La dernière conférence de presse de Valentino Rossi, en intégralité



Valentino Rossi a donné ce jeudi une conférence de presse exceptionnelle pour célébrer le début du dernier Grand Prix de sa carrière, à Valence. L’Italien se retirera à l’issue de cette 432e course, et après 26 années de compétition en championnat du monde. Voici, pour l’occasion, une retranscription de l’intégralité de ses propos.

Introduction : « C’était une saison particulière, surtout la deuxième partie, une fois que j’ai dit que j’allais prendre ma retraite. Je veux essayer de faire un dernier week-end normal, mais je sais que ce n’est pas possible. Il y a beaucoup d’émotions, voir toutes mes motos alignées ensemble, voir tous les pilotes MotoGP ici (ils étaient présents à la conférence de presse, NDLR). Je vais essayer de donner mon maximum ce week-end et j’espère qu’il y aura une bonne météo dimanche pour finir en beauté. »

Qu’est-ce que cela te fait de voir toutes les motos avec lesquelles tu as gagné des championnats du monde ? « Je suis très heureux, même si j’ai toutes ces motos à la maison, sauf la Honda de 2001. Mais ma Yamaha de 2004 est dans la chambre par exemple, donc je la vois dès que je me réveille. Cela me donne beaucoup d’émotions de toutes les voir, on se rend compte en voyant la toute première que ça fait longtemps. »

Comment penses-tu te sentir dimanche ? « J’ai reçu beaucoup de messages de soutien, surtout de la part de beaucoup de pilotes, des anciens ou actuels, et même de certains de mes anciens rivaux. C’est un sentiment bizarre, j’essaye de faire semblant que tout est normal, car d’habitude Valence est une bonne course pour tout le monde car c’est le début des vacances. Mais à partir de la fin du week-end ce sera, pour moi, le début d’une nouvelle vie. J’essaie de ne pas y penser, de profiter à fond, car je sais que je serai toujours un pilote, avec les courses de voitures. »

Tu disais ne pas aimer les Honda, alors vas-tu les récupérer ? « (rires) J’ai parlé avec Alberto (Puig) tout à l’heure, car j’aimerais au moins récupérer la 500cc. J’aurais dû la recevoir de la part de Honda il y a un certain temps mais ça ne s’est pas fait, mais j’ai une autre Honda chez moi, et j’en prends très soin. »

Comment veux-tu qu’on se souvienne de toi ? « Je pense que la chose la plus positive est que beaucoup de gens ont suivi ma carrière depuis le début. Le MotoGP est devenu plus connu en Italie, et aussi dans le monde. C’est un plaisir de se dire que je suis devenue une sorte d’icône, même si pour un pilote, le plus important est ce qu’il se passe sur la piste. »

Certains circuits, comme celui du Mans ou de Spielberg souhaite avoir des tribunes VR46, même si tu n’es pas là… : « Je pense que ces choses vont continuer dans les prochaines années, même si ça ne sera pas la même chose, car je vois beaucoup de gens porter le numéro 46, avec des casquettes jaunes. L’année prochaine, ça va aider à l’atmosphère qu’il y a autour de la piste. Je serai là certaines fois, avec mon équipe et pour supporter les pilotes de la VR46 Riders Academy. Ce sera bien sûr différent d’être sur le circuit sans rouler. Je ne sais pas si ça va me plaire, mais je vais essayer. »

Sur le fait que dimanche, nous serons le 14 novembre 2021 (14+11+21 = 46) : « Oui, on a découvert il y a à peu près trois mois que le 14 novembre 2021 donne le chiffre 46. Ce n’était pas facile de convaincre Dieu de donner ce résultat (rires). C’est drôle car de nombreuses fois dans ma carrière, il y a eu des choses en rapport avec mon numéro. »

As-tu des regrets à propos de ta carrière ? « J’ai beaucoup essayé d’aller chercher le dixième titre. J’ai été capable de me battre pour regagner le titre après 2009, comme en 2015 par exemple. Un dixième titre m’aurait permis de boucler la boucle. Mais c’est comme ça. Le chiffre 9 me va bien car il a été beaucoup présent dans ma carrière, avec 89 victoires en catégorie reine ainsi que 199 podiums. Quand j’ai fait le podium à Jerez, en 2020, qui était donc mon 199e podium, on s’est dit que c’était peut-être le dernier. J’aurais aimé atteindre le 200e mais ça me va comme ça. Je ne peux pas me plaindre car ce fut une belle et longue carrière, je me suis battu beaucoup de fois pour le titre, et c’est toujours très amusant de se battre pour la victoire en MotoGP. »

