Chez Tech3, c’est « l’hiver de tous les challenges »



Changement de constructeur, de sponsors, de pilotes… La structure Tech3 ouvre la première page d’un nouveau chapitre de son histoire. Le boss, Hervé Poncharal, en a conscience. Il l’a expliqué dans un long entretien donné à MotoGP.com. En voici les meilleurs passages.

Les premiers essais hivernaux : « Nous avions tous hâte d’être à Valencia. Nous n’avons pas énormément roulé, car la piste a longtemps été humide et les pilotes n’avaient qu’une moto ; la moindre intervention les clouait systématiquement au box. On a eu l’impression d’avoir à peine effleuré ce nouveau chapitre, du coup on attendait avec impatience Jerez. Et force est de constater que ce test fut beaucoup plus constructif. Nous avons bien progressé. Nous sommes conscients qu’il y a encore du chemin à parcourir pour envisager de se battre dans le top-5. Il faut qu’on puisse davantage rouler, pour que les pilotes adaptent leur style et que le staff technique comprenne parfaitement cette RC16. C’est comme ça qu’on parviendra à en tirer sa quintessence.

D’autre part, la moto devrait désormais évoluer plus rapidement, compte tenu du fait qu’il y a non plus deux, mais 4 pilotes pour leur faire remonter un feedback. Des pilotes entourés qui plus est de personnes en provenance d’autres constructeurs… de chez Yamaha et de chez Honda, avec l’arrivée de Dani Pedrosa au poste de pilote essayeur ! En tout cas, ça fait vraiment chaud au cœur de faire partie d’un tel projet, de voir autant de gens impliqués et attentifs à nos commentaires. »

Changement de constructeur : « Nous ne partons pas complètement dans l’inconnu pour ce qui est de l’ECU, des pneus ou des freins… Mais c’est clair que la RC16 a un châssis tubulaire acier, en parallèle de son V4 ; alors que celui de la M1 est en aluminium et que son moteur est un quatre cylindres en ligne. Les ingénieurs ont une manière de travailler différente avec l’électronique. Autant de choses auxquelles il va falloir s’adapter ! Cette Yamaha, on la connaissait sur le bout des doigt Rien qu’en écoutant le pilote, on savait quelle direction suivre au niveau réglages. Le but étant de pouvoir faire pareil avec la KTM et de façon réactive, car l’air de rien les séances sont courtes.

Pour mieux appréhender cette moto, mieux vaut donc enchaîner les tours. C’est une phase importante. KTM a décidé de mettre à profit ses concessions en faisant rouler ses quatre titulaires les 1, 2 et 3 février à Sepang, en plus des 6, 7 et 8 ; un shakedown d’ordinaire réservé aux pilotes essayeurs. Ça nous aidera à mieux cerner cette moto, sachant que Hafizh et Miguel auront cette fois le deuxième prototype que nous venons d’assembler. Tout devrait ainsi aller beaucoup plus vite. »

Formation chez KTM : « Tout s’est très bien passé. Il y avait plein de choses à découvrir d’un point de vue technique, et c’était l’occasion de faire connaissance avec tous ces gens qui travaillent d’arrache-pied à l’usine, qui n’étaient pas forcément présents lors des tests et qui ont besoin de nos commentaires pour faire évoluer la moto. Les équipes d’Espargaró et de Zarco étaient également présentes. Ensemble, nous avons assemblé la deuxième moto sans pression du temps, tout en échangeant. On ne peut être qu’impressionnés quand on voit l’infrastructure, l’investissement qu’ils ont mis dans ce projet… Ils ont envie de bien faire et se donnent les moyens de réussir ! »

« L’hiver de tous les challenges » : « On passe de Yamaha à KTM, de Monster à Red Bull, de Motul à Elf. Bref, il faut tout refaire : l’aménagement du box, les camions, les motos, les boîtes à outils… Ça paraît un détail comme ça, mais en réalité c’est énorme. Et comme nous n’avons pas des moyens illimités, ce sont souvent les mêmes personnes en interne qui sont mises à contribution. Concernant l’hospitality, la Red Bull Energy Station devait au départ accueillir l’intégralité de la famille Red Bull–KTM, mais ça fait beaucoup de monde. Cette structure aurait été un peu surutilisée ! Nous en avons discuté avec Pit Beirer et il a finalement été convenu qu’elle serait réservée en priorité à l’équipe technique MotoGP/Moto2. Nous aurons la structure que vous connaissez, qui sera peut-être dédiée davantage aux autres partenaires, à des opérations spécifiques KTM… de telle sorte à faire plus de réceptif. »

Miguel Oliveira : « Avec Miguel on se fréquentait un peu, mais on apprend à connaître le pilote quand on commence à travailler avec lui. De l’extérieur, il semble plutôt réservé, pour ne pas dire timide, alors qu’en fait c’est quelqu’un d’assez ouvert, avec un certain sens de l’humour. Il a même commencé à apprendre le Français et il s’en sort déjà très bien ! C’est également un pilote intelligent, pointu. On sait ce dont il est capable, on l’a bien vu ces dernières années que ça soit en Moto3 ou en Moto2. Il jouait le titre face à Bagnaia jusqu’en Malaisie.

Quand on est rookie, il faut certainement plus de temps pour être performant sur une KTM, comparé à une Yamaha ou une Suzuki. De mémoire il était 1,5 seconde derrière Hafizh à Valence, mais à Jerez ils terminaient déjà dans les mêmes chronos, ce qui est encourageant, sachant qu’ils n’ont pas pu faire énormément de tours. On avait d’ailleurs demandé à Hafizh de rouler devant lui durant quelques tours et les deux ont joué le jeu. Je suis très content. »

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