Comment Zarco a gagné sa place chez Pramac



Johann Zarco sera pilote Pramac Racing en 2021, après une saison passée chez Esponsorama Racing. Récit d’une promotion chez Ducati que le Français est allé chercher à la force du poignet, se sortant d’une situation délicate où son avenir en MotoGP était menacé.

L’histoire de Johann Zarco et Ducati débute en novembre 2019, au moment où le Français, qui a quitté KTM un an plus tôt que prévu, cherche à sauver sa place en MotoGP. Appelé par Honda pour remplacer Takaaki Nakagami, blessé, sur les trois dernières courses de la saisson, il joue la carte à fond, espérant être sélectionné en cas de départ à la retraite de Jorge Lorenzo. Alex Marquez lui est finalement préféré au HRC. Mais dans le même temps, Ducati s’est rapproché de lui. Objectif des Rouges : faire signer Johann Zarco et l’intégrer à l’équipe Reale Avintia Racing.

À l’origine, le tricolore refuse. Les résultats et la situation du team andorran ne l’emballent pas. « Je veux une bonne équipe et une bonne moto, et pour moi Avintia n’est pas un top team, alors si je dois plus me perdre là-bas je [préfère] aller en Moto2, argue-t-il. Il faut un team équilibré qui te donne la possibilité de performer tous les week-ends, et Avintia ce n’est pas ça. Je ne critique personne, mais je ne veux pas refaire la même erreur qu’il y a un an en signant chez KTM. »

Mais Ducati pousse et arrive à faire changer d’avis Johann Zarco, grâce notamment à un renforcement du soutien fourni à Reale Avintia Racing. « Nous avons eu plusieurs meetings durant lesquels ils m’ont expliqué ce qu’ils pouvaient me mettre à disposition et ils ont su me convaincre. Ça m’a mis en confiance. Ils m’ont dit que le team Avintia allait complètement changer de statut », expliquera plus tard le double-champion du monde Moto2.

L’information selon laquelle Johann Zarco sera pilote Ducati chez Avintia nous parvient le 20 novembre, pendant le test de pré-saison 2020 de Valence, via une source chez Ducati. Sa signature est officiellement annoncée le 9 décembre, après que Karel Abraham, qui devait initialement rouler à cette place, ait été écarté de l’équipe.

Donner du temps au temps

« Rejouer le top-7 ou top-10 » est le premier objectif fixé par Johann Zarco. Mais le Français, monté sur 6 podiums en MotoGP lors de ses années Monster Yamaha Tech3, est ambitieux. Il pense déjà à la possibilité d’obtenir une Ducati officielle en 2021, à condition de montrer ce qu’il sait faire en 2020.

Ses premiers essais sont positifs. Il découvre la Ducati à Sepang, début février, et termine 17e du test, à seulement 6 dixièmes du meilleur temps. Celui de Losail se conclut à la 14e place. Johann Zarco n’est pas encore là où il veut être, mais il le répète : il sent que sa moto « a du potentiel », « peut gagner », mais qu’il va lui falloir un temps d’adaptation afin de comprendre et s’adapter au pilotage de la Desmosedici GP19.

L’épidémie de coronavirus freine les envies du pilote de Cannes, alors que les Grands Prix s’annulent les uns derrière les autres. Le déconfinement lui permet de montrer sa volonté enchaînant les roulages sur sa Ducati Panigale d’entraînement à Alès, Barcelone et même Misano.

Pendant ce temps, le mercato Ducatiste se met en place. Jack Miller est signé dans l’équipe officielle à la place de Danilo Petrucci ; pour le reste, tout reste ouvert. Ducati veut prolonger Andrea Dovizioso mais les choses se compliquent, tandis qu’il est demandé à Francesco Bagnaia de faire ses preuves pour garder sa place chez Pramac Racing. Johann Zarco voit là deux opportunités : le team officiel si Andrea Dovizioso s’en va, et une porte qui s’ouvre chez Pramac.

Les deux premiers Grands Prix de la saison, célébrés à Jerez en juillet, permettent au Français d’aller inscrire ses premiers points avec la GP19 (11e puis 9e). Il domine immédiatement son coéquipier Tito Rabat, mais n’est pas pour autant aussi rapide qu’il le souhaiterait. Les pièces du puzzle de la Desmosedici lui arrivent petit à petit en main, il lui faut maintenant les assembler.

Un été mouvementé

C’est chose faite une semaine plus tard, à Brno. Johann Zarco décroche en République-Tchèque une improbable pole position, la première de l’équipe Reale Avintia Racing. Le lendemain, il va chercher une superbe troisième place, dès son troisième départ avec la Ducati. Une première, là encore, pour son team. Et assurément de beaux points marqués pour l’avenir.

La belle histoire se complique toutefois au Grand Prix d’Autriche. Qualifié 9e, Johann Zarco s’accroche avec Franco Morbidelli dans un accident polémique, où il est mis en cause par les uns, défendu par les autres. En plus des critiques, le pilote Avintia se blesse au poignet et écopé d’une pénalité pour la course de Spielberg 2.

Poussé dans ses retranchements, Johann Zarco montre toute l’étendue de son courage ce week-end là. Il manque la première journée, en raison du temps d’attente qui doit être respecté pour son poignet opéré. Diminué, il fait son entrée en piste le samedi, où il va chercher une exceptionnelle première ligne en qualification (3e). Celle du courage et de la volonté, comme le seront les 2 points glanés en course le dimanche.

Les bonnes nouvelles (re)commencent alors à arriver. D’abord, la confirmation de sa prolongation chez Ducati en 2021. Ensuite, celle de sa promotion : il quittera l’équipe Reale Avintia Racing – devenue Esponsorama Racing –, donc sera soit dans l’équipe officielle Ducati, soit chez Pramac Racing. Cela signifie qu’il aura une moto plus évoluée, et plus de soutien de la part de Ducati.

Caps franchis, échelons gravis 

Johann Zarco est mis en concurrence avec Francesco Bagnaia pour le remplacement d’Andrea Dovizioso dans le Ducati Team. Mais Pecco, excellent à Jerez (7e puis 2e avant d’être victime d’une panne mécanique) puis blessé à Brno, fait un retour brillant à Misano. Il termine 2e du premier week-end de course, puis mène celui de Misano 2 avant de chuter à 7 tours de l’arrivée. Johann Zarco est lui plus en difficulté, terminant les deux manches 15e et 11e.

Francesco Bagnaia partait déjà avec un certain avantage – il est Italien et plus jeune – ; ses résultats de Misano achèvent de convaincre Ducati. Les Rouges ont prévu d’attendre la fin du Grand Prix de Catalogne pour se prononcer, mais informent que leur choix est déjà « à 99 % » fait. La nouvelle tombe le mercredi 30 septembre : Francesco Bagnaia au Ducati Team, Johann Zarco chez Pramac Racing.

Comme chez Esponsorama Racing, le Français sera le leader de l’équipe italienne, puisqu’il aura à ses côtés le rookie Jorge Martin. Ne pas intégrer le Ducati Team ne l’inquiète pas, car « les motos de l’équipe d’usine et celles de Pramac sont presque au même niveau, donc les deux sont une super option ». « Que ce soit Pramac ou l’équipe d’usine, je peux avoir le même objectif l’an prochain », se réjouissait-il mi-septembre. Mais avant d’en être là, « concentré sur notre performance avec mon Team Avintia Racing pour décrocher quelques podiums d’ici la fin de l’année ».

Johann Zarco : « Décrocher quelques podiums » avant de rejoindre Pramac

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