Furygan, l’ADN course à la française (2/2)



Furygan, équipementier français créé à Nimes en 1969, nous a ouvert ses portes pour montrer la place que tient la compétition dans sa production. Quadruple champion du monde de Supermotard, Adrien Chareyre est aujourd’hui le responsable compétition de la marque. Il est le principal interlocuteur des pilotes, parmi lesquels Johann Zarco, et se déplace sur les Grands Prix pour leur fournir le meilleur matériel possible. Il vous dévoile quelques-unes des spécificités de son travail, entre le sud de la France et le paddock MotoGP.

GP-Inside : Quel est ton rôle chez Furygan ?

Adrien Chareyre : « Il y a deux parties distinctes. La première se passe ici, à Nîmes, où je me charge de la confection et de l’acheminement des combinaisons à nos pilotes en fonction de leurs plannings, en sachant qu’il nous faut environ trois jours pour produire une combinaison à partir du moment où le design est figé. C’est donc un travail d’anticipation et d’organisation qui demande une grande rigueur, car chaque pilote a son propre planning. Et la deuxième partie, c’est le Racing Service, où je m’occupe des pilotes pendant les GP, c’est à dire six pilotes en comptant les deux qui roulent en MotoE. À chaque séance le matériel est vérifié, nettoyé, préparé pour être prêt pour la séance suivante. Et crois-moi, le timing est serré entre la séance du matin et celle de l’après-midi. En général, chaque pilote dispose de quatre combinaisons par GP. »

Avec six pilotes sur les Grands Prix, Furygan a de quoi faire pendant les week-ends de compétition.

« J’ai un excellent rapport avec les pilotes car ils savent que je connais leurs contraintes et leurs exigences, puisque je les aient vécues, on se comprend vite. On a presque une communication non-verbale qui facilite nos échanges et notre compréhension. Par exemple, un pilote n’aime pas porter une combinaison neuve à un moment important. Donc en général, la première séance du vendredi sert à roder une combinaison alors que les pilotes préfèrent toujours rouler avec la même. Si on les écoutait, ils garderaient la même toute l’année ! C’est comme une paire de chaussures neuves, au début elles sont un peu rigides et ensuite, à l’usage elles deviennent confortables.»

Quelle est la durée de vie d’une combinaison en GP ?

A.C : « On a un suivi précis du temps d’utilisation de chaque combinaison, un peu comme un moteur de course prévu pour être utilisé pour un kilométrage déterminé. Et ce, même si tous les pilotes ne l’usent pas de la même manière et qu’on tient compte aussi des conditions, puisque l’usure n’est forcément pas la même en Malaisie qu’en Allemagne, sans parler des chutes bien sûr. Bref, en moyenne, on fournit une vingtaine de combinaison à chaque pilote durant la saison. »

Dans les coulisses de fabrication de la dernière combinaison de Johann Zarco…

Quelles sont les exigences d’un pilote comme Johann Zarco ?

A.C : « Johann demande une combinaison confortable pour une utilisation extrême. Il faut donc que l’ajustement ne génère pas de contraintes, sans multiplier le nombre de plis qui peuvent créer des turbulences, ou des résistances même minimes mais qui perturbent son pilotage. Là encore, c’est une histoire de compromis à trouver, ça se joue au millimètre. On pourrait faire une combinaison sans aucun pli mais le pilote ne pourrait plus bouger sur sa moto, alors qu’il faut lui assurer le plus de fluidité possible dans ses mouvements. Et quand on sait qu’il faut compter plus d’une centaine de pièces pour fabriquer une combinaison, ça laisse imaginer le nombre de possibilités d’assemblage ! »

Retrouvez la première partie de nos entretiens chez Furygan ci-dessous :

Furygan, l’ADN course à la française (1/2)

 

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