisse » ?

F.C : « Les moyens financiers, ça ouvre des portes mais ça ne fait pas les résultats. A son arrivée en GP, Dominique Aegerter avait gagné des courses en championnat d’Allemagne mais il n’était pas réputé en tant que pilote talentueux… sauf qu’il a énormément travaillé, et qu’il a beaucoup progressé. Dans notre équipe, on a beaucoup de français et d’italiens, il n’y a pas de méthode particulière. On sait qu’il y a des moments pour travailler très dur, et d’autres où l’on peut s’amuser tous ensemble. Ca renforce l’esprit de groupe qui est primordial quand on passe autant de temps loin de chez nous »

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