Andrea Iannone : « On fait tous des bêtises, mais cette fois non »



« On a franchi le premier obstacle, mais c’est maintenant l’étape décisive qui nous attend. J’ai confiance même si je sais que ce ne sera pas facile. » Andrea Iannone (Aprilia Racing Team Gresini)

La Cour internationale discipline de la Fédération internationale de motocyclisme (FIM) a condamné Andrea Iannone à 18 mois de suspension, pour un contrôle positif à une substance interdite en marge du Grand Prix de Malaisie 2019 (détails ici). Dans le même temps, cette décision s’accompagne d’une acceptation, de la part des juges, des explications fournies par la défense d’Andrea Iannone : l’Italien a été contaminé par voie alimentaire et de manière involontaire.

Une reconnaissance qui laisse le camp Aprilia « déconcerté », son PDG, Massimo Rivola, ayant dénoncé une peine qui « n’a aucun sens ». Mais elle permet aussi d’entretenir l’espoir d’une issue positive en cas d’appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Andrea Iannone a fait le point sur sa situation dans les colonnes de Motosprint.

La défense d’Andrea Iannone prépare un appel devant le TAS. « Je me sens heureux et j’ai conscience que ce n’est pas terminé. On a franchi le premier obstacle, mais c’est maintenant l’étape décisive qui nous attend. J’ai une grande confiance même si je sais parfaitement que ce ne sera pas facile. J’affronterai ça la plus grande détermination. »

Un sentiment d’injustice l’anime. « Cela aurait été plus facile à accepter si j’avais été coupable. J’aurais dit ‘coupable’, demandé pardon avec humilité et je serais rentré chez moi. On fait tous des bêtises et j’en ai fait, mais cette fois non. Si on inflige 25 ans de prison à un innocent, c’est dur à accepter, et c’est comme ça que je me suis senti. Comme un assassin qui n’aurait tué personne. »

Un moment difficile avec du ‘positif’ malgré tout. « Je ne sais pas comment ça va se terminer, mais je n’ai jamais pensé à m’arrêter. J’ai pensé à d’autres choses dans les moments difficiles, oui. Quand je souffre, mon caractère fait que j’ai tendance à m’éloigner de ceux qui me sont proches. J’ai passé des journées chez moi, à Lugano, seul, sans parler à personne, par choix parce que je sais que je peux devenir très difficile à vivre dans ces moments-là, et je n’aime pas ça.

J’ai réussi à prendre des décisions positives et je crois qu’au final, malgré l’aspect négatif, la souffrance m’a aidé à grandir et mûrir. J’ai repris beaucoup de forces auprès de mes fans, car les gens ont commencé à vraiment me soutenir. Je ne m’attendais pas à un soutien aussi grand et ça m’a aidé à ne pas baisser les bras. J’ai vécu des journées pas faciles, des insomnies, des moments où je me retrouvais à parler au téléphone à 5h du matin avec mon avocat. C’est une personne sensible, qui me considère comme un fils. Cette histoire l’a profondément touché. »

Un manque de soutien des autres pilotes. « Je n’attends pas beaucoup de réponses des autres pilotes, mais je peux assurer que quand on reprendra la course, à la Commision de sécurité, je vais demander une modification du règlement. C’est un sujet que nous devons affronter, je le dis pour le bien de tous, en pensant aux autres. Ça me déplaît d’avoir eu à y passer en premier. (…) Seuls Jorge Lorenzo et Maverick Viñales m’ont téléphoné, et ce sont peut-être les deux pilotes avec qui j’ai le moins de relations par rapport aux autres. Mais je ne veux pas faire de polémique. »

Aprilia à ses côtés depuis le début. « Heureusement, j’avais autour de moi des personnes qui m’ont compris et soutenu. On a monté une équipe très forte avec l’avocat De Rensis, des experts scientifiques et des personnes d’Aprilia pour faire face au mieux. Je suis très fier et content de cette équipe, car le travail n’était pas facile. (…) Je suis très reconnaissant envers Aprilia. Ils m’ont soutenu à chaque moment, ils ont toujours cru en mon innocence. Pour eux cela aurait été plus facile de me mettre à la porte et recruter un autre pilote, et il y en a plus d’un qui voulaient ma place. Cela m’aurait laissé seul pour affronter ça, ce qui aurait rendu les choses beaucoup plus difficiles. »

Aprilia lui a proposé de rester pendant le test du Qatar, après la présentation de l’équipe. Un geste qu’il valorise. « J’ai refusé de rester et je suis rentré dans l’après-midi. Voir cette moto avec tant de potentiel et ne pas pouvoir la piloter fut une vraie souffrance. C’était un peu voir voir ta femme au lit avec un autre homme devant tes propres yeux. C’est le pire qui peut t’arriver, j’avais un peu de jalousie et j’ai préféré m’en aller. Comme on dit dans ces cas-là, loin des yeux, loin du coeur. »

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Informations concernant le coronavirus et les consignes sanitaires à respecter disponibles ici

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