Comprends-tu ce que tu as fait et ce que tu représentes pour le sport ? « Oui, depuis le Grand Prix d’Autriche et depuis ces derniers mois, je comprends mieux. J’ai toujours vu ma carrière, mes saisons, mes week-ends de l’intérieur, de mon point de vue, comme tous les autres pilotes. Tu es comme dans un tunnel. C’est très difficile de prendre du recul, de voir ce qu’il se passe vu de l’extérieur, car tu es toujours très concentré sur ce qu’il se passe dans le paddock, en piste. Mais je suis très fier et heureux de voir ce que je représente. »

Après ta retraite, Rossifumi sera-t-il toujours sur ta voiture ? « (Rires) J’ai toujours sur ma moto des stickers de mes surnoms japonais, et ce depuis les années 1995-1996, car j’étais un grand fan des pilotes japonais en 125cc, et je suis ami avec ceux contre qui j’ai roulé. Je ne sais pas si je mettrai ces stickers sur la voiture, mais pourquoi pas ? »

Il y a quelques années, tu disais que la chanson qui représentait le mieux ta carrière était ‘Never Ending Story’. Voudrais-tu la changer ou est-ce toujours la même ? « Non, je ne veux pas la changer, car plusieurs fois durant ces dernières années, j’étais très proche de la fin de ma carrière. Surtout après 2012, par exemple, car je ne savais pas si j’aurais toujours la vitesse nécessaire pour me battre pour la victoire, et j’ai finalement roulé pendant encore dix ans. Donc je pense que la chanson est la bonne, même si l’histoire s’arrête maintenant. »

Quel est ton rêve maintenant ? « J’ai une bonne vie, je vais devenir père l’an prochain. En plus de cela je serai toujours sur la piste. Je n’ai plus de rêve particulier. Mon rêve était de devenir champion du monde MotoGP, c’est fait et c’est très bien. »

Quelle est ta rivalité préférée, et as-tu une rivalité que tu regrettes ? « La rivalité, dans le sport à haut niveau et particulièrement en MotoGP, est quelque chose que tu n’aimes pas forcément, mais c’est génial pour donner le maximum, pouvoir dépasser ses limites et trouver quelque chose que tu ne pensais pas avoir à l’intérieur de toi. J’ai eu de très bonnes rivalités dans ma carrière, que j’ai beaucoup aimées, surtout les premières car j’ai souvent gagné, tandis que dans ma seconde partie de carrière, j’ai plus perdu. J’ai beaucoup aimé celle contre Biaggi car il y avait beaucoup d’engouement en Italie. Mais aussi avec Stoner, Lorenzo et Marquez. Les rivalités sont quelque chose dont on se rappelle positivement une fois qu’elles sont passées. »

De quoi es-tu le plus fier ? « Les résultats obtenus me rendent heureux. Et comme je l’ai dit, le MotoGP est devenu plus grand, plus populaire. Donc aider le sport à devenir meilleur, et de faire suivre les courses aux plus petits et aux plus grands, me rend fier. »

On ne t’a jamais vu pleurer. Penses-tu que nous pourrions voir quelques larmes après la course ? « Je ne sais pas ce qu’il va se passer après la course. J’espère faire une bonne course et arriver jusqu’au bout. Je ne peux pas prédire les sentiments que j’aurai, mais d’habitude je profite beaucoup, je rigole. Je ne suis pas quelqu’un qui pleure beaucoup. Mais je ne sais pas, j’espère ne pas pleurer (Rires). »

Comment vois-tu la VR46 Riders Academy évoluer ou changer une fois que tu auras quitté la piste ? « Avec Luca nous avons beaucoup d’amis au sein du paddock et nous nous entendons bien avec les pilotes de la VR46 Riders Academy. Nous passons beaucoup de temps ensemble, pour s’entraîner ou aussi regarder des choses à la télé par exemple. Mais je veux venir à quelques courses l’an prochain. J’espère pouvoir ramener mon motor-home (Rires). Et j’espère que nous pourrons nous organiser pour pouvoir passer du temps ensemble l’an prochain. »

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Gérard SCHOONEJANS
16 jours il y a

ce week-end à Valence , les adieux de la légende du MOTOGP
le 46 s’en va et va laisser une très grand vide dans nos coeurs à tous
il ne représentait pas que des victoires mais il était le MOTOGP , le sport moto tel qu’on l’aime ….les bagarres, le dépassement de soi , les joies immenses, les drames….. et la communion avec son public
Grazie mille Vale ! Tu vas nous manquer terriblement
je garde ta casquette 46 et quand j’aurai un coup dur dans ma vie ,je la regarderai et j’irai de l’avant….!