Autriche, Agostini : « Non, Zarco n’est pas un assassin »



Giacomo Agostini ne croit pas que Johann Zarco mérite la salve de critiques qu’il essuie, après l’accident du Grand Prix d’Autriche. Le Français a fait « une erreur » mais « il a vu un espace et y est passé, ce que tout pilote ferait ». 

Nous reportons ci-dessous ce qu’il faut retenir de l’analyse de Giacomo Agostini dans La Gazzetta dello Sport, sans modifier ses propos.

L’accident : « L’incident entre Zarco et Morbidelli a été très mauvais, mais je n’aime pas que soient utilisés certains mots, comme ‘demi-assassin’. J’ai lu que certains disent que Zarco a freiné exprès, mais je ne crois pas que quelqu’un soit assez inconscient pour le faire, parce qu’à ce moment on met sa vie et celle des autres en danger. »

« D’après les images, j’en déduis que Zarco a vu un espace et y est passé, ce que tout pilote ferait et fait, sans trop se demander ce que fera l’autre. Si une porte s’ouvre, il faut s’attendre à une attaque. C’est pour ça que je n’étais pas d’accord avec la pénalité de Brno après le contact avec Espargaro. Je veux voir si Freddie Spencer, qui dirige aujourd’hui les commissaires MotoGP, n’aurait pas fait pareil à son époque. Les pilotes ont toujours été agressifs. Si tu veux gagner, tu dois être agressif. Un pilote trop gentleman ou prudent ne sera jamais champion du monde. »

« Zarco semblait avoir plus de vitesse, mais il a ensuite dû écarter et c’est là son erreur. Même si Morbidelli ne s’attendait pas à se retrouver d’un coup devant lui et trouver une meilleure trajectoire, il aurait peut-être pu retarder le freinage. Soyons clairs, je ne veux pas disculper Zarco, nous avons besoin de respect et d’attention, mais je ne dis pas que c’est un criminel. Même s’il n’y a pas de sanction, la Direction de course doit convoquer les deux et clarifier les choses. »

« C’est notre travail » : « Quelqu’un, là-haut, a fait éviter un massacre dimanche. Je crois que même en le calculant avec un ordinateur, c’est quasiment impossible que quelque chose comme ça se passe, que les motos de Morbidelli et Zarco passent entre les Yamaha de Viñales et Rossi sans que personne ne soit touché. Si ça s’était terminé d’une autre manière, ça aurait été un coup dur pour notre sport. Quand j’ai vu les images j’ai été impressionné, et j’en ai vu beaucoup des comme ça dans ma carrière, mais si tu essaies de penser à ce qu’une masse de 150 kg de métal peut faire en te heurtant à cette vitesse… »

« Valentino a dit après la course que recommencer immédiatement était la bonne chose à faire pour oublier, au moins sur l’instant. Parce qu’après, c’est inévitable, le soir avant de t’endormir, ou le jour d’après, avec la tête plus claire, tu penses à tout ce qu’il s’est passé. Malheureusement – et ce n’est pas une question de courage ou d’inconscience –, à mon époque nous étions ‘habitués’, ou peut-être vaut-il mieux dire prédisposés, à vivre ces malheurs. Après un accident, je suis passé entre une tête et un corps. Ça peut sembler cynique mais c’est notre travail, et notre passion. »

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