[Édito] « Tout peut arriver »



Cette semaine, l’Édito est consacré au duel entre Jonathan Rea et Alvaro Bautista, qui a basculé en faveur du Britannique. Un énième exemple de la manière dont on passe vite de héros à zéro, et vice-versa.

« Après Laguna Seca, Jonathan Rea est en tête du championnat du monde Superbike avec 81 points d’avance sur Alvaro Bautista. » Si nous avions fait cette prédiction il y a quelques semaines, personne n’y aurait cru. C’est pourtant le constat fait au sortir de l’épreuve américaine : Jonathan Rea est en tête du championnat du monde Superbike avec 81 points d’avance sur Alvaro Bautista.

Tombé en première manche le samedi après-midi, l’Espagnol a à nouveau chuté au départ de la « Tissot Superpole Race », dimanche midi. Avant de devoir abandonner dès l’entame de la troisième course du week-end, gêné par une épaule douloureuse. Pendant ce temps, son rival britannique s’octroyait 57 des 62 points à prendre (1er/1er/2e), faisant clairement basculer le championnat à son avantage.

Un mois plus tôt, le 9 juin, la balance penchait pourtant très largement du côté d’Alvaro Bautista. À Jerez, il comptait 61 longueurs d’avance sur le pilote Kawasaki après avoir gagné la « Tissot Superpole Race ». Puis sont venus les ennuis, c’est à dire les chutes : une à Jerez, une à Misano, une à Donington, deux à Laguna Seca. Certaines difficultés sont apparues sur la Ducati, et la signature de son contrat pour 2020 tarde à venir. « Le championnat n’est plus dans mes mains », soupire-t-il.

Est-ce une surprise ? Sans doute, oui. Mais est-ce pour autant inhabituel dans le sport moto ? La séquence Bautista-Rea illustre, s’il en était encore besoin, à quel point tout peut changer si vite. Il ne faut parfois que quelques grains de sable pour enrayer une machine. à gagner C’est ce que veulent signifier les pilotes lorsqu’ils répètent que « tout peut arriver » – les leaders des championnats pour jouer la prudence, leurs poursuivants pour indiquer qu’ils ne baissent pas les bras.

Tout peut arriver, oui. Restons d’ailleurs sur l’exemple de Jerez, mais en changeant de catégorie pour aller en Moto2. Le 5 mai dernier, Alex Marquez est pris dans une collision à l’entame de son Grand Prix d’Espagne et termine vingt-quatrième. Il s’agit là de sa 25e course sans victoire. Annoncé comme candidat au titre de champion du monde, il se retrouve classé sixième à 39 points de Lorenzo Baldassarri, qui enchaîne lui les succès (trois sur quatre).

Cinq courses plus tard, l’Espagnol est devenu le patron de la catégorie. Il a gagné au Mans, au Mugello, à Barcelone et au Sachsenring, passant uniquement à côté de la victoire à Assen, victime d’un accrochage. Leader du classement général, il a un petit avantage sur le deuxième (+8 sur Thomas Lüthi), mais plus conséquent sur les autres (+34 sur Augusto Fernandez, +39 sur Lorenzo Baldassarri…). Pour la deuxième partie de saison, il est devenu l’homme à battre.

Jerez fut aussi, ce jour-là, le théâtre du retour sur le podium de Maverick Viñales en MotoGP. L’Espagnol commençait à retrouver des sensations sur la Yamaha, et en était si heureux qu’il a pris sa troisième place « comme une victoire ». Là, il vient de partir en vacances avec deux autres podiums, une victoire à Assen et une place de second au Sachsenring. Hors du top-10 du classement général il y a quelques semaines, le voilà de retour aux affaires, candidat à la place de vice-champion du monde.

Il y aurait tant d’autres exemples de ce genre à donner. Le bond en avant de Danilo Petrucci, sorti de l’ombre d’Andrea Dovizioso chez Ducati. La résurection de Brad Binder, de retour sur les podiums avec un contrat pour une aventure MotoGP en poche. Les quatre résultats blancs consécutifs de Kaito Toba, qui pouvait jouer le titre Moto3 et se retrouve subitement à 74 points de la première place. Et il y en aura sans doute d’autres à venir : la renaissance de Jonas Folger ? Le retour aux avant-postes de Jorge Lorenzo ? Celui de Johann Zarco ?

À ces anecdotes là vient s’ajouter celle concernant la tournure du World Superbike 2019. Il n’a fallu que quelques week-ends et événements pour que tout soit chamboulé. Et cela invite évidemment à la prudence dans les prédictions, d’un côté comme de l’autre. Certes, il faut être honnête et reconnaître qu’au regard de sa vitesse, son expérience et sa régularité, Jonathan Rea est sur la voie royale. Mais même s’il est « dans la meilleure position », même si Alvaro Bautista « ne pense plus au titre », il ne faut jamais oublier qu’ici, « tout peut arriver ».

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