D’étranges rupteurs seraient à l’origine de la suspension de Viñales



Maverick Viñales a emmené sa Yamaha YZR-M1 au rupteur à plusieurs reprises pendant le Grand Prix de Styrie. Un comportement que Yamaha a jugé dangereux, à la fois pour sa propre mécanique et la sécurité des autres, qui serait à l’origine de la suspension imposée par le constructeur japonais.

L’un des mouvements les plus importants du Grand Prix d’Autriche a eu lieu avant même le début du week-end de compétition : la suspension, par Yamaha, de Maverick Viñales. L’Espagnol a été retiré de la grille de départ par son employeur, en raison d’une « opération irrégulière et inexpliquée », observée après « analyse approfondie de la télémétrie et des données » récoltées lors du Grand Prix de Styrie, dimanche dernier. Ses actions auraient pu causer « d’importants dommages au moteur de sa M1 », donc le mettre en danger lui, ainsi que les autres pilotes.

Rien de plus n’a encore filtré, mais les faits reprochés à Maverick Viñales se concentreraient sur les trois – voire quatre – derniers tours de la course. Bon dernier après avoir dû partir depuis la voie des stands, le Catalan se serait mis à mettre volontairement sa moto au rupteur, notamment en n’enclenchant par sa sixième vitesse.

Un extrait de son dernier tour a été publié sur MotoGP.com, et on y voit clairement le pilote Yamaha faire rugir son moteur de la sorte. Y compris dans la pit-lane, à son retour aux stands – il n’est pas allé franchir la ligne d’arrivée, préférant regagner directement son box.

Nous n’avons pas accès aux données dont parle Yamaha, mais celles de la course montrent une impressionnante chute de rythme dans les quatre derniers tours : de 1’25 au tour, Maverick Viñales est passé en 1’30.3, 1’31.8, 1’30.6 puis 1’37.3 à son retour aux stands. À titre de comparaison, les meilleurs pilotes Moto2 ont fini la course sous les 1’30 au tour.

Sa vitesse maximale est elle descendue à 301.6, 274.1, 287.2 puis à nouveau 287.2 km/h, alors qu’il a passé le reste du temps entre 305 km/h et 310 km/h (312,1 km/h pour sa vitesse de pointe la plus rapide de la course).

Reprenons maintenant les termes employés par Yamaha. Y-avait-il des risques « d’importants dommages au moteur de sa M1 » ? Oui, puisqu’on peut aller jusqu’à le casser – et il faut ici éviter les comparaisons hâtives avec les motos que vous pouvez trouver dans le commerce ; un prototype MotoGP n’est pas fait du même bois, et n’est pas conçu pour fonctionner de la même manière.

Peut-on parler de mise en danger des autres pilotes ? Si on se place dans le scénario selon lequel le moteur casse et que de l’huile se répand sur la piste, la réponse est oui. Ce serait en tout cas ainsi que le verrait Yamaha.

Aucune explication n’a été pour l’heure donnée par le principal intéressé. Au soir de la course, il s’était plaint de différents problèmes rencontrés sur la M1, notamment des témoins d’alerte ‘pit-lane’. Une interrogation domine : pourquoi a-t-il agi de la sorte ?

Chez Yamaha, son coéquipier Fabio Quartararo s’est dit « pas vraiment surpris. Je crois que beaucoup de personnes savent ce qu’il est arrivé. C’est difficile à dire, le mieux est de demander aux gens de Yamaha plutôt qu’à moi ».

Le Français a répété que la situation est « difficile à comprendre », d’autant plus qu’il qualifie la Yamaha de « fantastique. Toutes les motos peuvent progresser, il y a des endroits où nous voulons améliorer, mais il a gagné la première course de la saison (au Qatar). Il était loin, est revenu, a doublé, est parti, donc la moto fonctionne bien. On manque de certaines choses mais ce n’est pas dramatique, nous avons le potentiel pour jouer le podium ou au moins le top-5 (à chaque course) », a-t-il ajouté.

La suspension intervient alors que les tensions entre le pilote et la marque étaient déjà au plus haut. Fin juin, Maverick Viñales a décidé de mettre un terme à son contrat à l’issue de la saison en cours, et non pas en 2022 comme initialement prévu. Le week-end dernier, plusieurs critiques envers les performances de sa moto ont été formulées. Cette semaine, le Viñales Racing Team, dirigé par son père, a rompu l’accord avec Yamaha qui unissait les deux entités en championnat du monde Supersport 300.

Styrie, Viñales : « Si personne ne me dit ce qu’il se passe, je ne peux pas améliorer »

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[…] sur la piste. Lumière doit encore être faite sur ce qu’il s’est passé, mais ceci est ce qui est à notre connaissance à l’heure où sont écrites ces […]

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