« Encore trois dixièmes » pour Alexis Masbou…



Le titre de l’ouvrage écrit par Christian Sarron au terme de sa carrière semble avoir été imaginé pour expliquer ce qui a manqué à Alexis Masbou pour remporter la 6ème épreuve de la saison. Car cette fois c’est avec un retard de 3/10èmes sur le vainqueur que l’Albigeois a franchi la ligne d’arrivée du Grand-Prix d’Italie.       Et encore une fois, le Français s’est classé 6ème… Loin de se laisser décourager par ce paradoxe que l’on évoquait après le GP de France, Alexis était de nouveau en piste mardi sur le circuit du Mugello pour une journée d’essais. Malgré une météo plus chaotique durant l’après-midi, le Français a bouclé près de 70 tours, soit plus de 350 km de roulage riches d’enseignements.

Alexis, comment s’est passée cette journée d’essais ?

Alexis Masbou : « Plutôt bien, on a fait des tests sur le châssis pour améliorer les sensations que je peux avoir au guidon. On n’a pas réglé tous les problèmes que nous rencontrons parfois mais j’ai le sentiment que nous avons encore franchi une étape dans la compréhension de cette machine. Ensuite, nous avons également fait des tests avec Dunlop qui nous a demandé d’essayer 2 pneus avant et arrière. J’ai aussi pris un moment pour travailler sur mon pilotage, donc au final ça donne une journée assez intense durant laquelle j’ai parcouru environ 70 tours, ça laisse le temps de voir pas mal de choses ».

Revenons sur ce GP d’Italie, tu te rapproches encore de la 1ère place mais – encore une fois – ça ne se voit pas ou quasiment pas, c’est ça ?

Alexis Masbou : « C’est finalement un peu le même problème que lors du Grand-Prix de France, on est très proche de la victoire mais on ne marque QUE les points de la 6ème place, j’insiste sur le « que » car on espère vraiment mieux en ce moment. Cela dit, le déroulement de la course pour moi a été totalement différent de ce que j’ai vécu au Mans parce que cette fois j’ai mené la course, que j’ai été beaucoup plus agressif et que je suis davantage resté aux avant-postes. Mais au Mugello, l’arrivée en peloton est toujours une sorte de loterie car la ligne est très loin du dernier virage et en plus je me suis un peu fait piéger en entrant dans le dernier tour».

En plus tu as été aux premières loges pour assister à la chute provoquée par Jack Miller ?

Alexis Masbou : « Ce sont des choses qui arrivent, surtout quand on évolue dans un peloton important comme c’était le cas pour cette épreuve. C’est toujours très compliqué dans ce cas de figure de gérer les adversaires qui sont devant, derrière, à gauche, à droite. Miller était un peu chaud, comme il l’est depuis le début de l’année. Jusqu’à présent ça « passait » pour lui, et cette fois ce n’est pas passé. Après certains GP, on se dit en le voyant qu’on devrait prendre davantage de risques car ça passe toujours, mais sur ce coup là, ça rappelle à tout le monde que la limite existe pour chacun d’entre nous ».

Finir si près du but et ne récolter « que » les points de la 6ème place, ça n’a pas un effet décourageant ?

Alexis Masbou : « Non pas du tout parce qu’on est dans une phase de progression qui ne se voit peut-être pas bien de l’extérieur mais nous, on voit bien qu’on se rapproche de plus en plus des meilleurs. C’est vrai que c’est frustrant de ne pas être monté sur le podium après le premier tiers de la saison mais comme je le disais, on sent que l’on progresse, ça nous met dans une dynamique positive ».

Une des surprises, pour ne pas dire « déception », c’est qu’après un tiers du championnat, Honda n’est toujours pas parvenu à gagner la moindre course. Comment expliques-tu cela ?

Alexis Masbou : « Je pense que lors des premières courses de la saison, la KTM était encore plus performante. Au fil des épreuves, le niveau de la Honda s’est rapproché. Ensuite, ce qui est trompeur c’est que sur les 2 dernières courses, les Honda auraient très bien pu gagner mais Miller a été très fort au Mans dans le dernier tour et au Mugello c’est Fenati qui a gagné à la loterie que j’évoquais. Je suis convaincu que si Rins était sorti du dernier virage à l’aspiration derrière Fenati, c’est lui qui gagnait la course. A bien y réfléchir, Honda est exactement dans la même situation que moi : très proche de la victoire mais il manque un tout petit détail à chaque fois pour que ça bascule… Mais ça viendra ! »


L’idéal serait que tu règles toi-même ce problème en gagnant la prochaine course…

Alexis Masbou : « Ah oui ce serait bien ! Honnêtement ça se joue à pas grand-chose. J’aurais très bien pu gagner ou même faire un podium sur l’une des premières courses mais on va continuer à pousser dans ce sens et je suis presque certain que ça va arriver à un moment ou à un autre ».

L’an passé, tu avais débuté la saison encore convalescent, et on avait retrouvé un Masbou conquérant en Catalogne… Ce serait le bon moment pour aller chercher un podium ?

Alexis Masbou : « D’abord c’est un circuit qui réussit généralement bien aux pilotes Français, on se souvient de Mike et de Randy qui ont fait de très bons résultats là-bas. A titre personnel, c’est une piste qui me réussit mieux que le Mugello depuis des années. On a beaucoup fait progresser la moto dans les phases de freinages, ce qui sera un atout en Catalogne. Cela étant, je sais qu’on a encore des points faibles sur lesquels on continue à travailler pour aller chercher ce podium et si on travaille bien durant le week-end, je suis convaincu pour jouera pour monter sur une des 3 premières marches ».

Sur le circuit de Catalogne, il y a aussi une longue ligne droite mais l’arrivée est plus proche du dernier virage, ça change l’approche qu’on doit avoir dans le dernier tour ?

Alexis Masbou : « En tout cas on n’est pas dans le même cas de figure qu’au Mugello où l’on sait qu’en sortant devant, on a presque toutes les chances de se faire doubler. A Montmelo, celui qui sort en tête du dernier virage a de grosses chances de gagner la course même si on trouve toujours des exceptions. Ce que je sais, c’est que je vais essayer de sortir du dernier virage en étant devant ! Lors de la première saison des Moto3, j’avais raté le podium à quelques mètres de l’arrivée (En 2012, Alexis avait fini 5ème à 3/10èmes de la 2ème place obtenue par Cortese). L’an dernier, avec une moto en manque de performance, on avait quand même réussi à prendre la 8ème place. Donc je pense qu’on peut y aller avec des ambitions ».

Donc pas de découragement pour Alexis Masbou avant la Catalogne ?

Alexis Masbou : « Non, au contraire, il y a de la satisfaction de voir les progrès que nous faisons après un début de saison compliqué. Je crois qu’avec tout le travail que nous fournissons avec mon équipe, nous sommes sur le point d’inverser la tendance ».

Stay tuned !

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