Vidéo Yamaha sur Kazutoshi Seki, l'ingénieur "électronique" de Valentino Rossi : la traduction.



Yamaha Motor Company vient de publier une vidéo, tournée lors du Grand Prix d’Allemagne, qui met à l’honneur Kazutoshi Seki, l’ingénieur « datas » de Valentino Rossi. Il s’agit du cinquième volume de sa série « Moving you ».

Sans que l’on y apprenne des secrets extraordinaires, cette vidéo de type « Inside VR46 » est très bien réalisée, tant sur le plan technique qu’émotionnel (on perçoit très bien le dévouement et la sincérité de cet « homme de l’ombre »).

Comme Kazutoshi Seki s’exprime en japonais (sous-titrages en anglais), nous vous en proposons ci-dessous la traduction intégrale.

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Valentino Rossi : « Pour les MotoGP actuelles, l’électronique est très très importante. Si importante pour faire de meilleurs temps au tour, pour garder un bon rythme durant la course, pour aller plus vite, l’électronique s’est développée énormément durant la dernière saison et je pense qu’il s’agit de l’élément le plus important.« 

Kazutoshi Seki : « Bonjour, mon nom est Kazutoshi Seki, je travaille au développement de l’unité de contrôle des moteurs de course MotoGP Yamaha et gère l’électronique de la moto de Valentino Rossi durant les courses.

Notre travail consiste essentiellement à restreindre la puissance du moteur. Comme avec le Traction Control, si la moto patine, nous baissons la puissance. Avec le Wheelie Control, si la moto se cabre, nous baissons la puissance.
Nous faisons ce genre de travail tout en essayant de rendre la moto aussi rapide et facile à piloter que possible.

Par exemple, avec la dernière technologie, il est possible de détecter où la moto se situe sur la piste (ndlr) et légèrement modifier les réglages pour un virage particulier.
Mais si vous réduisez trop la puissance, bien sûr la moto devient plus facile à piloter mais elle devient également plus lente, donc trouver le bon équilibre est l’aspect le plus difficile de notre travail.

Nous sommes tous ici pour gagner, et avec tous les pilotes et les usines qui concourent à tant de différents niveaux, le monde de la compétition est un endroit réellement excitant. »

Sachsenring – Allemagne

« Le Sachsenring est un circuit assez unique. Il est plein de virages à gauche qui se succèdent les uns après les autres; gauche, gauche, gauche, et puis, un autre gauche, il y a de nombreux virages où vous utilisez la 3ème et la 4ème qui ne sont habituellement pas utilisées si souvent. Egalement, le dernier virage est en montée et raide, et il me revient que la moto a tendance à se cabrer à cet endroit.
Le circuit a ces caractéristiques et mon travail consiste à aider pour trouver des solutions pour, en quelque sorte, gérer ces données.

Voici l’Unité de Contrôle Moteur (ECU) de la moto et il contient l’électronique de la moto comme les injecteurs d’essence, le calage de l’allumage et la commande électronique des papillons. »

– Vous avez toujours votre PC avec vous. Est-ce parce que vous pouvez le connecter à la moto?

– C’est exact. Cette unité contient les données pour le Contrôle de Traction, le Contrôle de Wheelie, le frein moteur, etc. Je transfère ces données de mon ordinateur à l’ECU. La prise du connecteur (ndlr: sur la moto) se trouve ici. Vous connectez juste le câble comme ça.

L’ECU apprend différentes choses grâce aux données acquises sur la piste et nous rapatrions ces données depuis la moto. Des centaines de types de données sont enregistrées, comme comment l’accélérateur est ouvert, comment les freins sont utilisés, le régime moteur et la vitesse.
Le pilote nous donne également des commentaires sur certaines zones et nous analysons les données en conséquence. S’il apparaît que nous pouvons améliorer quelque chose, nous ajustons les paramètres, etc.
Nous comparons également nos données avec celles de Jorge Lorenzo et cherchons des moyens d’aider Valentino s’il y a des secteurs où il est plus lent.

Quand tout cela est terminé, nous sommes prêts. Bien sûr, on a pensé à comment obtenir un bon résultat et nous commençons la course avec ce qui nous semble les meilleurs réglages de la moto.

Mais certaines choses sont relatives; certains pilotes sont juste plus rapides et, parfois, on a mal analysé la situation.
La seule façon de le révéler est de faire la course. »

Jour de la course – Grand Prix d’Allemagne 2013. (ndlr: Rossi finit 3 derrière Pedrosa et Crutchlow)

« C’est fini pour aujourd’hui. Je voulais vraiment que l’on gagne!
Avec Valentino, nous sommes ensemble depuis longtemps mais, avant qu’il arrive chez Yamaha en 2004, on a finit 3ème une seule fois en 2003, sans jamais gagner une course cette année-là. Nous étions « fauchés » avec une seule troisième place sur le podium mais c’était la situation quand il est arrivé. Il a découvert ce que la moto ne pouvait faire avec son style de pilotage et nous a donné des ordres comme « vous améliorez cette partie! ».
Il nous a vraiment aidé à rendre notre moto meilleure.
Mais, apparemment, il y a longtemps, Vale a dit: » le team ne peux pas se réjouir d’une 3ème place. »
Si on ne pouvait se réjouir d’une troisième place à cette époque, je pense qu’on pourrait dire la même chose à nouveau aujourd’hui.
Sincèrement, tout ce qui n’est pas la victoire est une défaite. Nous ne sommes pas là pour faire troisièmes, nous sommes là pour gagner.« 

Matteo Flamigni, technicien acquisition de données: « Kazutoshi, merci énormément pour ton aide et ton soutien durant cette période en 2004 où on a débuté cette aventure ensemble et gagné 4 titres mondiaux en passant du bon temps, donc ,s’il te plaît, continue à nous aider et « Revs you Heart!« 

Valentino Rossi : « comme avec tous les Japonais et les ingénieurs Yamaha, il est très satisfaisant de travailler avec Kazutoshi car il écoute toujours, essaie de comprendre et de régler le problème, et est également toujours positive, mais également, il est drôle.
« Kazutoshi, sois dur au travail et ne lâche jamais rien.« 

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Et pour ceux qui sont allés au bout de cette lecture, nous rajoutons le commentaire d’Alex Briggs, un des mécaniciens de Valentino Rossi: « je suis très heureux que tant d’entre vous aient apprécié la vidéo consacrée au travail de Seki-San. Le point qui doit être retenu, c’est que la plus grande partie du travail électronique est de gérer la puissance du moteur. C’est comment, et quand, vous le faîtes qui différencie les différents systèmes entre eux. Si vous avez une moto peu puissante, ou une moto avec une arrivée de puissance progressive, peu importe que votre package électronique soit bon, vous n’en tirerez pas plus de puissance, ou plus de puissance utilisable. »  

Stay tuned !

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