Mick Doohan : "le problème de Rossi, plus que la Ducati, ce sera Stoner, Lorenzo, Spies, Pedrosa"



2011 vient à peine de se terminer que tous les regards sont déjà tournés vers 2012. Pourtant, on ne peut deviner ou penser le futur qu’en connaissant parfaitement le passé.

Et pour nous donner son éclairage sur la saison écoulée et celle à venir, c’est Mick Doohan que nos excellents confrères de gpone.com ont choisi.

Le premier enseignement que l’Australien a tiré est bien entendu la domination et le sans-faute de son compatriote, Casey Stoner. « Stoner a couru admirablement cette année. Il s’est adapté rapidement à la nouvelle moto, Honda a fait des progrès et le couple qu’ils ont formé a été difficile à contrer, car Casey n’a pas commis d’erreur et il a également changé son style de pilotage pour atteindre un niveau très élevé. S’il continue sur cette voie, pourrait s’ouvrir l’ère Stoner« .

Bien entendu, on ne parle pas de MotoGP sans analyser la contre-performance de Valentino Rossi. Talent et palmarès hors cause, c’est dans la concurrence que l’australien voit le talon d’Achille de la fin de carrière du nonuple champion du monde.

« Rossi a vécu une saison difficile et devra travailler dur sur la moto. Ses qualités en tant que pilote ne sont pas en discussion mais son problème, plus que la Ducati, ce sera Stoner, Lorenzo, Spies, Pedrosa … A la fin du championnat, cependant, il restera, comme toujours, quelques pilotes à se le disputer et je pense que Stoner et Lorenzo seront ceux-là. Pedrosa peut gagner quelques courses au début, bien sûr, il aura les mêmes opportunités que les deux autres. Après Doohan, il y a eu Rossi, mais Valentino n’est pas mon successeur. Simplement, on ne peut pas comparer des époques différentes. Aujourd’hui, par exemple il y a beaucoup de pilotes très forts et de nombreux jeunes qui grandissent. Je pense que j’ai laissé une bonne moto à Valentino, et même avant, à Criville, mais les deux ont mérité ce qu’ils ont obtenu. Rossi a gagné aussi avec Yamaha. On a besoin d’avoir un peu de chance, mais avec la chance vous pouvez gagner une course ou deux, pas un titre. Gagner et continuer à le faire est la chose la plus difficile, la pression est immense et il faut continuer à être motivé. Dans mon cas, je me mettais moi-même la pression et je n’avais pas de problèmes de motivation. Mon pire rival, c’était moi-même« .

Mais refermer le livre de 2011 oblige également l’Australien a évoquer un souvenir tragique et douloureux pour les amateurs de motocyclisme que nous sommes tous, celui de la disparition de Marco Simoncelli. « La moto est un sport passionnant, mais à Sepang, elle nous a montré son pire visage. La mort d’un pilote est toujours difficile à accepter, surtout pour sa famille et ses amis. Simoncelli avait ce qu’il faut pour devenir un champion du monde, mais malheureusement, nous ne saurons jamais s’il en aurait été capable. Il avait du caractère et de la personnalité, ce qui le rendait déjà très populaire. Le motocyclisme accepte le risque, mais vivre comporte de toute façon l’existence de situations dangereuses même dans la vie de tous les jours. Les accidents du quotidien sont eux aussi dramatiques, et en tant que pilotes, nous acceptons que tout peut arriver et nous vivons avec, tout en continuant à travailler pour plus de sécurité. Beaucoup de choses ont été accomplies ces dernières années mais la sécurité totale n’existera jamais« .

Enfin, pour terminer ce tour d’horizon, il faut aussi songer que si, hier, nous avions Rossi et aujourd’hui Stoner, demain sera promis aux jeunes talents qui poussent et ne manqueront pas, d’ici une saison ou deux, à venir faire vaciller le trône de ceux qui, aujourd’hui, y sont bien installés. A ce sujet, Marquez et Bradl sont les favoris de l’Australien.

« Cette année, Stefan Bradl et Marc Marquez ont disputé un beau championnat. J’ai supporté les deux, car Marc est soutenu par Repsol, qui m’a suivi tout au long de ma carrière et Stefan est le fils d’Helmut qui courait à mon époque. Pour l’Allemagne c’est une bonne chose d’avoir un champion du monde et pour ce qui est de Marquez, il est très jeune et il va revenir. La moto connaît actuellement des problèmes que la Dorna suit de près, mais sur le long terme, je vois une évolution positive« .

Même si Marquez et Bradl, peut-être dans une moindre mesure, sont des futurs grands, il s’agira pourtant, selon nous, de garder un oeil attentif sur des pilotes comme Iannone, Viñales ou encore Johann Zarco. Eux aussi, devraient figurer parmi les noms qui, très vite, nous ferons vibrer au plus haut niveau. Stay tuned!

Source: gpone.com

Photo : motogp.com

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