Dovi analyse les courses du Qatar : « Zarco a été le plus complet »



Vainqueur des Grands Prix du Qatar 2018 et 2019, Andrea Dovizioso était l’un des grands absents de la double-édition 2021. Le triple vice-champion du monde MotoGP a livré ses impressions sur le lancement de la nouvelle saison au journal italien La Gazzetta dello Sport, via le podcast Incarenati. Voici ce qu’il faut en retenir.

Voir le GP depuis chez lui : « C’était un peu particulier, surtout parce qu’il s’agit du GP du Qatar où j’ai toujours été bon. C’est une piste où je me débrouille bien et j’ai pensé à comment j’aurais géré la course, même s’il faut y être pour comprendre tous les détails. »

Yamaha bat Ducati : « Quartararo a remporté la course de manière inattendue, et pouvoir se battre avec la Ducati sur une piste du genre est compliqué, parce que pour toutes les autres motos c’est presque impossible de battre les Rouges. Fabio (Quartararo) et Maverick (Viñales) étaient loin derrière et sont vraiment bien remontés, ils méritent les deux victoires. Beaucoup de pilotes auraient pu gagner la deuxième course, c’était une question de gestion et de nerfs. Zarco et Martin n’avaient pas la meilleure vitesse du groupe mais ils ont ramené un podium. »

Pramac devant le team officiel Ducati : « Quand les gens voient des couleurs différentes ils pensent que la moto est différente, mais en MotoGP ce n’est pas comme ça. Chaque team et chaque constructeur gère les motos et les pilotes de manière différente, chez Pramac ils ont la même moto que le team officiel et les résultats le prouvent, même ceux du passé. D’après moi, Zarco a été le plus complet, il n’avait pas la vitesse pour gagner mais il a fait deux fois deuxième. D’autres, même chez Ducati, avaient la possibilité de gagner mais ils ont fait des erreurs et n’ont pas réussi. Johann a très bien géré le week-end, son approche du mondial a été très bonne. »

Martin déjà devant : « Son talent s’était vu en Moto2 et Moto3, comme pour Rins et Mir. Sa prestation m’a surpris mais jusqu’à un certain point. Son tour qualif a donné la chair de poule, il avait l’énergie et la détermination dans des conditions qui n’étaient pas aussi faciles que celles du samedi précédent. En course il a été fort et a roulé pour ne pas user les pneus, chez Ducati ils lui auront expliqué quoi faire avec l’accélérateur pour gérer les pneus au mieux. »

Alex Rins : « Il peut jouer le mondial mais il lui manque de petits détails. Par exemple, sur la première course il n’était pas plus lent que Mir mais il a fini derrière simplement parce qu’il n’arrivait pas à créer les situations pour dépasser. Pour une Suzuki, doubler une Ducati est difficile mais Mir l’a fait. Rins aurait pu gagner la première course parce qu’il était devant Viñales et qu’il était plus rapide. »

Aprilia dans le top-10 : « Ils ont été très compétitifs et Aleix (Espargaro) a roulé très fort. Pour lui, chaque nouvelle pièce qui arrive sur la moto est une motivation pour continuer à pousser. Les résultats d’Aprilia, comme ceux de tout le monde, sont à prendre avec des pincettes, parce que le Qatar est une piste très particulière. »

Les rookies compétitifs : « Enea (Bastianini) peut en être et il a le potentiel et le style de pilotage pour être devant, mais son talon d’Achille sera la qualification qui, à l’inverse, sera le point fort de Martin. »

KTM en difficulté : « Il y a sûrement une raison technique parce que les quatre pilotes ont eu du mal. Oliveira me semblait le pilote le plus méthodique et avec le bon état d’esprit pour être un leader, et pendant la deuxième course il a eu un problème, sinon il aurait été bien mieux classé. Danilo (Petrucci) vient de chez Ducati et il est le bon pilote pour comprendre les détails. »

Honda en retrait : « C’est impossible de savoir les raisons de pourquoi ils sont en difficulté. Le Qatar a toujours été une piste particulière pour eux. Je crois qu’ils ont eu du mal non pas parce qu’ils ont fait un pas en arrière, mais par rapport aux adversaires. Du point de vue de la moto, vu de l’extérieur il y a quelque chose de bizarre ; pas négativement, elle est particulière mais elle peut gagner avec un certain type de pilotage et un phénomène comme Marc (Marquez), même si c’est avec des efforts et beaucoup de chutes. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans certaines situations, le pilote ne sent pas la limite et lutte. »

Des courses plus serrées que jamais : « Ces deux courses ont donné lieu à beaucoup de choses qu’il faut prendre à des pincettes, parce que le Qatar est particulier et parce qu’ils y ont fait beaucoup de tests. Le fait qu’il y ait un groupe très compact donne beaucoup d’importance à la qualification. Aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de marge de manoeuvre, les qualifications et le premier tour font beaucoup. Si les Yamaha étaient parties devant elles se seraient échappées, comme les Suzuki. »

« Je n’insinue rien et ne mets la faute sur personne, mais je dis que quand sont arrivés ces nouveaux pneus l’an dernier, d’une course à l’autre c’est devenu difficile d’expliquer les problèmes des pilotes, et tout est toujours à la limite. Peut-être que c’est mieux pour le spectacle mais pour moi ce est pas ça, jusqu’à l’an dernier il y avait une situation claire et on pouvait travailler sur les détails, alors qu’aujourd’hui parfois c’est bien et parfois ça te fait arriver 13e. Ce n’est pas bien pour un pilote parce qu’avant, quand tu étais bon tu pouvais le montrer, alors que maintenant il y a l’anxiété d’être dans le top-10 des essais libres, ce qu’a Mir aujourd’hui mais ce que j’ai eu moi aussi, c’est vraiment mal. Aujourd’hui les qualifications en MotoGP valent 70 % de la course. »

GP du Portugal : « Pour moi, faire des pronostics est stupide depuis que les nouveaux pneus sont arrivés. Je ne vois pas pourquoi Oliveira ne pourrait pas encore gagner à Portimao, je ne sais pas quelles ont été les évolutions chez KTM mais ils ont sûrement travaillé, et même si les adversaires ont beaucoup amélioré, il a dominé en 2020. Miller et Morbidelli avaient fait deux grandes courses mais ils arrivent dans une condition mentale totalement différente et avec une autre pression. Je suis curieux de voir Bastianini. »

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