La moto, c’était la vie de Fausto Gresini



Fausto Gresini s’en est allé jeudi 23 février, à cause de problèmes de santé liés à son infection au Covid-19. En 2017, il racontait son histoire dans un entretien livré à MotoGP.com. L’occasion de se replonger dans la vie du pilote et directeur sportif italien, avec ce récit fait par la Dorna.

« Je rêvais par-dessus tout d’être en piste ! » C’est par cette phrase que débutait l’interview que nous avait accordée Fausto Gresini en 2017, à l’occasion du 25e anniversaire de son ultime victoire en Grands Prix.

Compte tenu des circonstances, nous avons souhaité lui rendre hommage en reproposant cette histoire, qu’il nous avait lui-même racontée : une épopée ayant débuté dans les années 60, quand il regardait admiratif ces courses sur le tracé d’Imola, jusqu’au jour où il mettait enfin le pied à l’étrier. « Nous n’avions pas beaucoup de moyens, confessait-il. Alors le soir, accompagné de mon chef de l’époque, on travaillait sur la moto avec laquelle je disputais mes premières courses. »

Finalement, c’est au guidon d’une 125cc MBA que l’Italien allait faire ses débuts sur la scène internationale en 1983 et il n’allait pas tarder à y devancer des Champions comme Eugenio Lazzarini ou Pierpaolo Bianchi. Si bien qu’en 1985, c’est la consécration : le natif d’Imola y est sacré Champion du Monde sous les couleurs du team Italia. « Un rêve qui devenait réalité ! » selon ses propres aveux. L’année suivante, Luca Cadalora débarque dans son box et lui arrache le titre, mais Fausto Gresini se rachètera un an plus tard, en gagnant toutes les courses qui figuraient au programme, à l’exception de cette finale à Madrid. « Je suis content de ce que j’ai accompli en tant que pilote. J’aurais pu encore mieux faire, qu’importe ce fut une très belle expérience », déclarait-il.

Il continuera de courir jusqu’en 1994 sans remporter d’autres couronnes. « Ce n’est pas facile de mettre un terme à sa carrière et d’en envisager une autre », soulignait-il.

Fausto Gresini officiera ensuite en tant que coach auprès de Loris Capirossi, puis fondera le team Gresini Racing : une structure qui gagnera ses lettres de noblesse au fil du temps. Avec Alex Barros et un groupe de collaborateurs, il ira jusqu’à traverser l’Océan Atlantique pour présenter son projet à Honda Brésil. En 1997, l’aventure commence ainsi et la réussite sera d’emblée au rendez-vous avec ce podium inscrit à Donington.

Deux ans plus tard, l’équipe s’attaque à la 250cc où elle engage Loris Capirossi, qui se terminera troisième au classement général… Et Daijiro Kato faisait aussi bien pour débuter ce nouveau millénaire. « Il ne parlait pas un mot d’Italien ou d’Anglais, mais l’alchimie fonctionnait. