Pol Espargaro : « Actuellement, c’est ma moto qui me contrôle »



Promu en MotoGP cette saison, Pol Espargaro a pris ses marques en catégorie reine, et au sein de l’équipe Tech3. Après un baptême du feu difficile au Qatar où il a roulé avec une clavicule fracturée avant d’abandonner sur problème technique, l’espagnol n’a cessé de progresser. Le champion du monde Moto2 fait preuve d’humilité en admettant qu’il a encore davantage à apprendre de sa moto qu’il n’a pu découvrir depuis ses premiers tours de roues en novembre.


GP-Inside : Pol, vous venez de terminer votre 4ème course en MotoGP, quels enseignements pouvez-vous tirer de ce début de saison ?

Pol Espargaro : « J’ai compris que j’ai encore besoin de prendre de l’expérience. A Jerez, j’ai obtenu la 8ème place et en course j’ai terminé tout près de la 5ème place à une vingtaine de secondes de Jorge donc dans l’ensemble, ça progresse. On n’est plus très loin du compte mais je crois qu’on doit encore trouver ce petit « plus » en fin de course pour prendre l’avantage sur nos adversaires ce qui nous permettrait d’améliorer sensiblement nos résultats. On progresse, mais il y a encore des choses à améliorer ».

GP-Inside : Qu’est-ce qui est le plus difficile à appréhender quand on passe de la Moto2 à la MotoGP ?

Pol Espargaro : « (sans hésitation) La gestion de tous les éléments électroniques. En Moto2, il n’y a aucune assistance alors qu’en MotoGP, on ne peut pas faire sans… Donc il faut apprendre à s’en servir et l’utiliser un maximum, et pour ça il faut comprendre la multitude de réglages possibles pour être performant en fin de course car c’est là qu’une grande partie du résultat se joue. L’expérience joue un rôle énorme pour trouver les bons réglages et à l’heure actuelle, je n’ai pas encore cette expérience. Donc pour moi, l’essentiel de mon travail se concentre sur l’apprentissage de tous les systèmes électroniques ».

GP-Inside : Est-ce que l’on s’amuse plus avec une MotoGP ou une Moto2 ?

Pol Espargaro : « C’est une très bonne question… J’avoue que je m’amusais davantage avec la Moto2 car actuellement, je ne contrôle pas tous les paramètres de ma MotoGP. Pour le moment, j’ai le sentiment que c’est davantage la moto elle-même qui me contrôle. J’avais développé ma façon de piloter spécifiquement pour la Moto2 donc je me régalais à son guidon. Même lorsque les réglages n’étaient pas parfaits, je pouvais toujours me dire qu’il dépendait de moi de compenser ça en donnant plus que 100% pour faire de bons chronos, et quand vous arrivez à faire cela, cela vous procure un sentiment exceptionnel. Dans la même situation, si vous essayez de faire plus sur une MotoGP, la machine refuse ».

GP-Inside : Comment fait-on pour s’adapter ? Peut-on essayer de piloter votre machine sans toute cette électronique ?

Pol Espargaro : « Il faut travailler ! J’ignore ce qu’il en est exactement pour la Honda mais la Yamaha demande à être piloter en douceur sinon vous vous retrouvez en difficulté en sortie de virage. Si vous ne parvenez pas à bien la placer entrée de virage, elle ne vous donnera rien de bon à la sortie. Jorge arrive admirablement bien à ne pas déclencher les assistances électroniques. Il a parfaitement compris la moindre réaction de la M1, il a cette capacité à freiner fort mais de manière si progressive qu’il arrive au point de corde avec une vitesse de passage incroyablement élevée. Il parvient à faire ça parce qu’il a appris au fil des saisons comment utiliser la machine. Cet aspect-là du pilotage est encore délicat pour moi car j’ai tendance à ouvrir la poignée de gaz très fort et à freiner également très fort. Au final, cela provoque du patinage au niveau de la roue arrière et la moto refuse de tourner si on freine de manière trop brusque. Donc je dois apprendre à rentrer fort dans le virage en faisant tourner la machine, garder de la vitesse en courbe et ressortir du mieux possible. Cela prend du temps… »

 GP-Inside : Est-ce qu’on est obligé d’utiliser autant les jambes sur une MotoGP que sur une Moto2 ou l’électronique vous permet de vous reposer un peu plus ?

Pol Espargaro : « En Moto2, je conduisais la machine essentiellement avec les jambes. J’ai des jambes assez puissantes et je crois que c’est un des atouts qui permet d’aller vite en Moto2 et je sais que j’ai encore de gros progrès à faire dans ce domaine avec la MotoGP. Je reprends l’exemple de Jorge Lorenzo. Il relève la moto à une vitesse incroyable, cela lui permet d’ouvrir les gaz plus tôt, plus fort en offrant la possibilité de mieux doser l’accélérateur, et pour cela on utilise beaucoup les jambes. Je dois encore travailler ça pour mieux exploiter la puissance que la moto nous offre ».

GP-Inside : Est-ce qu’on peut vous demander votre avis sur Maverick Vinales ? Vous êtes l’un des mieux placés pour savoir à quel point il est difficile de remporter une course en Moto2, et lui a gagné sa 2ème course, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Pol Espargaro : « Ce qu’il a fait c’est fantastique. Mais je crois tout de même qu’il est plus simple pour les pilotes qui ont connu la Moto3 de s’adapter à une Moto2. Les motos se ressemblent sur de nombreux aspects. C’est comparable à ce que j’ai vu en passant de la Moto2 à la MotoGP. De toute façon, il sait comment faire pour aller très vite sur une moto et il a encore beaucoup de choses à améliorer lui aussi pour être toujours sur le fil du rasoir comme les pilotes Moto2 le sont en permanence. Il faut savoir jouer avec ces machines, les emmener en douceur là où l’on veut aller. Maverick et Luis m’impressionnent, et à Jerez ils ont encore fait une très belle course, à la bagarre ensemble jusque dans le dernier tour. Je suis très content pour eux et aussi pour l’équipe Pons car c’est une équipe incroyable ».

Stay tuned !

Rejoignez-nous sur Facebook

Rejoignez-nous sur Twitter

 

 

Photo : Lionel Nolette

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Dans cet article

Poster un Commentaire

  S’abonner  
Notifier de