Cas Iannone : « Ma crainte est que l’AMA veuille faire une sanction exemplaire »



« Nous souffrons de manière significative. Si cette saison venait à être ruinée, nous ne pouvons pas garantir que cela n’affectera pas également la prochaine. » Massimo Rivola (PDG d’Aprilia) 

Qui portera les couleurs de l’Aprilia Racing Team Gresini en 2021 ? La réponse n’est pas seulement entre les mains du constructeur italien ; elle dépend aussi d’un verdict du Tribunal arbitral du sport (TAS). Celui-ci doit se prononcer sur le dossier Andrea Iannone, suspendu jusqu’à juin 2021 en raison d’un contrôle positif à une substance dopante. Si cette sanction est confirmée, alors Aprilia devra lui trouver un remplaçant.

Dans le cas contraire, la firme de Noale essaiera de conserver Andrea Iannone aux côtés de son coéquipier, Aleix Espargaro. « Nous sommes contents avec nos deux pilotes actuels, même si nous ne savons pas ce qu’il va arriver dans le futur, en raison de la situation de Iannone, répond à Gpone le patron d’Aprilia Racing, Massimo Rivola, quand on lui parle de Danilo Petrucci, également en quête d’un guidon. Pour le moment notre intention est de garder Andrea et Aleix. »

La défense d’Andrea Iannone a bon espoir d’obtenir la relaxe, parce que les juges qui ont condamné le pilote italien ont reconnu que le produit dopant a été consommée de manière involontaire. Le scénario défendu est qu’il a mangé, dans un hôtel où il était en marge d’un Grand Prix, une viande contaminée à cette substance interdite. Mais Massimo Rivola est plus méfiant, dénonçant une procédure anormalement longue et sévère :

« Dans tous les cas de dopage, les fédérations ont toujours été plus rapides que ce qu’il s’est passé avec Andrea. En première instance, le pilote a fait savoir que ce n’était pas sa faute ; néanmoins, l’accusation a demandé quatre ans de suspension. Comme pour le TAS, nous attendions de savoir qui était le président des juges, mais pour l’instant il n’y a eu aucune communication. Ma crainte est que l’Agence mondiale antidopage (AMA) n’essaie de faire une punition exemplaire pour montrer son importance, et que la Fédération internationale de motocyclisme (FIM) soit spectatrice. Tout cela est assez effrayant, car nous parlons d’une suspension de 18 mois, mais je suis d’avis que l’AMA va demander quatre ans pour Andrea. »

Avec la paralysie du championnat à cause de l’épidémie de coronavirus, Andrea Iannone n’a pour l’instant manqué aucun Grand Prix. La saison 2020 devrait repartir le week-end du 19 juillet. L’appel du pilote Aprilia sera-t-il traité d’ici là ? Pas sûr. « Je m’attends à ce que l’audience soit au plus tard à la fin du mois d’août, pas plus tard », commente le patron d’Aprilia.

Il estime « qu’un minimum de décence est nécessaire », parce que cette situation n’affecte pas seulement le pilote, mais aussi l’équipe et le constructeur. Alors qu’Aprilia a fourni de gros efforts et s’est donné les moyens de révolutionner son prototype RS-GP, Andrea Iannone ne peut pas le piloter et continuer à le développer. De plus, cela laisse l’équipe sans un pilote potentiellement capable d’obtenir de bons résultats. « Nous souffrons de manière significative, aussi parce que nous voulons aller de l’avant avec Andrea. Si cette saison venait à être ruinée, nous ne pouvons pas garantir que cela n’affectera pas non plus la prochaine », s’inquiète Massimo Rivola.

Si la situation d’Andrea Iannone est compliquée, de l’autre côté du box, les choses vont mieux. Après s’être demandé s’il allait partir à la retraite, Aleix Espargaro a décidé de continuer, motivé par les performances de sa nouvelle moto. Arrivé chez Aprilia en 2017, il est l’un des artisans de la RS-GP 2020. La prolongation de son contrat est en bonne voie, et le constructeur italien aura bientôt bouclé le dossier.

« Nous voulons le garder avec nous, il est pour nous le capitaine et mérite cette reconnaissance. Nous sommes proches de finaliser le deal de son renouvellement, et je suis de ceux qui pensent qu’il sera capable d’obtenir le podium qu’il espère. Il a fait du travail important avec la moto de 2020, qui peut être considérée comme plus facile à piloter que la précédente. Le moteur a changé de la RS-GP, et tout lui plaît beaucoup plus. »

Aleix Espargaro sera de retour sur l’Aprilia en juin à Misano, pour d’ultimes tests avant que les packages moteur et aérodynamique de 2020 ne soient validés. Un travail également mené par le pilote d’essai, Bradley Smith, qui remplacera Andrea Iannone en 2020 si l’Italien n’est pas autorisé à rouler.

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