Tête à tête avec Freddie Spencer : L’avenir américain, le personnage Marquez, le cas Rossi…



Venu lors d’une journée de roulage organisée par le Moto Club 76, Freddie Spencer a répondu présent pour encadrer les pilotes amateurs. L’occasion était donc belle pour les passionnés de partager la piste avec leur idole, et pour nous de revenir avec le triple champion du monde sur des thèmes plus variés les uns que les autres.

GP-Inside : Vous connaissez tous les plus grands circuits du monde et aujourd’hui vous êtes ici à Croix-en-Ternois, ça doit ressembler à un circuit de karting pour vous !

Freddie Spencer : (Rires) Oui mais j’aime vraiment les petits circuits pour les journées comme celle-là ou les entrainements, car la vitesse n’est pas élevée et je peux vraiment les observer précisément. Ça permet au débutant de mieux progresser, notamment dans les virages, c’est vraiment plus facile pour voir sur quels points ils ont à travailler.

GPi : Vous êtes donc dans la peau d’un coach aujourd’hui ?

F.S: Oui mais je suis surtout là pour discuter de mon approche du pilotage, car beaucoup de pilotes se concentrent uniquement sur leur technique mais pas sur ce qui est le plus important : votre état d’esprit, votre compétence à se concentrer, à exécuter ce que l’on vous apprend mais aussi à ressentir la moto. C’est pourtant vraiment crucial pour devenir un meilleur pilote.

GPi : Parlons un peu de MotoGP maintenant, il y a de moins en moins de pilotes américains dans la catégorie reine, est-ce que quelqu’un travaille pour changer ça ?

F.S : Tout le monde sait que dans les années 70-80, les américains dominaient le championnat et c’était un honneur de faire partie de ces pilotes. Malheureusement, aujourd’hui les choses ont bien changé et ceci est dû au fait qu’il n’y a pas de championnat compétitif pour les jeunes qui pourrait les préparer à arriver en mondial. Aujourd’hui pour être au meilleur niveau vous vous devez d’être très fort, très bien préparé, et c’est ce dont on souffre… les espagnols, eux, le font très bien. 

GPi : Effectivement, les championnats mondiaux sont dirigés et dominés par des espagnols, est-ce que vous pensez que c’est un problème ?

F.S: Je ne pense que ça soit vraiment un problème mais ça a besoin d’être diversifié. Le championnat fonctionne actuellement bien, mais ce n’est pas assez diversifié, ça devrait créer plus de passion et d’intérêt auprès des fans. Les pilotes doivent comprendre que c’est la passion des supporteurs qui fait que le championnat fonctionne.

GPi : Peut-être que les « Production Racer » ,qui verront le jour l’an prochain en MotoGP, apporteront cette diversité ? 

F.S : Oui, je pense que c’est vraiment important pour la suite, parce qu’avec les CRT il y avait de trop grosses différences entre les motos. Même si c’est bien que les prototypes soient devant, je suis content qu’ils proposent des solutions, avec cette moto pour Honda et les moteurs de Yamaha et Ducati. Cela donnera une chance aux équipes de gagner un Grand-Prix, on ne sait jamais, dans des conditions particulières tout peut arriver !

GPi : Qu’avez-vous pensé de Marc Marquez lorsque vous avez fait sa rencontre à Bordeaux ? 

F.S : Oh, j’ai immédiatement senti que c’était quelqu’un avec un gros mental ! Je comprends ce qu’il ressent puisque j’ai vécu la même chose et au même âge.  On a pu discuter de beaucoup de choses et j’ai pu me rendre compte que c’était un bon gamin, ça peut être bien s’il devient champion et bat mon record. 

GPi : Avez-vous eu l’impression de lui apprendre quelque chose lors de cette discussion ?

F.S : La réalité est qu’il y a des choses que je sais dont lui n’en a pas encore connaissance, à cause de son âge. Quand vous êtes sur votre moto, il y a des choses que personne ne peut vous apprendre. Vous devez juste piloter la moto comme vous le sentez, et en ce moment il fait exactement ce qu’il doit faire sur sa Honda. C’est un gars très intelligent et ce qu’il fait est très bien. 

GPi : Enfin, pensez-vous que Valentino Rossi pourrait revenir en haut du classement ?

F.S : J’aimerai beaucoup que ça soit le cas car Valentino est bien sûr un bon pilote mais il apporte surtout beaucoup à notre sport. Malheureusement, je pense qu’il pourra encore gagner quelques courses, mais je ne pense pas qu’il réussira de nouveau à le faire chaque week-end. Ça sera dur, très dur. 

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Photo : Loïc Decroos

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