Loris Baz en MotoGP : la question qu'il aurait aimé qu'on lui pose…

Après moult rebondissements dignes d’une bonne série américaine, Loris Baz a enfin pu signer son contrat pour arriver en MotoGP.

Malgré un week-end frustrant à Magny-Cours (consigne d’équipe l’obligeant à laisser passer son coéquipier), le pilote de 21 ans a bien voulu répondre à nos questions… et se prêter au jeu de s’en poser une à lui-même.

GPI : Loris, puisque tout a été dit là-dessus, ou presque, nous n’allons parler ni de Superbike ni de ta taille, mais tu viens néanmoins de passer une semaine nerveusement difficile, non?
Loris Baz: « pas seulement cette semaine, ça fait surtout deux ou trois semaines que c’est dur parce qu’on avait signé avec Aspar juste avant Jerez. Au final, j’avais la garantie de rouler en GP et je savais que c’était fini chez Kawasaki car je leur avais annoncé que j’allais en Grand Prix, et une semaine après, j’apprends sur Internet qu’ils ne me veulent plus, donc ce n’était vraiment pas correct. Mais je pense que j’ai eu une grande chance d’avoir une excellente personne derrière moi qui est Eric Mahé, qui m’a beaucoup aidé, m’a surtout évité de m’inquiéter et a toujours essayé de me rassurer, même dans les moments où ça ne sentait pas bon et où on n’avait plus rien. On n’en était pas à chercher des guidons dans les championnats nationaux mais c’était très compliqué car il ne restait pas beaucoup de places. J’aurais toujours trouvé quelque chose mais ce n’était pas facile, donc oui, Eric a vraiment fait un super boulot pour arranger tout ça et que tout se passe bien.

J’ai rencontré à Aragon le patron, Giovanni (ndlr : Giovanni Cuzari le patron de NGM Forward) et tout le team, et j’ai vraiment hâte de bosser avec eux car ça a l’air d’être une équipe-famille, et c’est ce que j’aime, là où je me sens bien et où je fais généralement mes meilleurs résultats.
On repart d’Aragon et ça allait, lundi, on ne savait plus, mardi ça n’allait plus du tout, vendredi ça allait à nouveau (rires), donc oui, une sorte d’ascenseur émotionnel où je passais du 50ème étage au -20 en une minute, parfois. Ce n’était pas facile. Oui, j’ai hâte de travailler avec Forward. »

GPI : Quand feras-tu ton premier roulage?
Loris Baz: « Au lendemain de Valence. »

GPI : La prochaine manche du Superbike se déroule à Losail; comme tu y rouleras pour ton premier Grand Prix, vas-tu aborder cette épreuve différemment?
Loris Baz: « Non, non, pas du tout. Je vais essayer d’y faire mon meilleur week-end et de m’y donner à 110%, comme à chaque fois même si je n’ai pas pu le prouver ici. J’ai envie de terminer avec le meilleur résultat possible pour mon team. Je leur dois bien ça, ainsi qu’à Kawasaki qui a fait énormément de choses pour moi. Je me donnerai donc à fond et ça me fera aussi apprendre la piste pour le GP, et c’est un point positif. »

As-tu une idée de ton chef-mécanicien chez NGM Forward?
Loris Baz: « Pas encore, on n’en a pas parlé énormément. Je connais déjà quelques personnes qui sont dans le team et avec qui je m’entends bien, comme Florian Ferracci ou un mécano du côté d’Aleix. J’ai rencontré le chef-mécano actuel mais je ne sais pas si  ça change ou pas. On en saura peut-être plus cette semaine. On verra. »

GPI : Yamaha, en autorisant à nouveau l’usage de ses cadres en plus de ses moteurs, semble vouloir défendre son titre Open contre Honda l’année prochaine?
Loris Baz: « Je pense que j’arrive sur la meilleure machine Open, avec un très bon coéquipier. J’aurais donc toutes les clefs en main pour essayer de me battre dans les premiers Open. Je suis content et ça va être super! »

GPI : Qu’as-tu à répondre à ceux qui pensent que tu aurais dû rester une année de plus en Superbike?
Loris Baz: « Oui, j’aurais peut-être dû rester un an de plus ici et si j’avais refusé une Forward, beaucoup de gens auraient dit que j’étais fou de refuser une offre en MotoGP. C’est compliqué de refuser une offre. Au début, j’avais envie de rester un an de plus, après ça a été plus compliqué car Kawasaki voulait un pilote qui signe pour deux ans pour développer la nouvelle moto l’an prochain pour 2016. Je ne voulais pas signer deux ans car je voulais absolument partir à la fin de l’an prochain. Donc à partir de moment, on a vraiment essayer de trouver quelques chose à plus court terme  pour l’an prochain en GP. Une offre en GP, c’est compliqué à refuser et le meilleur moment pour y aller, c’est à 21 ans. A 22, c’est mieux qu’à 24, c’est sûr, mais c’est moins bien qu’à 21. Après, il ne faut pas être trop jeune non-plus. Je pense que l’an dernier, je ne l’aurais peut-être pas fait, mais cette année, je me sens prêt à y aller, et à retrouver les pilotes avec qui je me battais quand j’avais 10 ans. Ca va être Top et j’ai vraiment hâte d’être à Valence. »

GPI : Loris, quelle est la question que personne ne t’as posée et que tu aurais aimé que l’on te pose?
Loris Baz: « Celle à laquelle j’aurais pu répondre que je vais en GP car j’y mérite ma place, et non pas parce que les GP ont besoin d’un Français. Cela m’énervait un peu de lire cela. Être français peut aider, même si ça nous a rarement aidé dans le sport mécanique depuis qu’on est jeune. Donc je suis content que ça m’aide. Après, je pense que j’y vais parce que j’ai prouvé ici que j’allais très vite et que j’y mérite ma place. »

L’interview parle d’elle-même; un nouveau pilote français arrive dans la catégorie reine de la MotoGP; jeune, talentueux… et avec une tête incontestablement bien faite!

Stay tuned !

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