Mike Di Meglio : "Je suis aussi compétitif que lorsque j'ai été champion du monde"



2 mois après son accident survenu lors du GP de République Tchèque, Mike Di Meglio retrouve doucement la forme. Le week-end dernier, il était dans les locaux d’Eurosport France pour commenter avec moi le Grand Prix d’Australie. Sans détour, sans ambage, le champion du monde 125cc en 2008 nous donne son ressenti sur sa convalescence, sur ses projets, et aborde sans aucun tabou la mort en course. Des propos forts venu d’un garçon qui, malgré les épreuves, croit toujours aussi fort en lui et en son avenir.

GP-Inside : Tout d’abord Mike, comment vas-tu physiquement ?

M.d.M : Ca évolue dans le bon sens. Cela fait maintenant plusieurs semaines que j’ai recommencé à marcher. Normalement, la semaine prochaine, on va débuter un travail de gainage. Ce week-end, j’ai pu aller à Eurosport pour commenter le GP, le trajet s’est bien passé. Il y a encore des moments dans la journée où ça me lance dans la jambe si je reste un peu trop longtemps debout. Je vais chaque jour voir le kiné, on fait beaucoup de massages et beaucoup d’étirements, et cela m’aide à diminuer la douleur.

GP-Inside : Avec le recul, cet accident ne t’a pas fait gamberger ?

M.d.M : Pour moi ça fait partie des risques du métier. J’ai toujours dit que si un jour j’étais amené à perdre la vie en faisant de la moto, c’est triste à dire parce que je n’ai vraiment pas envie de ça, mais je serais mort en faisant ce que j’aime le plus au monde. On prend des risques, on le sait, c’est un métier qui nous expose à ce genre de choses. Aujourd’hui on a beaucoup d’équipements qui nous permettent d’évoluer dans une certaine sécurité. L’accident qui m’est arrivé est quelque chose de très rare; mais ça peut arriver. Ce n’est pas un facteur de stress pour moi. C’est vrai que j’ai vécu plusieurs saisons compliquées, mais si je les analyse les unes après les autres, je sais exactement quels sont les facteurs qui permettent d’expliquer le pourquoi du comment. Moi je suis toujours motivé à 100%, il me tarde de pouvoir remonter sur une moto pour enfin pouvoir rebondir.

GP-Inside : Justement, la reprise est prévue pour quand ?

M.d.M : Si je le voulais, je pense que je pourrai monter sur la moto à Valence. Ce n’est pas une certitude absolue car on doit encore faire une radio de contrôle pour vérifier l’évolution de la fracture. Mon plus soucis, c’est qu’en reprenant trop tôt, en cas de nouvelle chute, je risque d’avoir de gros problèmes à l’avenir. Il y a des risques de pincer un nerf en chutant ou bien même seulement avec les vibrations de la moto. A mes yeux, le risque est trop important par rapport à ce que je peux gagner en ne faisant que cette dernière course de la saison. Après, j’espère pouvoir rapidement remonter sur une moto, sans parler de compétition, simplement pour me préparer pour la saison prochaine à partir de la mi-novembre. 

GP-Inside : Parlons de 2014. Quels sont tes projets, as-tu des contacts avec des équipes ?

M.d.M : On a des contacts avec des équipes qui roulent en Moto2, on en a aussi en championnat du monde Supersport et Superbike. Ces dernières semaines, mon manager a pris le temps de rencontrer beaucoup de personnes, des gens qui sont intéressés par mon profil et qui croient en mon potentiel. Les discussions se poursuivent et j’espère que les choses se seront clarifiées dans les deux prochaines semaines. 

GP-Inside : Comment fait-on pour garder une motivation intacte quand les saisons difficiles s’enchainent ? Cette année, on avait le sentiment que ça se passait mieux chez Jir, et il y a cet accident… Comment garde-t-on cette envie de prendre la piste ?

M.d.M : Cela ne me demande pas d’effort parce que rouler, pour moi, c’est un plaisir ! Je fais ça depuis que je suis tout petit, et mon père ne m’a jamais forcé à le faire. C’est une chose que j’aime plus que tout, c’est ma passion, et le jour où cette envie disparaitra, j’arrêterai immédiatement. C’est vrai que j’ai connu des moments difficiles, mais j’en avais déjà traversés avant de devenir champion du monde. A mes yeux, mon début de saison 2012 était meilleur que cette année 2013, mais j’ai eu des soucis de contrat avec mon équipe, face à laquelle mon manager de l’époque m’a laissé totalement seul. Cette année, avec mon entourage et mes sponsors, on était parvenus à trouver des budgets importants pour rouler dans cette équipe, et on a été vraiment très déçus de la façon dont ça s’est passé. On a été obligé de changer de chef-mécanicien après seulement 3 ou 4 courses parce qu’il ne s’impliquait pas suffisamment dans son travail. J’ai compris avec ce départ que la saison s’annonçait mal parce que pour moi, le moment le plus important, c’est l’hiver, c’est là qu’on prépare sa saison, et on l’avait préparé avec lui ( Italo Fontana a été remercié par l’équipe Jir avant le GP de France, NDLR).

GP-Inside : Faute de pouvoir nous dire avec qui et où tu rouleras l’année prochaine, est-ce que tu penses avoir le niveau pour jouer un titre mondial ?

M.d.M : Oui évidemment… Mais pour être champion du monde, il faut que tous les éléments s’assemblent parfaitement. Personnellement, je pense être toujours aussi compétitif, il faut simplement réunir ces éléments pour pouvoir s’exprimer. Par le passé, je n’ai pas toujours été prêt à 100%, mais durant l’hiver dernier, j’ai passé énormément me remettre en cause et malheureusement ça n’a pas payé parce que je n’ai pas pu montrer ce que je vaux avec cette machine. L’an passé, alors que je ne m’étais pas entrainé aussi dur, je roulais pratiquement une seconde plus vite partout. Je connais mon potentiel, je sais ce dont je suis capable, il faut seulement que je réunisse toutes les conditions pour y parvenir.

GP-Inside : Tu as été titré il y a 5 ans, et depuis tu as encore accumulé de l’expérience. Peut-on dire que tu es meilleur pilote aujourd’hui que tu ne l’étais au moment de décrocher ton titre ?

M.d.M :C’est sûr qu’au fil des années, j’ai acquis une expérience énorme en termes de techniques, de pilotage, dans le relationnel, que je n’avais pas en 2008. Si je devais aujourd’hui transmettre cette expérience à un jeune pilote pour lui permettre de devenir professionnel, ça pourrait être utile. Je continue d’apprendre, je tire encore des leçons des erreurs qu’on peut commettre, on apprend tout le temps ».

Stay tuned !

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