« Ce qu’Agostini devrait comprendre… » : Lorenzo répond à Ago



« Recourir au ‘Moi à mon époque…’ pour valoriser la capacité d’un champion de l’époque moderne, me semble indigne d’une légende comme vous. » Jorge Lorenzo (pilote d’essai Yamaha)

La joute verbale engagée entre Giacomo Agostini et Jorge Lorenzo continue. Pour rappel, elle a commencé lorsque Giacomo Agostini a expliqué que les défis relevés par Jorge Lorenzo chez Ducati et Honda s’étaient soldés par des échecs. Ce que le pilote espagnol n’a pas apprécié, répondant à l’Italien que « c’est facile de parler quand tu n’es pas monté sur une moto depuis cinquante ans ».

Puis, Giacomo Agostini a réitéré ses propos en expliquant que trois victoires chez Ducati, au regard de la « fortune » qui lui a été versée, ce n’était pas assez (lire ici). Et que de la même manière qu’il avait félicité le quintuple champion du monde pour ses victoires, il se sentait « libre de le critiquer quand il a échoué ».

Jorge Lorenzo a répondu via un texte publié directement sur ses réseaux sociaux. Il estime que Giacomo Agostini doit arrêter de penser avec les mots de son époque, mais avec ceux du XXIe siècle : là où le niveau en MotoGP s’est resserré, et où chaque détail compte. D’où le temps et les difficultés qui ont été les siennes avant de pouvoir finalement trouver le chemin du succès avec Ducati.

Voici le texte traduit en français :

« J’espère qu’un jour je n’aurai pas à faire face aux nouvelles générations en restant fossilisé dans les souvenirs de mes victoires, comparant le futur avec mon passé et disant : ‘Moi, en mon temps…’. Je crois que ce que monsieur Giacomo Agostini devrait comprendre, c’est que chaque époque du motocyclisme a son histoire, chaque champion a son importance dans le contexte dans lequel il a vécu, par rapport à ses rivaux comme à la technologie.

Par exemple, même si dans les années 60 on roulait sur des circuits avec un niveau de sécurité très bas, souvent la différence entre la moto la plus rapide et la plus lente était d’environ 10 secondes. Certains pilotes bénéficiaient d’un tel avantage qu’ils pouvaient se permettre le luxe de rouler (et gagner) dans plusieurs catégories la même année.

Même si la technologie avançait, elle était encore à des années lumières de l’actuelle (on parle de motos avec des roues à rayons et des freins à tambour). Ces dernières décennies, les circuits comme la technologie ont énormément avancé. Avec l’Unité de contrôle électronique (ECU, NDLR) et le fournisseur unique de pneumatiques, on a atteint un grand équilibre entre toutes les motos. Une marque cherche chaque petit détail qui lui fera battre ses rivales. et beaucoup de victoires s’obtiennent pour seulement quelques millièmes…

Quand après 45 minutes de course une seconde sépare le premier du cinquième, cela signifie que chaque petit détail est nécessaire pour obtenir un avantage et pouvoir gagner. Dans un tel contexte, des détails comme un composant aérodynamique, un réglage sur la carte électronique ou les courbes d’un réservoir deviennent déterminants pour y arriver.

À l’inverse, quand la différence se mesure en dizaines de secondes, minutes ou même tours, les petits détails deviennent insignifiants. Et oui, (là) on peut se satisfaire d’une ergonomie imparfaite.

Et ceci, cher Giacomo, est une vérité irréfutable.

C’est pour ça que, quand quelqu’un (qui connait les circonstances et les faits) affirme que je n’ai pas obtenu de résultats avec Ducati, je ne me lasse pas d’être surpris.

Avec tout le respect qui est dû, je crois que recourir au ‘Moi à mon époque’ ou au pur ‘résultadisme’ pour valoriser la capacité d’un champion de l’époque moderne, me semble une banalité indigne d’une légende comme vous. »

Ago répond à Lorenzo : « Ducati a payé une fortune, pour combien de victoires ? »

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