Giacomo Agostini : « Chacun doit faire un effort »



Épidémie de coronavirus, santé et MotoGP : depuis Bergame, où il est confiné, Giacomo Agostini a accordé un entretien au média italien Sky Sports. Il y confie sa peur devant la situation, et commente l’influence que cela peut avoir sur le championnat.

Bergame, ville située en Lombardie, est l’un des épicentres de l’épidémie de maladie à coronavirus. C’est là que réside la légende de la moto, l’homme aux 15 titres de champion du monde, Giacomo Agostini. Il passe ses journées chez lui et s’attache à respecter les consignes sanitaires.

Depuis son domicile, ‘Ago’ décrit une « situation très critique. J’ai une boule dans la gorge la nuit quand j’entends passer les sirènes ». Les images qui lui parviennent d’Italie, pays européen le plus touché par la maladie (69 176 cas, 6 820 morts), lui sont « terrifiantes. Comme les camions de l’armée qui emportent les cercueils. Je pense aussi aux familles qui voient leurs proches partir. C’est un moment vraiment difficile. Nous n’aurions jamais pensé vivre une telle situation en 2020 », confie-t-il.

Âgé de bientôt 78 ans, Giacomo Agostini fait partie des personnes les plus exposées aux conséquences graves de la maladie. Il le sait, et ne cache pas ses craintes. « Bien sûr, il y a un peu de peur, vu la souffrance que ressentent les malades, la façon dont nous mourons…, reconnaît-il au journaliste de la Sky. Mais j’ai aussi confiance car je suis enfermé chez moi, je respecte les règles, et tout le monde doit les respecter. C’est un gros sacrifice mais si nous faisons cela ensemble, nous en sortirons. Sinon nous continuerons à traîner le problème pendant plusieurs mois. »

Comme l’ensemble des fans de sport moto, Giacomo Agostini attend avec impatience le début de la saison 2020. Si l’on en croit les dernières prévisions, la première course ne pourrait se tenir qu’au mois de juin. Sept mois sans Grand Prix, donc.

« Pour moi qui aime ce sport, c’est un coup au cœur. L’excitation que les courses me donnent, attendre le dimanche pour savoir qui gagne… Tout ça me manque. C’était inconcevable : je n’aurais jamais pensé que, vu notre niveau de médecine et de technologie, un virus pouvait nous mettre à genoux. Nous pourrons le vaincre, mais pour l’instant nous ne voyons que des morts, tous les jours. On s’en sortira mais ce sera encore long, car quand ce sera passé on ne pourra pas reprendre immédiatement nos bonnes vieilles habitudes.

Même pour les Grands Prix, on ne peut pas penser à réunir des dizaines de milliers de personnes, car le monde entier est en crise, pas seulement l’Italie. C’est le problème : même quand les contaminations commenceront à baisser, il y aura toujours des personnes malades. Nous devrons donc attendre non seulement que la transmission s’arrête, mais que tout le monde soit guéri. »

La situation causée par l’épidémie peut-elle influencer les résultats du championnat ? Non, croit savoir Giacomo Agostini. « Les pilotes sont enfermés chez eux. Les plus chanceux ont leur salle de sport, les autres seront aussi entraînés. Honnêtement, la partie athlétique est très importante, mais le vrai entraînement c’est la moto. Ça commencera au même niveau, dans le sens où ils seront tous un peu moins entraînés : au lieu de tourner en 1’30 ils tourneront en 1’31, mais les meilleurs gagneront. Puis ils sont tous jeunes, ça fait la différence. »

Le plus gros problème, ponte-t-il, sera plutôt dans le fait de ne pas se blesser. Car avec les modifications apportées au calendrier, les Grands Prix vont se succéder. Une blessure pourra donc faire perdre de nombreuses courses.

Comme d’autres pilotes avant lui, ‘Ago’ adresse un message de civisme et de sécurité à la population : « Nous devons tous être unis, respecter les règles. Comme ils l’ont fait en Chine : tout était fermé, il y a eu un couvre-feu, tout le monde s’est comporté selon les indications. Ici je vois encore des gens courir, aller à la plage. Ils sont stupides. Si nous continuons comme ça nous prolongerons l’agonie, et le sport reprendra encore plus tard. Peu importe de dire ‘je suis seul’ : vous ne l’êtes que parce qu’il y a quelqu’un qui, contrairement à vous, respecte les règles ! Je ne trouve pas ça correct. Chacun de nous doit faire son sacrifice personnel. C’est seulement en restant unis que nous pourrons tous gagner cette bataille. »

Informations concernant le coronavirus et les consignes sanitaires à respecter disponibles ici

Un GP organisé entre les pilotes… sur la console de jeu !

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