Hervé Poncharal: "Je ne vais pas déshabiller qui que ce soit parce que, moi, je suis déshabillé"



Présent à Jerez pour manager son team Moto2, Hervé Poncharal a pris le temps de nous expliquer, en toute franchise et sans fausse pudeur, sa problématique et son point de vue face aux soucis rencontrés dernièrement.

Hervé Poncharal: « je ne crois pas à ces histoires de chance ou de malchance. C’est vrai qu’il y a eu quelques coups du sort qui s’accumulent mais si on commence à rentrer dans ce genre de réflexion, on va finir à Lourdes. Je suis quelqu’un d’assez pragmatique  et j’ai envie de voir le verre à moitié plein; Alex a fait de nombreuses séances d’essais et a subi pas mal de chutes. A la dernière, il s’est fait mal mais dans ce malheur, la chose positive est qu’il se soit réveillé avant ce que les médecins prévoyaient. Je suis très content qu’il recommence à nous parler et j’espère qu’il va vite sortir de l’hôpital. Quand à Pol, il valait mieux que ça lui arrive avant plutôt qu’au Grand Prix. Il a fait de superbes essais et c’est dommage qu’à la seule chute qu’il ait faite, il se soit abimé la clavicule.
Ceci-dit, on sait qu’une clavicule n’est qu’un élément « mécanique »; on met une plaque, on sert les dents et on a la même résistance qu’avec un os neuf.

Je veux donc rester positif ».

GP-Inside: « Ma question portait surtout sur le fait que tout cela fait beaucoup de choses à gérer…

Hervé Poncharal: « On fait un métier où l’on est tous les jours, et à chaque tour que font nos pilotes, confronté à la chute ou à la blessure . Cela fait malheureusement partie de notre métier. On perd parfois la notion du danger qui est toujours inhérent à notre sport. Pol et Alex sont tombés, mais malheureusement, cela fait partie du jeu.  Quand on fait ce métier, et que des choses comme ça arrivent, il faut toujours essayer de regarder demain plutôt que de se regarder les pieds et se lamenter. »

GP-Inside: « Pour remplacer Ricard Cardus, qui fera le Qatar mais qui a un programme en championnat d’Espagne, savez-vous qui vous prendrez? »

Hervé Poncharal: « Trouver un pilote compétitif est déjà très difficile en fin de saison, alors en trouver un au mois de mars, c’est quasiment mission impossible. Tous les pilotes capables de rouler devant sont déjà en Moto2 ou ailleurs, sous contrat.
Avec Ricky, on a paré au plus pressé; il n’avait rien durant les essais de Jerez ni pendant le grand Prix du Qatar, il connaît les circuits et il connaît le Moto2. C’est un pilote que j’aime bien, et même s’il ne va pas réinventé la catégorie, ça me fait plaisir de lui donner cette opportunité.
Mais il est hors de question que Ricky fasse la jointure jusqu’au retour d’Alex, dont on a aucune idée même si j’espère que cela sera le pus rapidement possible. On est donc en train de réfléchir mais ce n’est pas facile ».

GP-Inside: Sans être cynique, faut-il trouver une solution qui soit également économiquement viable pour votre entreprise?

Hervé Poncharal: « Avant de prendre en compte le côté économique, mon souci est de trouver un pilote performant, qui soit le plus proche possible de ce que fait Marcel Schrotter, ce que faisait Alex. Personne ne se rend vraiment compte du niveau qu’il y a en Moto2; c’est incroyablement élevé!

Une autre donnée à prendre en compte, c’est que je ne débaucherai jamais quelqu’un qui a un contrat; c’est une question d’éthique. Plusieurs pilotes m’ont appelé en disant qu’ils pouvaient casser leur contrat. J’ai refusé. Je ne vais pas déshabiller qui que ce soit parce que, moi, je suis déshabillé. Ce n’est pas correct.

Il faut donc trouver un pilote qui a le niveau et qui n’ait pas de contrat; c’est une mission d’autant plus compliquée que je ne suis pas en mesure de lui dire combien de Grand Prix il fera. Deux, trois, quatre, cinq, je n’en ai aucune idée car les médecins ne peuvent absolument rien me confirmer à ce sujet par rapport au retour d’Alex. Je ne vais pas pendre quelqu’un qui avait prévu de faire un championnat pour lui dire, ce que j’espère, qu’Alex revient à Jerez ou au Mans.
C’est donc difficile et compliqué mais cela fait partie de notre métier.
Une chose est certaine, le profil que je cherche est un jeune pilote qui a faim, pas une vieille gloire ».

Propos recueillis par Gilles Della Posta à Jerez

Stay tuned !

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