Didier de Radiguès : « J’ai un lien particulier avec Spa-Francorchamps »



24h de Spa : J-22. Avec 14 podiums et 4 victoires dans les années 80, Didier de Radiguès reste le pilote belge le plus capé de l’histoire en Grand Prix. Il a peu roulé en endurance mais il a gagné les 24h de Spa en 1983, et se réjouit forcément du retour de cette épreuve mythique au calendrier du championnat du monde d’endurance.

GP Inside : Que deviens-tu Didier ?
Didier de Radiguès : « Je suis toujours resté dans le milieu de la moto, je m’occupe de mon école de pilotage, Didier de Radiguès Riding School, qui propose des stages en France et sur le circuit de Mettet, et je continue aussi depuis presque vingt ans les commentaires des Grand Prix moto pour la télévision belge. Je consacre également beaucoup de temps et d’énergie à l’art, qui m’a toujours passionné. Je fais des tableaux qui sont des compositions à base de plusieurs photos que je prends et que je travaille ensuite sur ordinateur. Il s’agit d’une vraie reconversion professionnelle puisque je fais pas mal d’expositions à l’étranger et que je vends mes oeuvres, c’est donc qu’elle plaise ! »

En tant que pilote belge, que penses-tu du retour des 24h de Spa ?
D.d.R. : « C’est évidemment une excellente nouvelle ! Les Grand Prix s’étaient arrêtés début 90 puis l’endurance en 2003 car le circuit était, à juste titre, considéré trop dangereux. Heureusement de lourds travaux d’aménagement ont été réalisés et des épreuves internationales peuvent revenir avec l’objectif, à terme, de retrouver le MotoGP. Bien sûr ici, en Belgique, tout le monde se réjouit du retour d’une épreuve de cette envergure et qui va fédérer les acteurs de la moto. Nous avons en plus la chance d’avoir un champion du monde belge avec Xavier Simeon, qui roule pour une équipe française, donc j’espère que les fans viendront en masse pour le soutenir car nous avons besoin des spectateurs pour que cette épreuve soit un succès. »

« J’ai un lien particulier avec Spa car j’y ai gagné un grand Prix 250cc en 83, j’ai remporté les 24h la même année et j’ai gagné aussi en voiture en 1997. Je n’ai jamais fait beaucoup d’endurance parce que j’étais pilote de Grand Prix, mais Serge Rosset, qui faisait rouler des Kawasaki, voulait faire un équipage avec des pilotes de GP, et je me suis donc retrouvé avec Thierry Espié et Jacques Cornu. C’était un coup d’essai pour nous mais on a gagné ! »

« J’en garde un très bon souvenir avec une super ambiance entre nous, mais je me souviens aussi l’état de fatigue dans lequel j’étais à l’arrivée. Je n’étais vraiment pas préparé à un tel effort, j’étais épuisé, j’avais les mains en sang mais j’étais très fier de ce qu’on avait réalisé ! Je me souviens d’un double relais la nuit où il y avait tellement de brouillard qu’on n’y voyait rien, alors je choisissais un repère dans les lignes droites et je comptais le nombre de secondes avant le virage suivant. J’affinais ainsi tour après tour et au bout d’un moment je déclenchais mon virage au bon endroit ! Au début, ça fait un peu bizarre d’arriver à plus de 250 km/h sans rien voir, mais au bout d’un moment on s’habitue. Et surtout, on creusait des écarts énormes sur nos adversaires ! »

Quels conseils donnerais-tu aux pilotes qui vont découvrir Spa ?
D.d.R. : « Spa est vraiment un circuit atypique avec pas mal de dénivelé et de longues courbes très rapides qu’il faut savoir négocier pour aller vite, et qui nécessitent une technique spécifique. En fait, il ne faut pas rentrer trop vite dans ces virages mais il faut accélérer très tôt, dès que la moto est placée. Le ‘Raidillon’, par exemple, impose de ne pas y entrer à fond mais de ré-accélérer au pied du ‘Raidillon’, car c’est ce qui va conditionner la vitesse de pointe au bout de la ligne droite suivante qui est très longue. C’est pareil dans trois autres virages et c’est bien ce qui fait la spécificité de Spa, qui demande d’adapter son pilotage. D’habitude il faut freiner tard et accélérer tôt, mais ici il vaut mieux freiner tôt et accélérer très tôt, bien avant le point de corde ! »

Dans un autre registre, quel est ton avis sur la saison de MotoGP ?
D.d.R. : « C’est vraiment une saison de folie que je me régale à commenter. Je pense malgré tout que la situation va maintenant se stabiliser et qu’on va retrouver plus régulièrement les favoris aux avant-postes, avec un beau duel entre Quartararo et Baignaia, arbitré par un paquet de challengers. Je suis évidemment déçu par le futur retrait de Suzuki et ce ne sera pas facile pour les deux pilotes, Mir et Rins, de conserver la même motivation et la même confiance sans savoir où ils seront l’an prochain. Ce championnat est tellement serré qu’il faut impérativement être en pleine possession de ses moyens pour espérer briller mais en tout cas, pour nous, c’est un bonheur à observer ! »

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