Florian Marino entre deux eaux.

Avec une chute en séance et un problème en course, Florian Marino s’est heurté à la complexité d’une catégorie hyper-compétitive à Aragon. Nous avons pu interroger l’actuel troisième du championnat du monde Supersport avant qu’il ne reparte pour la tournée des trois Grand Prix outremer, au Japon, en Malaisie et en Australie. 

GP-Inside : Florian, 2ème apparition en Moto2 sur le circuit de Motorland Aragon; une expérience quelque peu mitigée mais qui reste néanmoins formatrice ?

Florian Marino : « Oui, c’est très formateur car j’étais très curieux de voir comment cela se passait en Moto2, de voir de quelle manière les équipes travaillent. Ce qui est dommage, c’est que je n’ai pas eu beaucoup de réussite. Je ne suis pas tombé au bon moment. A Aragon, je tombe au tout début de la 3ème séance libre et par conséquent je perds les ¾ de la séance, et quand tu commences à prendre du retard, c’est très difficile de le combler. Au final, je me qualifie à 1’’3 de la pole, ce qui est plutôt correct car beaucoup d’équipes espagnoles font beaucoup d’essais sur ce tracé. Je garde à l’esprit que mon ‘ideal time’ était 4/10èmes plus rapide, ce qui commence à être intéressant par rapport au niveau ».

GP-Inside : La course a semblé plus difficile, ce n’est qu’une impression ?
Florian Marino : « En course on a eu un soucis. A partir du 10ème tour, le comportement de la machine s’est dégragé au fil des tours et j’ai fini avec une moto devenue inconduisible. On s’est rendu compte qu’il y a eu un problème au niveau du système de compression de l’amortisseur arrière, et la moto s’est totalement avachie sur le train arrière. L’équipe a confié l’amortisseur à Ohlins pour qu’ils puissent le vérifier avant de le récupérer à Motegi. On ne sait pas exactement ce qu’il s’est passé mais au niveau de la télémétrie, on dirait que j’ai fini la course avec une machine sans aucune compression sur le combiné arrière. Cela m’a fait perdre tous les repères que j’avais et je suis sorti de la piste à plusieurs reprises, ce qui m’a couté beaucoup de temps lors des derniers tours. J’ai quand même appris quelque chose de cette course et j’espère qu’on pourra profiter du fait que les équipes n’ont pas l’occasion de rouler sur les circuits d’outre-mer, pour réussir à finir dans le top 20 ».

GP-Inside : On t’a vu être très agressif en Aragon, mettant régulièrement la moto en travers sur les freinages, estimes-tu avoir encore besoin d’adapter ton pilotage à la Moto2 ?
Florian Marino : « C’est sûr qu’on ne pilote pas une Moto2 de la même manière ! De ce que je retiens de ces 2 week-ends de GP, c’est qu’avec une Moto2, on peut facilement se perdre dans les réglages et je crois que finalement, quand cela ne fonctionne pas comme on voudrait, il ne faut pas se poser trop de questions et rouler pour trouver des solutions au niveau du pilotage. Quand je rentre en glisse avec le pied dehors, ça paraît peut-être un peu désordre, mais vu que je n’ai pas beaucoup de temps pour régler la moto, j’essaye d’attaquer sans trop me poser de questions. Je suis conscient que je fais beaucoup glisser les motos que je pilote, ça fait partie de mon pilotage, ça donne l’impression que je freine comme un bourrin, et pourtant d’après les acquisitions de données, je freine moins fort que mon coéquipier Mattia Pasini. Pour te donner un chiffre, à Aragon, il atteint 12 bars de pression sur certains freinages alors que mon maximum est resté à 9.»

GP-Inside : Tu as identifié d’autres axes de travail ?
Florian Marino : « A mon avis, là où on peut faire la différence c’est au niveau du lâcher de freins et de la remise des gaz. Les meilleurs arrivent à avoir déjà quasiment remis ouvert l’accélérateur au moment où ils lâchent le frein. Ça leur permet d’avoir plus de régime moteur et de mieux ressortir des virages. Avec des moteurs peu puissants, cela fait une différence énorme».

GP-Inside : Tu as donc maintenant 3 épreuves devant toi pour t’adapter et monter en puissance ?
Florian Marino : « Je veux prendre ces 3 courses comme du pur plaisir, pour acquérir encore davantage d’expérience. J’ai mis sur pied un gros plan de travail pour les 3 semaines de la tournée outre-mer. Je vais tout faire pour progresser et tenter de me rapprocher des meilleurs. Je crois que cela passe avant tout par le plaisir pour arriver à rouler de manière relâchée ».

Jongler entre deux catégories nécessitant un pilotage spécifique est un exercice difficile, surtout quand on ne dispose que de peu d’expérience dans l’une des deux.
Avec la finale des Supersport début novembre à Losail, Florian Marino va maintenant pouvoir se concentrer totalement sur les trois courses de Moto2 à venir.

Stay tuned !

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