Loris Capirossi tire le bilan de 23 années au plus haut niveau [Album]



Le 6 novembre dernier, à Valence, Loris Capirossi mettait un terme à une carrière longue de 23 saisons et riche de trois titres de champion du monde.

Il avait rêvé, pour son dernier Grand Prix, de pouvoir rouler sur la moto des 4 constructeurs, à la place, il a dû rendre hommage à son collègue, ami et parfois « fils », Marco Simoncelli.

Il m’arrive parfois de repenser aux images de l’enterrement et de revoir Loris complètement bouleversé. Authentique, entier, vrai, sensible sont autant de qualificatifs qui conviennent à merveille à ce grand pilote mais surtout à ce grand homme qu’est Monsieur Capirossi.

Motoblog.it nous a livré, aujourd’hui, une superbe interview de l’italien dont nous avons sélectionné, pour vous, quelques passages. Vous pourrez retrouver l’interview dans son intégralité en cliquant ici.

Avec Stéphane Meyers, nous avons également décidé d’ajouter à cet article, un petit album photo afin de rendre, à notre façon, un dernier hommage au pilote.

Bien entendu, vu que notre carrière commence là où se termine celle de Loris, nous n’avons que des images récentes mais si vous le désirez, vous pouvez nous envoyer un mail à msrmag@gmail.com et nous nous ferons un plaisir de vous envoyer la photo que vous désirez en HD.

Alors, on s’en doute, en moto comme partout ailleurs, en 23 ans, les choses ont énormément changé et pas toujours en bien. Et le pire des changements, selon Capirossi, c’est encore une fois l’argent. « Beaucoup de choses ont changé: de grands sponsors sont arrivés et ont bouleversé le paddock. Avant, tout était plus facile, maintenant les paddocks sont blindés, avant il y avait davantage de tentes et tout était ouvert« .

Nous sommes maintenant dans le monde du « tout, tout de suite ». Et cette précipitation est à l’origine de la perte de nombreux jeunes pilotes, alors Loris a toujours le même conseil pour eux. « Je leur dis de rester calme, parce que de nombreux garçons sont brûlés parce qu’après les premiers bons résultats dans les catégories inférieures, ils sont projetés dans un monde où vous n’avez pas le temps de grandir. Moi j’ai fait deux années dans un championnat mono-marque, puis le championnat italien et enfin le championnat d’Europe. Avant d’arriver en championnat du monde j’avais donc l’expérience de quatre saisons derrière moi ».

Si Loris se plie volontiers au rôle de guide pour les plus jeunes, il ne voit pourtant pas d’un oeil optimiste l’avenir du motocyclisme en Italie. Il faut dire que passer après Valentino Rossi n’est pas non plus la chose la plus aisée. « L’avenir sera difficile, Simoncelli aurait été le meilleur successeur de Vale, pour le reste Iannone me semble fort : il grandit bien, mais après je ne vois pas pointer beaucoup de pilotes italiens à l’horizon. Il manque une école ».

Voilà pour le côté « vieux sage » de Capirossi, mais avant ça, c’était aussi un pilote aux nombreuses victoires et en sortir une est un exercice visiblement difficile. « Sans aucun doute, je dois commencer par Phillip Island, car c’est là, en 1990, que j’ai remporté mon premier Championnat du Monde. Puis en 1999 à Assen, où, avec Valentino, nous nous sommes dépassés 5 fois rien que dans le dernier tour, j’ai pris le dessus dans le dernier virage, mais aucun de nous deux ne voulait perdre. Une autre très belle victoire, c’est celle remportée en 500 au Mugello en 2000, et puis la première victoire de Ducati à Barcelone et aussi à Motegi en 2007″.

