Jorge Lorenzo : "Rossi, c'est un exemple pour moi et pour tous les pilotes."



Jorge Lorenzo s’est confié au site espagnol Marca lors d’une interview fleuve. Quelques-uns de ses propos ont déjà été reportés ici, mais il nous a semblé important de traduire le reste de ses réponses, du moins celles concernant la catégorie MotoGP.

 


 

Marca : Que va faire Jorge Lorenzo durant cette trêve jusqu’en février ?
Jorge Lorenzo: « Pour le moment, je ne me suis pas complètement arrêté. Je fais du sport, pas aussi fort qu’en fin de saison, mais à quatre-vingts pour cent. Je serai tranquille, avec la famille, en suivant toujours une préparation physique pour ne pas l’arrêter totalement, puis prendrai une semaine au Mexique, dans un endroit au soleil, et, à partir de janvier, nous commencerons alors à nous entraîner très fort. »

Marca : Changeras-tu quelque chose dans ta pré-saison, par rapport à dernière année ?
Jorge Lorenzo: « Oui. Cette année, ça a été l’un des problèmes. Avec tant d’opérations et en commençant si tard, la pré-saison ne m’a pas laissé assez de temps pour arriver en forme. J’ai également eu un changement d’entraîneur. Tout s’est un peu compliqué. Je pensais que ça irait bien mais il n’en a pas été ainsi. Il faut apprendre de cette leçon et maintenir le niveau physique que j’ai actuellement, ou même l’améliorer. »

Marca : Tu focalises beaucoup sur l’aspect physique. Crois-tu qu’avec un bon entraînement physique, tu peux moins te préoccuper de la moto?
Jorge Lorenzo: « Ton rendement final dépend d’une somme de facteurs : ton physique, ta concentration, ta mentalité, ta technique … Mais tu dépends aussi de la moto: du châssis, du moteur, de l’électronique, des pneus … Ce sont beaucoup de facteurs que tu dois avoir de ton côté pour lutter pour le titre et, au début de 2014, il me manquait deux ou trois de ces facteurs. »

Marca : Tu parles des erreurs que tu as commises, et qui t’ont empêché de lutter pour le titre, mais qu’est-ce qui a été positif?
Jorge Lorenzo: « Nous ne nous sommes pas écroulés dans les mauvais moments. Nous avons très mal commencé, mais peu à peu les pièces du puzzle se sont mises en place et nous sommes revenus dans une dynamique pour être régulièrement sur le podium. »

Marca : Et comment as-tu trouvé une motivation en sachant dès le départ que le titre mondial était presque impossible ?
Jorge Lorenzo: « En essayant de rester le plus devant possible, en essayant d’obtenir le maximum de victoires. »

Marca : Comment est la Yamaha aujourd’hui?
Jorge Lorenzo: « Comparée au début d’année 2014, beaucoup mieux. La moto est plus douce, beaucoup plus facile à piloter, elle s’est améliorée en électronique et en entrées de courbes… mais bon, il nous manque encore différentes choses là où la Honda est supérieure. Dans quelques domaines, nous sommes supérieurs à eux, mais dans l’ensemble, il nous manque deux ou trois dixièmes. »

Marca : Qu’as-tu demandé aux techniciens pour gagner ces deux ou trois dixièmes ?
Jorge Lorenzo: « Essentiellement, le passage en courbe. Nous nous sommes beaucoup améliorés, mais il nous manque toujours la boîte seamless au rétrogradage et, en général, la moto ne nous permet pas de freiner aussi tard qu’eux, ni de rentrer si fort en entrée de courbe. Cela ne nous fait pas seulement aller moins vite, cela nous rend la situation très compliquée dans la lutte au lutte corps à corps, car nous devons freiner plus tôt et passer plus à l’extérieur. »

Marca : Tu ne sembles pas très optimiste vis-à-vis de l’année qui vient…
Jorge Lorenzo: « Nous avons à mettre à profit nos forts points, qui sont le passage en courbe, l’accélération sur les quelques circuits où nous avons de la motricité, et à contrecarrer avec cela ce que nous perdons dans d’autres parties du circuit. »

Marca : C’est un soulagement, une espérance ou une motivation de voir que la Honda 2015 ne va pas, pour le moment, comme Pedrosa et Márquez le voudraient ?
Jorge Lorenzo: « Vu de l’extérieur, il est difficile de savoir comment ils sont. Ce que l’on doit regarder, ce sont les temps des derniers tests, qui n’ont pas été mauvais puisqu’ils ont fini premier et deuxième, puis leur vitesse de pointe, où l’on voit que le moteur Honda est très rapide et, dans ce sens, nous sommes derrière. Si la moto est très nerveuse ou non, cela nous ne pouvons pas le savoir, mais qu’elle soit très nerveuse ou pas, elle leur permet d’aller vite et d’être très constants. Nous avons peu d’espoirs que la nouvelle Honda ne soit pas très bonne. »

