Carlo Pernat : "Le passage à la CRT est difficile, douloureux et dangereux"



Il y a quelques jours, nous avions publié une interview de Carlo Pernat  réalisée à Misano (lire ici). Aujourd’hui, on retrouve le même manager italien, mais cette fois, dans sa rubrique audio de nos excellents confrères italien de gpone.com

Et le discours n’a pas vraiment changé depuis le mois de septembre, lorsque nous l’avions rencontré. Pernat reste un grand sceptique de la CRT et estime toujours que le Superbike et le MotoGP devront, un jour, accepter de lier leur destinée.Carlo Pernat : « L’avenir du MotoGP est très difficile. Je pense que la saison prochaine, l’introduction des CRT causera des problèmes à la fois sportifs et sécuritaires. Le CRT, ça n’a rien à voir avec le changement de 2002 et l’arrivée du quatre temps.

Avec la 500, vous pouviez réussir à monter sur le podium, comme pour Capirossi à Motegi. Avec une CRT vous ne pourrez pas y arriver, ces motos prendront trois ou quatre secondes au tour, et cela va créer deux championnats distincts, avec les 12 motos officiels d’un côté et avec les dix CRT de l’autre. Nous pouvons imaginer que les premiers problèmes auront déjà lieu lors des essais: Stoner était déjà en colère quand il était gêné la saison précédente, imaginez-vous maintenant. Les dépassements des pilotes CRT auront lieu avant la fin de la course et cela va entraîner des risques supplémentaires à cause de la différence de vitesse.

Par rapport à la Superbike, on a beaucoup perdu, à mon avis. Il y a toujours plus de constructeurs, tandis qu’en MotoGP Kawasaki, Suzuki et Aprilia avant ça, s’en sont enfuis. Du point de vue des pilotes, au-delà du ‘Big four’, Stoner, Lorenzo, Pedrosa et Rossi, des personnes comme Biaggi, Checa et Melandri reçoivent, en Superbike, environ un million d’euros, plus que la majorité des pilotes de course en MotoGP. Dovizioso, cette année, gagnera la moitié.

C’est un moment difficile pour les pilotes … à l’avenir, les constructeurs ne fourniront certainement plus que les moteurs, mais le passage à cette nouvelle situation est pénible, difficile et même dangereux.

Puisque le propriétaire des deux championnats est désormais le même, je pense que nous pourrions réussir à fusionner les deux catégories en un seul week-end de course ».

Carlo Pernat a les idées claires et comme souvent, sa parole est à prendre au sérieux. Comme lorsque nous l’avons rencontré, il met le doigts sur des évidences qu’on aimerait se cacher, mais la réalité est là, forte et implacable.

La crise économique et le manque d’argent, les dangers de la différence de vitesse sur un circuit, l’attrait croissant pour le superbike… sont là des raisons et des conséquences pas toujours conciliables mais dont il faudra pourtant bien s’accommoder.

Pour écouter l’audio de gpone.com, cliquez ici!

Stay tuned!

Photo : Giovanni Mauri

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