Le suspens à la puissance 3



Intéressante conférence de presse cet après-midi au circuit Ricardo Tormo, à la veille des premiers essais du GP de Valence avec un premier « face-à-face-à-face » entre Luis Salom, Maverick Vinales et Alex Rins. Les 3 candidats à la couronne mondiale ont livré leurs sentiments à la presse, une occasion pour nous d’analyser – au-delà des mots – les rapports de force régissant leurs relations à quelques heures de l’ultime confrontation.

Certes, les conférences de presse sont un passage obligés pour tous les pilotes qui roulent aux avant-postes. Mais il faut bien reconnaître que c’est rarement dans ce contexte qu’on collecte les informations les plus pertinentes. Evidemment, les pilotes de la catégorie Moto3 ne font pas exception à la règle. En les écoutant, on a logiquement entendu les mêmes éléments de langage : chacun d’entre eux va « travailler dur, tout donner, pour gagner ce titre« . Que l’un des 3 dise autre chose eut été l’évènement de la soirée.

A noter tout de même, la « hauteur » de Luis Salom. Dans les propos, cela se traduit par une phrase s’adressant à ses rivaux « Je remercie Maverick et Alex de cette saison fantastique que nous avons vécue, elle restera dans mes souvenirs le reste de ma vie, quoiqu’il se passe dimanche ». Sans être totalement crédule, on peut tout de même voir dans ces termes une forme de distance avec l’évènement que l’on n’a pas forcément ressentie en écoutant ses deux rivaux. L’a-t-il calculé ainsi ? Le Majorquin, assis entre Vinales et Rins, se tenait bien droit face à l’assemblée, répondant spontanément et surtout toisant régulièrement ses adversaires de haut. Si, nous l’avons remarqué, ils l’auront forcément ressenti.

Habituellement peu à son aise en présence des médias, Maverick Vinales a tout de même souligné que la possibilité de jouer le titre dimanche était pour lui une sorte de bonus. Au Japon, il s’agissait de « survivre » dans la course au titre, alors que ce week-end, il dispose d’une vraie opportunité d’aller décrocher la couronne. Une façon pour le pilote de l’équipe Laglisse de se dispenser de cette pression qui – immanquablement – s’est abattue sur les 3 hommes. Pour tenter de l’en dégager, Pablo Nieto a bien insisté auprès de son poulain sur l’aspect jouissif de la situation : « Il a une chance unique de vivre ce genre de rendez-vous, il doit en profiter car c’est peut-être la seule fois de sa vie qu’il vivra un moment pareil ». Pas certain que cela constitue les paroles les plus apaisantes aux oreilles d’un garçon de 18 ans, même si, dans l’absolue, elles s’avèrent parfaitement censées.

Le seul à avoir reconnu sa nervosité – alors que les 2 autres ont soigneusement évité de prononcer le mot – fut donc Alex Rins. Le visage tendu, se mordillant les lèvres, le protégé d’Emilio Alzamora a indéniablement dévoilé une fébrilité plus importante que ses 2 camarades. Un constat pas totalement illogique puisqu’il est, pour la première fois de sa carrière, en situation de devenir champion du monde. Peu enclin à dévoiler ses pensées en anglais, Rins ne s’est pas étendu davantage lorsque la presse espagnole s’est adressée à lui dans sa langue maternelle. Confirmant avoir très mal vécu les heures suivant sa chute à Motégi, on imagine aisément qu’il ait revécu sa faute des dizaines de fois durant le vol le ramenant du Japon. Pour tout dire, on a le sentiment qu’il n’a pas encore digéré sa bévue…

Reste que le titre se jouera – et c’est heureux – sur la piste et non devant les micros. Nous verrons si le recul et la hauteur d’esprit n’auront pas changé de camp. Les premiers essais libres, vendredi à partir de 9h00 nous donneront un premier élément de réponse.

Stay tuned !

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