Marca : Alors, peut-être que la réponse ne consiste pas à demander à Yamaha d’égaler cette puissance mais plutôt à améliorer d’autres aspects pour compenser le désavantage.
Jorge Lorenzo: « Tout aide. Si nous pouvons améliorer la vitesse, cela nous aidera. Et si nous améliorons l’accélération, cela est aussi positif. Ou la traction, ou le passage en courbe. Si j’avais à choisir, je préfèrerais améliorer le freinage, car au moment de lutter contre Márquez et Pedrosa, cela te permettrait une facilité que nous n’avons pas actuellement. »

Marca : Ainsi, le freinage avant la vitesse. Je le précise parce que tu parles toujours de la différence de puissance entre les deux motos.
Jorge Lorenzo: « Je crois que les temps sont réalisés dans les courbes. Sur un circuit, tu as habituellement une seule grande ligne droite, mais il y a 12 à 15 virages. Le temps est gagné là. »

Marca : Rossi disait qu’il prenait cette un peu cette année pour voir comment il se trouvait. Cela t’a-t-il surpris ?
Jorge Lorenzo: « J’ai toujours dit que Valentino serait meilleur qu’en 2013. Il avait déjà un an d’expérience avec la Yamaha après son passage chez Ducati, une période durant laquelle la Yamaha a beaucoup évolué. Il était logique qu’il aille mieux. Mais il a surpris, en faisant un peu mieux que ce qui était attendu, avec deux victoires et quelques podiums, ce qui démontre la faim qu’il a à 35 ans. C’est un exemple pour moi et pour tous les pilotes. »

Marca : Tu te vois également à piloter à 35 ans ?
Jorge Lorenzo: « Peut être, je ne l’écarte pas. Cela dépend de la motivation, des blessures, de la demande des marques… Si les résultats continuent à être les mêmes, cela se pourrait. Le motocyclisme devient un sport plus physique qu’il y a 15 ans, les motos exigent plus, le rythme pendant la course est frénétique dès la première courbe, mais ce n’est pas un sport aussi physique que la natation ou l’athlétisme, puisque cela te permet de faire durer ta carrière un peu plus. »

Marca : Tu as 27 ans, mais tu es déjà un vétéran de la MotoGP. Comment vois-tu ton avenir à long terme ?
Jorge Lorenzo: « J’aimerais gagner le maximum de titres possibles, mais nous avons un défi très important, qui est de lutter contre le binôme Márquez-Honda. Pour les battre nous devons être plus forts en ce qui concerne la moto et en ce qui concerne le pilote, et cela peut seulement être obtenu si nous travaillons très fort et très bien. Je me conformerai à suivre cette ligne d’être premier ou deuxième, chaque année. » 

Marca : Cela te fait-il plus de mal, de perdre contre un pilote espagnol ?
Jorge Lorenzo: « À ce niveau, cela m’est égal. Ce que tu veux, c’est gagner. La nationalité importe peu. Je cours principalement pour moi même et, après, pour mes fans, pour mon équipe et pour mon constructeur. »

Marca : Parierais-tu que la saison prochaine sera beaucoup plus disputée ?
Jorge Lorenzo: « J’espère que Márquez ne pourra pas dominer comme il l’a fait cette année. J’espère qu’il lui sera plus difficile de gagner des courses. Nous allons tout tenter pour cela. »

Marca : Y aura-t-il des surprises l’année prochaine ou cela sera-t-il de nouveau une lutte à quatre ?
Jorge Lorenzo: « C’est un autre question. Ce serait bon pour le championnat et pour le spectacle. Beaucoup mieux. Les Ducati vont bien mieux, c’est une grande surprise. Chaque fois, elles vont mieux et sont plus près de la tête. Suzuki n’a pas été mauvais à Valence et quelques pilotes Honda non-officiels, comme Redding ou Crutchlow, pourraient bien faire. »

Marca : Y a-t-il plus de niveau maintenant, en MotoGP ?
Jorge Lorenzo: « Oui, c’est certain. Ces deux dernières années ont été une période avec plus de niveau qu’au cours des 15 dernières années de la catégorie reine, tant à un niveau de la concentration que de l’exigence physique ou de la constance. Il n’y a pas eu une autre époque où un tel niveau a été réuni. »

Marca : Qu’est-ce que tu demandes à 2015 ?
Jorge Lorenzo: « Qu’il n’y ait pas de blessures ni de manque de chance, et que nous ayons une bonne moto. Le reste, c’est à moi de le mettre de mon côté. »

Stay tuned !

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