Hervé Poncharal : « Le sort de Bradley Smith sera réglé en Répulique Tchèque »



Avec le  status quo qui s’annonce au HRC et au sein de l’équipe officielle Yamaha, le marché des transferts en MotoGP est d’autant plus tendu, car les guidons des prototypes se font rares. Dans ce contexte, la pression qui entoure Bradley Smith chez Tech3 se fait chaque jour un peu plus forte. L’anglais avait courageusement évoqué la tension qu’il ressentait au soir de la 2ème séance d’essais libre du GP de Barcelone (voir ici) en reconnaissant avoir conscience d’une obligation de résultat sous peine de perdre sa place. Or en terminant 10ème de l’épreuve Catalane, assez loin derrière son coéquipier, Smith a relancé les rumeurs concernant son avenir. Nous avons donc cherché à savoir quel était le sentiment de celui dont dépend en grande partie l’avenir du pilote britannique, Hervé Poncharal. Le patron de l’équipe Tech3 nous a aussi livré les noms de ceux qui pourraient rejoindre Bormes-les-Mimosas pour la saison prochaine, et parmi ceux-là, il y a le nom d’un Français…

GP-Inside : Hervé, la situation de Bradley Smith paraît de plus en plus précaire. Et au fil des courses, on sent ton pilote de plus en plus affecté. Il a fini 10ème en Catalogne, au terme d’une course où il n’a jamais réussi à se libérer…

Hervé Poncharal : « C’est vraiment dommage pour Bradley parce qu’il a été plus rapide que Pol sur tout le début de la semaine. Il a pris un départ moyen alors que c’est habituellement un de ses points forts, et ensuite il n’est pas parvenu à trouver son rythme sur les 10 premiers tours. Une fois qu’il a retrouvé ses repères, il a tourné plus vite que Pol, malheureusement pour lui c’était déjà trop tard. Je suis triste pour lui car il était totalement anéanti après la course ».

GP-Inside : Nous l’avons rencontré vendredi, après les essais libres 2, et il nous a dit avoir le sentiment de ne pas mériter, depuis quelques courses, son guidon chez Tech3. Tu penses la même chose ?

Hervé Poncharal : « J’ai effectivement lu cette interview et honnêtement, même s’il m’est arrivé d’avoir des petits sujets de « friction » avec Bradley, j’ai rarement vu un pilote assez courageux pour dire ce genre de choses. A mes yeux, cette franchise mérite un énorme respect et je souligne que très peu de pilotes en sont capables ».

GP-Inside : La pression sur ses épaules pèse clairement sur lui en ce moment. Est-ce que toi, patron de Tech3, tu confirmes que Smith est sur la sellette ?

Hervé Poncharal : « Il faut bien voir qu’il n’y a plus que 8 machines « factory » sur la grille de départ. Il est donc évident que les places sont chères. Bradley est dans sa 2ème année de MotoGP et il y a un tas de jeunes loups en Moto2 qui visent clairement sa place. Pour couronner le tout, il est confronté à un coéquipier qui débute cette saison dans la catégorie reine et qui, sur l’ensemble du début de saison, a obtenu de meilleures qualifications, de meilleurs résultats en course et qui compte une quinzaine de points de plus que lui au championnat. Donc la pression qu’il éprouve, elle parfaitement logique, mais c’est la loi de la compétition, et il faut l’accepter ».

GP-Inside : Peux-tu évaluer les chances de Bradley de rester chez Tech3 ?

Hervé Poncharal : « Non parce que nous n’en sommes qu’à la 7ème course de la saison, il y en a 11 à venir, donc c’est trop tôt. Et puis il faut attendre que les équipes officielles bouclent leur effectif pour qu’on s’occupe du nôtre. Quoiqu’il en soit, Pol a un contrat avec le Japon qui stipule que si une place dans l’équipe officielle Yamaha se libère, elle sera pour lui, et qu’en cas contraire, il resterait chez nous. Il ne faut pas se mentir, Bradley a son avenir entre ses mains et je pense que tout sera réglé en république Tchèque ».

GP-Inside : Ca veut tout de même dire que la décision est imminente et que le sentiment d’urgence que l’on sent chez lui est justifié…

Hervé Poncharal : « D’autant plus que les courses s’enchainent et que nos guidons sont très demandés. On est obligés de décider de plus en plus tôt chaque saison car les sponsors importants ont besoin de savoir sur quelles machines nous allons rouler, et avec quels pilotes, car cela influe sur leur implication ».

GP-Inside : Tu évoquais les jeunes loups de la Moto2… Lequel aurait ta préférence ?

Hervé Poncharal : « A mon avis les 5 ou 6 premiers du championnat Moto2 sont largement capables de rouler en MotoGP. Le « problème » qu’on a en ce moment, c’est que dans ce top 6, tu as déjà 3 espagnols, et les autres ne sont pas des jeunes premiers. Or vue notre position de « junior team » en quelque sorte en MotoGP, on est plus enclin à recruter des garçons comme Rabat, Vinales, Salom, Folger, Zarco ou Lowes. Tous ces garçons pourraient se retrouver sur notre 2ème moto l’an prochain »

GP-Inside : Il y a eu des contacts entre un de ces pilotes et l’équipe Tech3 ?

Hervé Poncharal : « Oui, avec plusieurs d’ailleurs, mais c’est logique. Or, Lorenzo va rester chez Yamaha selon toute logique, Pol Espargaro va rester chez nous, donc ça fait déjà 2 Yamaha officielles sur 4 avec des pilotes espagnols, c’est difficile d’envisager davantage. Mais ce principe a ses limites car il vaut mieux avoir un très bon espagnol capable de faire des résultats plutôt que de se focaliser sur la nationalité et se retrouver avec un pilote qui va faire 22ème. Donc il y a Folger, Zarco et Lowes… »

Stay tuned !

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