Hervé Poncharal : Smith, Espargaro et la menace rouge !



Alors que la première salve d’essais pour la catégorie reine a eu lieu du 4 au 6 février sur le circuit de Sepang en Malaisie et que le chrono ne nous a pas apporté grand-chose de nouveau par rapport à la réalité de la piste qui prévalait en 2014, nous avons pris le temps de décortiquer les résultats en compagnie d’Hervé Poncharal.

Il en ressort une très longue interview au cours de laquelle nous avons abordé les sujets les plus divers comme par exemple Cal Crutchlow et son départ de chez Ducati, Valentino Rossi, Loris Baz, la réglementation 2016, l’arrivée d’Aprilia et le retour de Suzuki, Fabio Quartararo (lire ici), les pronostics pour le championnat…

Vu la longueur de l’entretien et afin de vous en faciliter la lecture, nous avons décidé de vous publier des extraits tout au long de la semaine que nous essayerons de publier à 19h30. Bien entendu, les premières questions ont porté sur les pilotes Tech3.

Bradley Smith et Pol Espargaro sont deux pilotes à la croisée des chemins et pour l’un comme pour l’autre, 2015 sera une année cruciale puisque si le premier devra convaincre son team manager de l’étendue des performances qu’il est en mesure d’obtenir, le second, sous contrat avec Yamaha, devra démontrer au management d’Iwata qu’il est bel et bien capable de se battre en haut de l’affiche, chose que, la saison dernière, il n’a pas toujours été capable de faire.

Nouvelle saison, nouveaux objectifs, mais aussi nouvelle donne. En effet, comme on a déjà pu le voir à Sepang, viser les premiers accessits derrière les quatre fantastiques ne sera pas chose aisée puisqu’il faudra désormais compter sur les pilotes Ducati qui, aujourd’hui, auront pu admirer une GP15 qui semble prometteuse (lire ici).

Nous avons donc également demandé au Team Manager français de nous livrer son point de vue sur les pilotes de Borgo Panigale.    

Pour rappel, Espargaro a clôturé les essais de Sepang en sixième position à 984 millièmes de Marquez et Smith en neuvième position à 1.517 seconde.

GPi : Hervé, parlons un peu de Sepang et tout d’abord des tiens. Commençons par Pol Espargaro dont on suppose que tu attends beaucoup !

« H.P. : En 2015, nous attendons effectivement beaucoup de Pol et quand je dis « nous », c’est moi mais aussi Yamaha. Comme tu sais, Yamaha Japon a trois pilotes sous contrat : Lorenzo, Rossi et Espargaro. En 2014, il a réussi son année de manière correcte en s’adjugeant le titre de ‘rookie of the year’ mais en 2015, nous attendons qu’il prouve tout le bien que nous pensons de lui. Toutes les saisons sont importantes mais peut-être plus encore pour lui car il arrive à la dernière année de son contrat, il n’est plus rookie. J’ai été très content de voir qu’à Sepang, ce n’était plus le même Pol que celui qui débutait chez nous il y a un an, que ce soit du point de vue physique où on l’a vu beaucoup plus affuté ou du point de vue de son pilotage. La manière dont il roule est beaucoup plus MotoGP, avec la bonne technique, les bonnes habitudes. Il est assez proche du meilleur de tour de Rossi et de Lorenzo qui sont les références chez Yamaha. En revanche, en rythme, il faudrait qu’il gagne deux ou trois dixièmes pour être capable de se bagarrer avec eux et éventuellement pouvoir prétendre à un podium.

On doit donc encore bosser pour tenter de stabiliser les performances sur l’ensemble de la course.

Deux choses devraient nous aider dans notre recherche de performance. La première est qu’on a pu remarquer qu’il était beaucoup plus performant avec les pneus usés, la seconde est que cette saison, nous aurons la seamless utilisée par Rossi et Lorenzo en 2014 c’est-à-dire disponible depuis le premier rapport et pas uniquement depuis le second comme celle que nous avions la saison dernière.

GPi : Quant à Bradley Smith, son résultat n’est-il pas un peu décevant ?

H.P. : Bradley est un petit poil derrière en temps mais comme vous le savez, les pilotes font un peu tout et n’importe quoi en dehors des Grand Prix et 8 jours avant Sepang, il s’est occasionné une grosse grosse entorse en faisant du motocross.

Il a laissé le pied dans une ornière mais heureusement, il n’y a eu ni fracture, ni ligaments arrachés. Ceci dit, c’était vraiment limite ! Il a tout de même les ligaments abîmés, une grosse entorse et il avait encore beaucoup de sang dans la cheville. Malgré tout, il a tenu à être présent, à faire beaucoup de tours mais c’est certain que sur la distance, ça lui a posé pas mal de problèmes.

On va donc attendre les seconds essais pour nous prononcer mais je pense qu’en rythme, il n’était pas trop mal. Il était en tout cas beaucoup plus proche de Pol que ce que le chrono sur un tour peut le laisser penser.

GPi : A Sepang, avec une moto qui n’avait finalement pas réellement évolué, on a pu voir que les pilotes Ducati, que ce soit Iannone ou Dovizioso, étaient capables de concurrencer les pilotes Tech3. Avantage de l’extra soft ou réelle menace ?

H.P. : C’est clair que sur un tour, l’extra soft aide sensiblement la Ducati mais bon, il ne faut pas se voiler la face, le cinquième mondial en 2014 il s’appelle Andrea Dovizioso !

On a eu Andrea chez nous en 2012, j’ai énormément de respect pour ce pilote. Il a été pilote officiel Honda, il a roulé sur des Yamaha officielles chez nous, il en est désormais à sa troisième saison chez Ducati…c’est un pilote complet, il connaît le MotoGP, c’est un excellent technicien, il est extrêmement fin et puis surtout il est malin comme vous ne pourriez pas l’imaginer !

Alors, dire que les Ducati ne seront pas une menace, reviendrait à manquer de lucidité et à se montrer prétentieux  surtout qu’ils n’ont pas encore eu la GP15 à leur disposition.

Après, la GP15 ne va peut-être pas leur faire gagner une seconde mais ils ont deux excellents pilotes avec Dovi et Iannone qui, la saison passée, a laissé entrevoir de très belles choses.

Ensuite il y a ce fameux extra soft qui leur donne un avantage significatif sur un tour et donc sur les qualifications. C’est évident que les Ducati vont nous embêter. Mais voilà, c’est la course, personne ne vous offre sa place, vous devez battre tout le monde.

La saison dernière, on a beaucoup parlé des avantages donnés à Ducati en contrepartie de l’utilisation de l’ECU standard mais malgré les extra soft, malgré le nombre plus élevé de moteur et malgré l’essence supplémentaire embarquée, les quatre premiers au championnat sont restés Marquez, Rossi, Pedrosa et Lorenzo !

On peut donc être devant mais on doit progresser en pilotage cependant c’est évident que Dovi et Iannone seront très très dangereux ».     

Rendez-vous est donc d’ores et déjà pris demain pour la seconde partie de l’interview.

Stay tuned !

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