Carmelo Ezpeleta : "Nous ne sommes pas en accord avec la philosophie de Honda"



Le MotoGP, qui traverse une crise d’envergure, se devait de réagir à la désertification de son paddock et comme on le sait, c’est autour du concept de CRT (aux limites encore floues) que la Dorna compte, maintenant, bâtir son avenir.

Bien entendu, diminuer les frais et le coût de ces motos a un prix. Et ce prix c’est le risque de désintéresser les constructeurs de ce championnat puisque le MotoGP ne serait plus nécessairement la vitrine dont ils ont ‘économiquement’ besoin.

Mais ça, Carmelo Ezpeleta ne veut pas en entendre parler. Le patron de la Dorna défend son projet de CRT car c’est pour lui la seule possibilité, pour le MotoGP, de s’en sortir.

Bien entendu, comme le signalait Carlo Pernat dans un entretien récent (lire ici), la Dorna a une part de responsabilité dans cette crise et le manager italien allait même plus loin en estimant que cette responsabilité devait lui être intégralement imputée depuis la réglementation ayant autorisé les 800cc.

Carmelo Ezpeleta, quant à lui, rejette ces accusations et place la responsabilité de cet échec sur la crise économique. « Personne ne pouvait imaginer une crise économique aussi importante. Aujourd’hui le Motocyclisme n’est pas plus cher que dans un passé récent mais nous avons tout simplement moins d’argent. En 2006, il n’y avait pas ces problèmes et nous avons donné le feu vert au règlement des 800cc, qui a été un défi technologique pour les équipes engagées. Maintenant, la situation économique s’aggrave et nous devons préserver notre produit: nous voulons courir avec les meilleurs pilotes sur des motos d’un haut niveau technologique, mais dans le même temps, notre priorité est d’offrir de belles courses et de permettre aux pilotes les plus talentueux de gagner ».

Les constructeurs sont, bien entendu, dans la ligne de mire du patron espagnol et plus particulièrement Honda. « Après Sepang, j’ai dit aux constructeurs que nous ne pourrions plus continuer. Honda est un excellent partenaire pour la Moto2, qui a beaucoup apporté à la moto, mais nous ne sommes pas en accord avec leur philosophie. Le constructeur de Tokyo m’a dit que s’il n’était pas en mesure de développer sa technologie en course, il n’était pas prêt à courir, mais en réalité, en Indy Car, ce sont les seuls fournisseurs des moteurs, et pourtant, ils sont régulièrement présents… »

Ezpeleta croit dur comme fer en ses CRT, selon lui, elles permettront de ramener du spectacle et de l’équité en MotoGP. « Ce sont des motos fantastiques. Les CRT sont-elles les sauveurs du Championnat du Monde? Je pense que c’est en tout cas un outil pour rendre notre produit appétissant et ainsi le sauver, c’est le pilote le plus fort qui doit gagner en MotoGP. Cette année, je suis convaincu que c’est le meilleur pilote qui a gagné sur la meilleure moto, mais je souhaite qu’il y ait davantage d’opportunités pour d’autres pilotes de talent de ce championnat. Pour le futur proche, nous avons des accords et des ressources pour présenter une grille de 22 motos« .

Le discours change peu entre les constructeurs mécontents, d’une part et la Dorna sommée de trouver une solution, d’autre part.

Et les points de vue sont compréhensibles, le MotoGP est devenu moribond ou presque et la Dorna n’a pas d’autres choix que de tenter quelque chose. Quant aux constructeurs, s’ils ne peuvent plus vendre aux motards leur technologie de pointe, labellisée ‘MotoGP’, quel est l’intérêt de rester dans ce championnat, alors que le Superbike ouvre ses portes.

Stay tuned!

Photo : Stéphane Meyers

Source : motocuatro

 

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires