Alors Hervé Poncharal, Loris Baz sera-t-il le prochain français à relever le défi Tech3 ?



Alors que la première salve d’essais pour la catégorie reine a eu lieu du 4 au 6 février sur le circuit de Sepang en Malaisie et que le chrono ne nous a pas apporté grand-chose de nouveau par rapport à la réalité de la piste qui prévalait en 2014, nous avons pris le temps de décortiquer les résultats en compagnie d’Hervé Poncharal.

Il en ressort une très longue interview au cours de laquelle nous avons abordé les sujets les plus divers comme par exemple Cal Crutchlow et son départ de chez Ducati, Valentino Rossi, les pilotes Tech3 (lire ici), la réglementation 2016, l’arrivée d’Aprilia et le retour de Suzuki, Fabio Quartararo (lire ici), les pronostics pour le championnat…

Vu la longueur de l’entretien et afin de vous en faciliter la lecture, nous avons décidé de vous livrer des extraits tout au long de la semaine que nous essayerons de publier à 19h30.

Hier, nous vous avons délivré la partie concernant les pilotes Tech3, Pol Espargaro et Bradley Smith et la menace que représentent pour eux les pilotes Ducati.

Aujourd’hui nous abordons un tout autre sujet puisqu’en tant que team manager français d’une écurie française, nous ne pouvions pas ne pas lui demander son point de vue sur les grands débuts de Loris Baz en Grand Prix.

Désormais engagé chez Forward Racing, le grand français a surpris pas mal d’observateurs avec des chronos encourageants et prometteurs au guidon de la Yamaha Open.

De bons résultats qui poussent déjà certaines personnes à le voir signer chez Tech3 la saison prochaine.

Nous avons donc directement posé la question au principal intéressé. Pour rappel, Loris Baz a clôturé les essais de Sepang à la 19ème place à 2.757 secondes du temps stratosphérique de Marquez mais à seulement une seconde du top10 ou mieux encore, à un dixième de Nicky Hayden.   

GPi : Alors Hervé, la question qui fâche. Beaucoup de monde espère que Loris Baz fera un an chez Forward avant de signer chez Tech3 et ainsi devenir le cinquième français à défendre tes couleurs après Jacques, Guintoli, Di Meglio et Rossi. Qu’en pense le team manager ?

« H.P. : Hahahaha, pourquoi veux-tu que ça me fâche ?

GPi : Peut-être pas te fâcher mais je peux comprendre que tu n’aies pas envie de répondre à ça maintenant ?

H.P. : Evidemment que je ne vais pas répondre à cette question à ce moment ci de l’année. Pour le moment, Loris a un contrat avec Forward et moi j’ai un contrat avec Smith et Espargaro pour 2015 et donc me lancer à mettre des noms pour 2016 avant même que le championnat ne soit commencé ça ne voudrait rien dire du tout et ça ne pourrait que contribuer à mettre des tensions dans mon équipe et dans leur équipe. Je suis très heureux de voir Loris arriver en MotoGP et je pense que ce qu’il a fait à Sepang est loin d’être ridicule, c’est même très bien, il a bien progressé pendant ces trois jours.

Or, ce n’est pas facile. Je me souviens de certains pilotes arrivant du Superbike et notamment Toseland, lorsque tu dois t’adapter aux pneus qui sont très différents de ceux utilisés en Superbike et qui impliquent un pilotage différent, aux freins carbone qui induisent une technique de freinage radicalement différente…quand on prend tous ces paramètres qu’il avait à gérer, qui plus est sur un circuit aussi difficile que celui de Sepang et qu’on voit le temps qu’il a réalisé, on peut dire qu’il a extrêmement bien travaillé. Il est largement dans le tableau de marche.

Mais à ce stade, que puis-je dire d’autre ? C’est beaucoup trop tôt !

Tu sais aussi que moi, je prendrai ma décision quant au line up 2016 en partenariat avec Yamaha, même si je ne suis pas obligé mais je veux les impliquer et aussi avec mes sponsors principaux qui sont Monster, le groupe Black & Decker et Motul.

On discutera de beaucoup de choses et il faudra qu’il y ait consensus. Mais voilà, ce qu’il a fait c’est vraiment pas mal du tout ! Il termine presque trois dixièmes devant Jack Miller, il n’est qu’à un dixième de Nicky Hayden et à moins de quatre de Scott Redding qui a été vice-champion du Monde Moto2 et qui roule sur une moto d’usine…mission plus qu’effectuée !

Avec Tech3, nous sommes une équipe française, installée en France et dont la majorité des gens qui bossent avec nous sont français mais nous n’avons pas systématiquement à défendre le drapeau bleu blanc rouge. Je ne suis pas mandaté par le gouvernement français, par la fédération française ou par un sponsor principal français. Nous, nous devons avoir les pilotes les plus performants possible en tenant compte de nos budgets parce qu’évidemment, si demain on me donne 20 millions d’euros pour former mon line-up, j’essayerai certainement d’avoir Rossi et Marquez. Au final, nous sommes une équipe basée en France mais internationale et le but est de faire du mieux possible avec les pilotes qui cadrent le mieux possible avec la politique de Yamaha et de mes partenaires…et de mon porte-monnaie (rires).

Pour en revenir à Loris, je ne peux que le féliciter pour ses résultats mais aussi pour son attitude. Ce n’est pas le mec du genre à rouler les mécaniques, c’est un bosseur qui travaille dans son coin, il a une approche humble et sur la piste, il fait ce qu’il doit faire ».            

Stay tuned !

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