Fred Corminboeuf : « On se prépare à la MotoGP avec Dominique »

Il aura fallu attendre près de 9 ans à Frédéric Corminboeuf pour emmener son protégé, Dominique Aegerter jusqu’à la victoire en Grand-Prix. Une semaine après le succès du pilote Suisse au Sachsenring, le team-manager de l’équipe CarXpert nous a confié ses impressions. Parallèlement, et avant-même que cette victoire n’ait lieu, l’équipe Suisse a entrepris sa montée en gamme, avec  la catégorie reine pour objectif en 2015 ou en 2016…


Fred, on a le sentiment que cette victoire a été anticipée dans votre équipe et que finalement, vous n’avez pas été surpris… Vous l’avez sentie venir ?

Fred Corminboeuf : « On sentait depuis quelques courses que Dominique avait acquis la maturité pour gagner une course. Il a été très bien à Barcelone où il aurait dû faire podium. A Assen, il était vraiment très bien mais a météo n’a pas joué en notre faveur. Et au Sachsenring, il a passé tout le week-end aux avant-postes, il a fait la pole et le meilleur temps au warm up. Même si dans ces cas-là tu essayes de ne pas t’emballer et de rester humble, tu finis tout de même par penser que la victoire est à ta portée. Dominique a passé une sorte de cap, à la fois sur la moto mais aussi d’un point de vue mental, on l’a senti plus mature et prêt pour aller chercher une victoire ».

Comment cela s’est-il traduit sur le coup ?

Fred Corminboeuf : « Pour ma part j’ai eu un bon petit coup de joie agressive au moment de franchir la ligne d’arrivée et dans un deuxièmes temps, j’ai été pris par davantage par l’émotion que par l’euphorie car cela faisait un long moment qu’on courait après cette victoire. Mais il faut dire aussi que nous ne sommes pas un groupe très extraverti. Par exemple, Gilles Bigot est quelqu’un de très calme, et qui, en plus, sait déjà ce que signifie la victoire, il a déjà été champion du monde ! A ses yeux, une victoire traduit le fait que nous avons bien travaillé, c’est tout. Sans oublier qu’on n’a gagné qu’une victoire, on n’en a pas remporté 15… donc il ne faut pas s’emballer non plus. C’était un moment merveilleux, on va la déguster durant toute la pause estivale, mais on pense déjà à aller en chercher d’autres ! ».

Mais alors, la quête d’une deuxième victoire peut-elle être aussi intense que la quête d’un premier succès ?

Fred Corminboeuf : « Je pense que oui ! Moi, je suis un compétiteur, je viens sur un circuit pour gagner. Parfois cela prend du temps, il y a des moments où cela ne se passe pas comme tu veux. Et puis quand tu arrives sur un podium, tu comprends à quel point c’est bon ! Et quand ton pilote gagne, c’est encore plus fort. J’avais déjà connu ça d’autres sport et avec Mike Di Meglio et ça ne change rien. Au contraire, l’appétit vient en mangeant. Après les podiums du début de saison, cette victoire, on va aller à Indianapolis pour suivre dans la même direction ».

Cette victoire, c’est la première de votre équipe depuis la disparition de Shoya Tomisawa. Est-ce que maintenant la boucle est bouclée ?

Fred Corminboeuf : « On ne pouvait pas ne pas y penser, d’abord parce que beaucoup de monde nous en a parlé et parce que le clin d’œil à Shoya était évident. On essaye encore de faire notre deuil de l’histoire que nous avons vécu avec lui mais Dominique a aussi confirmé tout le bien que Gilles Bigot pensait de lui depuis le début de notre histoire avec lui. Ca confirme aussi que le travail que l’on a produit depuis des années est dans le vrai ».

Dominique Aegerter, portant le N°77, a remporté la 77ème course de l’histoire de la Moto2… Vous avez songé à l’engager sous le N°78 pour Indianapolis ?

Fred Corminboeuf : « Non parce que je crois que le 78 appartient à Yves Demaria alors on va lui laisser. Depuis la disparition de Shoya, on s’est beaucoup intéressé aux chiffres… On sait qu’il est décédé dans le 48ème km de course et il y a toujours un chiffre ou un autre que vous pouvez prendre pour un signe. Quand on est arrivés au Sachsenring, Mathieu Grodecoeur (qui gère l’acquisition de données sur la moto de Dominique) a noté que nous étions dans le garage N°27. Sachant qu’il est admirateur de Stoner, il a pris ça pour un bon signe, surtout qu’on savait qu’il s’agissait de la 77ème course de Moto2. On peut toujours trouver des signes, et s’il le faut, on en trouvera d’autres justifier la prochaine victoire ! ».

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