Hervé Poncharal : « Nous devons progresser dans la deuxième partie de saison »



Team-manager de la seule équipe française engagée en MotoGP, Hervé Poncharal vient de vivre un début de saison frustrant avec ses deux nouveaux pilotes, Remy Gardner et Raul Fernandez. Avec seulement 14 points marqués à eux deux en 11 courses, le bilan n’est pas à la hauteur des ambitions. Analyse sans concession d’un patron expérimenté qui reste optimiste.

GP Inside : Quel bilan tires-tu de cette première moitié de championnat ?
Hervé Poncharal : « Quand toutes les personnes qui travaillent chez Tech3 s’investissent comme ils le font, c’est pour connaître la satisfaction de bons résultats aux essais ou en course et, objectivement, ce n’est pas arrivé souvent. Nous n’avons pas été dans des positions très encourageantes, à part lors d’un ou deux coups d’éclat, comme Barcelone où Remy termine 11ème, ou le Sachsenring avec Raul qui finit 12ème, ce qui correspond à un objectif raisonnable pour des rookies. On ne peut pas se réjouir de ces résultats et nier la réalité, mais si tu regardes le verre à moitié vide, tu constates qu’on est souvent en bas de la feuille des temps, et si tu le vois à moitié plein, tu constates qu’on est capables de rouler à moins d’une demi-seconde de Binder et Oliveira, les deux autres pilotes KTM de l’équipe officielle qui disposent du même matériel que nous. Il faut donc rester optimistes et continuer de travailler. »

Comment expliques-tu ces résultats ?

H.P : « Remy et Raul sont arrivés cette année en MotoGP en étant champion et vice-champion du monde Moto2, mais ils ont constaté que le pilotage d’une MotoGP est bien plus compliqué puisqu’il y a deux fois plus de puissance, des freins carbone, un boitier électronique bien plus élaboré, une gestion différente des pneus… En Moto2, tous les pilotes disposent de la même moto à quelques détails près, ce qui est loin d’être le cas ici. Moralement c’est difficile d’avoir été habitué à se battre pour la victoire à chaque course et se retrouver ensuite hors des points, à cravacher pour la 20ème place. Tu peux facilement tomber dans une spirale négative qui t’empêche d’être lucide. »

« La performance dépend de l’osmose entre le pilote et sa moto, et Fabio Quartararo en est la meilleure démonstration. Il est champion du monde en titre, en tête actuellement alors que les autres pilotes Yamaha sont souvent hors des points. C’est évidemment parce qu’il est un pilote exceptionnel, mais aussi parce qu’il sait tirer profit des avantages de sa moto sans se focaliser sur ses inconvénients. Si tu passes ton temps à ne voir que les problèmes, tu ne peux pas être performant. »

« Il est indispensable de travailler sans relâche avec son équipe, de s’impliquer intégralement en restant positif, en réfléchissant au meilleur moyen d’aller chercher quelques dixièmes. À ce niveau de l’élite, chaque détail compte, il ne faut rien négliger et être intégralement investi pour trouver l’indispensable alchimie pour être performant. Regarde Fabio, Rossi ou Marquez, ils sont décontractés, souriants et agréables mais ils sont aussi des bosseurs acharnés qui savent fédérer autour d’eux. C’est la clé de la réussite. »

Quels sont désormais les objectifs de la deuxième partie de saison ?
H.P : « Nous devons forcément progresser en essayant notamment de nous qualifier plus souvent en Q2 afin d’assurer une meilleure place sur la grille. Pour y parvenir, il faut mieux se préparer dans les premières séances d’essais en alignant plus de tours rapides. Là-encore, regarde Fabio : dès le vendredi matin, quand il entre en piste, il ne fait pas un tour à moins de 100 % quand nous, on se permet de faire des tours pour rien, à attendre une bonne roue pour faire un chrono ; ce n’est pas la bonne méthode. Quand tu fais 10 tours rapides et que la course en fait 25, il y a forcément un moment où tu vas rentrer dans une zone inconnue en course. Il ne faut faire que des tours utiles qui vont te servir pour la course. Bien sûr, c’est facile à dire quand tu es dans les stands ou devant ta télé, mais c’est le seul moyen d’y arriver et c’est ce que font les meilleurs. Je le dis d’autant plus aisément que nos pilotes ont montré qu’ils en étaient capables mais il faut qu’ils le fassent tout le temps, à chaque Grand Prix et à chaque séance. »

Et l’avenir ?
H.P : « Les contrats se traitent directement entre les pilotes et l’usine KTM mais, d’après ce que je sais, il y a peu de chances que Raul reste avec nous en 2023. Mais j’espère qu’il ne va pas baisser les bras avant la fin de l’année, car rouler sur une MotoGP est un privilège et c’est la meilleure façon de préparer son futur, peu importe la machine sur laquelle il roulera l’an prochain. Quant à Rémy, il fait partie des pilotes qui peuvent être encore chez nous mais il faut qu’il montre qu’il en a envie, qu’il veut s’impliquer dans le projet. La balle est dans son camp. Il suffit de voir ce que fait Binder sur sa KTM pour constater que c’est possible ! »

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LEVESQUE BERTRAND
1 mois il y a

Je ne peux apporter de commentaire très positif, n’ayant connu à titre perso que d’anciennes et épisodiques participations à des épreuves de vitesses Nationales … D’une part … Et n’appreciant nullement le Team KTM, contrairement à Tech3 et à son Manager qui aurait mérité de rester Team satellite Yamaha 🇨🇵👍🏁🏍️🍀

Je ne peux que souhaiter à Monsieur Hervé PONCHARAL la réussite que mérite son équipe et peut-être, une évolution auprès d’un Team Usine différent et moins ANTIPATHIQUE !! 🇨🇵👍🏍️🍀

Commentaire modéré d’un Fan inconditionnel de FABIO QUARTARARO ET de JOHANN ZARCO 🇨🇵🏍️🏁🍀✌️