Open : Honda perd…Honda râle « la vraie philosophie Open, c’est nous »



Lorsqu’un marathon se termine avec un écart d’une seconde cinq cent seize millièmes entre les deux premiers, c’est que le vainqueur s’est imposé au sprint au terme d’un final haletant.

En MotoGP, en revanche, un écart d’une seconde cinq cent seize millièmes, ça ne s’appelle pas un écart mais bien un gouffre.

Et justement, une seconde cinq cent seize millièmes c’est le gouffre qui, jeudi, en fin de journée, séparait Aleix Espargaro, le pilote de pointe du projet Open de Yamaha, de Nicky Hayden, le plus rapide des pilotes du projet Open de Honda.

Pourtant annoncée avec des performances similaires à la moto d’usine, la Honda n’a donc pas tenu la distance face à sa concurrente.

Un sacré coup pour l’image de Honda qui, pendant 2013, n’a jamais manqué l’occasion de communiquer sur l’avancée des travaux de développement de sa machine « low-cost ».

Alors, comme ce fut le cas en Moto3 vis-à-vis de KTM, Honda s’empresse de porter le discours sur le plan de la philosophie de la catégorie, accusant Yamaha d’avoir maquillé ses M1 2013 en Open ou bien encore de ne pas vendre ses moteurs mais de simplement les donner en leasing…

Shuhei Nakamoto : « La Yamaha Open est la moto d’usine de l’an dernier, du moins de ce qu’on en voit de l’extérieur. Nous avons choisi une approche différente. Pour maintenir le prix à 1,2 millions d’euros, nous avons dû faire sans les soupapes pneumatiques, sans le seamless et nous utilisons des suspensions différentes. D’autres parties sont communes avec celles de la moto d’usine, comme le châssis. En outre, nous ne donnons pas nos motos en location, nous les vendons. Yamaha n’a rien fait d’irrégulier, mais il me semble que la vraie philosophie de la classe Open est la nôtre. Peut-être que nous aurions dû mieux lire la réglementation (rire)».

Ce qui dérange, au final, c’est qu’à n’en pas douter, un beau jour, comme en Moto3, Honda et son orgueil parfois démesuré, en aura marre de se prendre des gifles et ce jour-là, Tokyo fera tout ce qui est en son pouvoir pour remonter la pente et trôner en tête de la catégorie, philosophie ou pas.

Toutefois, si on en revient à la domination de Yamaha, on se souviendra qu’elle n’est le fait que d’un seul homme, Aleix Espargaro qui certes, hier, possédait une seconde cinq cent seize millièmes d’avance sur Nicky Hayden mais possédait également une seconde sept cent trente-trois millièmes d’avance sur Colin Edwards, son équipier, lui aussi sur une FTR-M1.

Dans son interview, Shuhei Nakamoto conclut sous forme de boutade, en estimant que chez Honda, on aurait certainement dû mieux lire la réglementation. Mais ce qui est dit sous le couvert du rire est probablement ce qu’aujourd’hui, Honda pense réellement car rien ni personne n’a obligé Tokyo à développer une moto, à louer Motegi et à mettre Casey Stoner sur cette machine en dépensant une manne d’argent!

En 2012, au moment de lancer les CRT, Carmelo Ezpeleta a dit au Wrooom(lire ici), sur les hauteurs de Madonna di Campiglio, face à la presse du monde entier qu’il voulait des machines à un million d’euros qui utiliseraient un ECU standard et ce, qu’elles s’appellent CRT ou autrement…

Yamaha l’a fait, sans mener de tests, sans alerter la presse, juste en utilisant un bon moteur et un bon châssis déjà rentabilisé.

Est-ce que Honda s’est fourvoyée en voulant développer une autre machine, Yamaha a-t-elle raison dans sa démarche ? La question est lancée et il certainement trop tôt pour y répondre.

Mais une chose est sûre, il n’y a certainement pas besoin de recourir à la philosophie pour y répondre. Il y a deux données fondamentales, une règlementation et une machine à produire pour donner le meilleur résultat possible dans les limites imposées par la règlementation, le reste n’est qu’une question de choix…bons ou mauvais !

Stay tuned !

Rejoignez-nous sur Facebook    

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de