« C’est une blague », « ça va être très dangereux » : Austin sous le feu des critiques



Les pilotes MotoGP ont trouvé un circuit d’Austin encore plus bosselé et fissuré qu’auparavant, ce vendredi. Tous critiquent l’état de la piste, soulignent de sérieux problèmes de sécurité, et s’inquiètent des conséquences que cela pourrait avoir en course.

Ceux qui ont vu les images des premières séances d’essais du Grand Prix des Amériques l’auront noté : les motos bougent dans tous les sens. Le circuit d’Austin a toujours été critiqué pour ses bosses, générées par l’instabilité du sol où il a été installé, mais cette édition 2021 semble pire que les précédentes. Vendredi soir, tous les concurrents avaient un mot à dire là-dessus, et n’ont pas été tendres.

Inutile de vous proposer les déclarations des 21 pilotes en lice en MotoGP ce week-end, car comme le dit bien Jorge Martin, tous vont plus ou moins dire la même chose. Nous avons donc procédé à une sélection de propos de certains d’entre eux, qui reprennent les thématiques principales : les sensations en roulant ici, la dangerosité que cela implique, les endroits critiques, l’importance de le soulever à la Commission de sécurité… et l’impression que si cela ne change pas, le paddock ne reviendra pas en 2022.

Fabio Quartararo : « C’est comme le circuit où j’ai fait du motocross la dernière fois, mais en allant bien plus vite et avec une MotoGP. Nous avions eu de mauvaises sensation il y a deux ans, mais là c’est pire. Je ne sais pas vraiment quoi dire car on dirait une blague. »

« Courir est acceptable, mais pour moi ce n’est pas une piste pour le MotoGP, sinon pour s’entraîner. Ça peut être bien pour un tour, mais pas 20 tours. Il va y avoir beaucoup de moments violents. C’est très critique dans les virages 1, 2, 3 et 10. (…) Normalement je ne vais pas aux réunions de la Commission de sécurité, mais je le fais s’il y a quelque chose de sérieux. Cette fois j’irai. »

Aleix Espargaro : « C’est une blague. Ce circuit est vraiment dangereux et on ne devrait pas y rouler. C’es un genre de cauchemar, quelque chose de très dangereux, et je ne veux pas penser à ce qui pourrait arriver quand, dimanche, vingt motos vont partir avec le réservoir plein et aborder les nids-de-poule du premier secteur. (…) On ne devrait pas rouler ici. Avoir un circuit comme ça au calendrier MotoGP n’est pas acceptable. »

Iker Lecuona : « C’est le pire circuit où j’ai roulé dans ma vie. C’est dangereux, très dangereux. Tu peux chuter à tous les tours, dans tous les virages. C’est comme monter à cheval. C’est très, très dangereux. Jeudi j’ai dit à mon équipe que je ne voulais pas aller à la Commission de sécurité, mais finalement je leur ai dit d’annuler le kiné, que je devais y aller car rouler comme ça est très dangereux. »

Valentino Rossi : « La piste me plaît, aux autres aussi, mais il y a trop de fissures. C’est généralement comme ça aux États-Unis, mais nous leur avons dit des centaines de fois qu’il fallait refaire l’asphalte. Les virages 2, 3, 4 et 10 sont terribles. Ils ont amélioré le virage 18 et la ligne droite du fond, mais le reste est pire qu’en 2019. »

Andrea Dovizioso : « Mes entraînements en motocross vont m’être utiles à Austin (ironie). C’est mal d’avoir une piste dans cet état. C’est un circuit spécial, mais il est clair qu’il y a un problème dans le sol sous l’asphalte. Le point principal ne concerne pas les trous, mais le fait que le sol bouge et que cela a créé de nombreux creux. Le virage 10 est très, très dangereux. Dans les autres, on peut apprendre où passer et changer ses trajectoires. »

« Ce serait dommage de ne pas courir ou revenir ici, mais il y a des problèmes de base qui ne peuvent pas être améliorés. Il y a une limite au travail qui peut être fait. Ce n’est pas une question d’argent ; si le sol bouge sous l’asphalte, le problème se reproduira. »

Pol Espargaro : « Ce qui me met en colère est que nous avons eu une Commission de sécurité avant que le circuit soit travaillé, parce que nous avions eu ce problème. Le sous-sol de ce circuit bouge beaucoup, génère des vagues qui font que le bitume se casse et est fissuré de partout. Je me sens mal d’être critique car nous avions tous tr`ds envie de rouler ici, ce sont les États-Unis et les fans américains vivent les sports mécaniques, mais ce circuit n’est pas au niveau du mondial MotoGP, ni de la F1. »

« J’ai le cou et les poignets détruits, ces motos ne sont pas des motos de série, elles son très puissantes et dures, n’ont pas une suspension pour absorber ces trous. Si faire quatre tours consécutifs es très difficile, imaginez une course entière, en plus de la chaleur et de l’humidité. Je suis quelqu’un qui s’entraîne beaucoup et je suis physiquement prêt, mais ici, rallier l’arrivée sera difficile. »

« Finir la course sera difficile physiquement, mais techniquement c’est une odyssée, car c’est impossible de faire deux fois le même tour. La situation va empirer en course car nous serons tous proches. Avec le réservoir plein, les nerfs de la course, des pneus neufs et tous les pilotes ensemble, ça va être très dangereux. Je ne veux pas qu’il arrive un malheur, mais avec les motos qui bougent à ce niveau et en étant tous ensemble, ça va être difficile à gérer. »

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