Marc Marquez applaudit la loi Quartararo, d’autres la dénoncent. Déchiffrage.



On le sait depuis le weekend dernier, la règle imposant aux pilotes désirant s’aligner en Moto3 d’avoir atteint l’âge de 16 ans a été supprimée pour le vainqueur du FIM CEV Repsol International Championship.

La Dorna, dans sa communication, n’a pas caché que cette règle était adoptée pour permettre à Fabio Quartararo, déjà champion d’Espagne en 2013 et bien parti pour reconduire son titre, de débuter la saison 2015 en Championnat du Monde sans attendre le 20 avril, jour de son anniversaire.

On se souviendra que c’est en raison de cette règle qu’en 2013, Livio Loi, alors âgé de 15 ans, avait dû attendre le troisième Grand Prix à Jerez et le jour de son seizième anniversaire, pour pouvoir débuter sa saison ou, bien avant ça, que c’est pour la même raison que Jorge Lorenzo avait dû attendre le samedi du Grand Prix d’Espagne pour pouvoir prendre la piste.

Grand bénéficiaire, lui aussi, de l’abolition d’une règle – celle qui empêchait un pilote de débuter sa carrière en catégorie reine dans une équipe officielle, Marc Marquez qui, rappelons-le, fait partie, à l’instar de Fabio Quartararo, de l’écurie d’Emilio Alzamora s’est prononcé en faveur d’une dérogation qui semble créée de toute pièce pour le Français.  

«Je sais qu’ils ont changé la règle pour Quartararo mais pour moi, il a démontré assez de choses pour pouvoir s’aligner en championnat du monde. Pour moi, si un pilote a le niveau, c’est OK. Parfois, les pilotes ont assez de niveau pour s’aligner et ils ne le peuvent pas tandis que d’autres, qui ont plus d’argent, y arrivent alors qu’ils n’ont pas le bon niveau. Pour moi, si le pilote qui arrive est fort comme Fabio, alors c’est OK »

Si nous ne pouvons que nous réjouir de l’arrivée de Fabio Quartararo en Championnat du Monde dès le premier Grand Prix 2015, il est tout de même de notre devoir d’ajouter un brin d’impartialité aux débats.  

En effet, comment donner totalement tort aux personnes, les Italiens en tête, qui déplorent qu’une nouvelle fois, le règlement ait été modifié pour les besoins d’une personne, d’un team, d’un championnat ?

Comment leur donner totalement tort lorsqu’ils regrettent qu’une fois de plus, cette règle ne vaille que pour le CEV, certes devenu championnat « International » mais qui, jusqu’à preuve du contraire porte toujours, en partie du moins, le nom de Campeonato Español de Velocidad.

Parce que le problème est bien là. Personne ne s’offusque du fait que le jeune français reçoive une belle opportunité, au contraire, tout le monde se réjouit de le voir débarquer au plus haut niveau, personne ne conteste le fait qu’il ait le talent pour tenir son rang en Championnat du monde, non, ce qu’on reproche à la fédération, c’est que ce soit le Champion d’Espagne 2014 et après lui, le 2015, le 2016, le 2017… qui recevront l’opportunité de pouvoir disputer le Championnat du Monde même s’ils ne sont pas âgés de 16 ans. En d’autres mots, que le CEV reçoive un bonus qui le rende encore plus attractif aux yeux des jeunes pilotes. Fondamentalement, la dérogation à cette règle ne profite pas à un pilote mais à un Championnat particulier, à une fédération particulière au détriment de toutes les autres.

La Commission Grand Prix, à la base de cette modification, est l’émanation de plusieurs organisations (Dorna, FIM, IRTA, MSMA), toutes internationales et on attend d’elle qu’elle adopte des règles respectant le sacro-saint principe juridique de l’égalité face à la règle de droit et celui de la non-discrimination.

Or, in casu, cette règle contient en elle-même une discrimination puisqu’elle édicte « qu’un pilote qui se proclame vainqueur du FIM CEV Repsol Moto3 pourra, quel que soit son âge, courir dans le Championnat du Monde Moto3 la saison suivante ».    

Il y a peu, Aprilia, par l’intermédiaire de Romano Albessiano, rappelait avoir hésité à rejoindre le Championnat du Monde MotoGP et notamment en raison de l’instabilité de son règlement. Si certains en doutaient encore, ce que les italiens nomment la loi Quartararo en est une autre preuve flagrante.

Il est évident que nous nous réjouissons de l’arrivée de Fabio Quartararo en Grand Prix. Mais il était de notre devoir de rapporter les interrogations sur l’équité de ce petit coup de pouce supplémentaire donné au championnat d’Espagne FIM CEV Repsol International Championship, qui domine pourtant déjà haut la main les autres championnats nationaux.

Stay tuned !

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