Capirossi était un battant, un ‘racer’ qui malgré les blessures, n’a jamais pensé arrêter avant l’heure. Et comme il nous l’a encore démontré cette saison, rouler diminuer ne l’a jamais vraiment dérangé. « Cela dépend de ce que l’on veut et de ce que l’on désire: personne ne vous oblige à courir, vous le faites seulement si vous avez la force et la volonté de serrer les dents. J’ai toujours été fort contre la douleur« .

Et puis, Capirossi, c’est aussi celui qui a connu la Ducati d’avant Stoner et celle d’après. C’est donc un témoin intéressant. Cette année, Valentino Rossi a vécu, une saison difficile alors que lui, lors de son premier passage, avait failli offrir son premier titre à Borgo Panigale. « Je suis arrivé chez Ducati dans une période positive, tant pour eux que pour moi. Je pouvais faire ce que je voulais techniquement, ils m’ont suivi et j’ai donc dirigé le développement de la moto dans son intégralité. La Ducati a toujours été difficile, je m’y suis adapté et finalement j’ai réussi à être assez rapide. Ensuite, avec la 800, ça a été plus difficile, l’électronique intervient tellement trop et surtout dans la gestion de la consommation. Avec elle, je n’ai pas réussi à m’adapter, je ne la sentais plus mienne. Stoner, en revanche, l’a fait voler cette moto. Elle était très bien adaptée à son style un peu nerveux et similaire à celui utilisé en 250. De là, le département course a commencé à suivre ses instructions et non les miennes, mais parfois ils étaient un peu excessifs, ils allaient parfois un peu trop loin et pas toujours dans la bonne direction, donc la moto est devenue plus difficile à utiliser (même pour lui) et maintenant la voie empruntée n’a plus donné de résultats« .

Avec l’introduction des CRT, nous sommes face à une nouvelle ère du MotoGP, que Loris Capirossi ne connaîtra pas, mais ça ne l’empêche pas d’avoir son avis sur la question. « Les difficultés économiques ont creusé un sillon profond et influence déjà aujourd’hui mais encore plus dans le futur les choix techniques qui sont faits et se feront à l’avenir en Moto GP. Aujourd’hui il y a des coûts d’exploitation élevés et les budgets ont diminué. J’espère que c’est juste une mauvaise période et que bientôt les choses reviendront comme avant. Mais chaque année, les motos, les pneus et l’électronique évoluent et progressent sur les motos, donc je pense que c’est une bonne chose de fixer des limites, surtout au développement des moteurs et de l’électronique pour limiter les coûts. Les CRT n’ont aucune chance d’être compétitive contre les Moto GP officielles, mais qui sait si à l’avenir les MotoGP ne pourront pas être remplacé par les CRT. Les amateurs des courses ne se soucient pas du fait que les motos roulent à 300 ou 350 km / h, ils veulent voir de belles courses et de nombreux pilotes se battre devant ».

Pour terminer l’interview, motoblog ne pouvait passer à côté de l’occasion d’évoquer la mémoire de Super Sic et les mots de Capirossi sont justes magnifiques. « Marco était pour moi un collègue, un ami et parfois je me suis vu aussi un peu comme un « père » pour lui. Sa mort a provoqué un vide incroyable dans mon cœur et dans mon âme, j’étais ami avec Marco et j’ai été très proche de lui lors de son passage en MotoGP.  Ce qui est arrivé ressemble à un mauvais rêve et je voudrais me réveiller tout de suite. C’était un mec génial, amusant, spontané et authentique avec tout le monde. La moto a subi une perte énorme, il avait devant lui un bel avenir rempli de satisfactions. Avec son père Paolo, j’ai une relation fantastique, maintenant il est face à une situation anormale pour lui. Par exemple, je suis père depuis quelques années et le bien-être de mon fils est la chose la plus importante dans ma vie. Si je pense à quelque chose de mauvais, j’ai toujours l’espoir qu’il m’arrive à moi et pas à lui« .

Il n’y a rien d’autre à ajouter, si ce n’est peut-être merci…Stay tuned!

Photo : Stéphane Meyers

Source : Motoblog.it

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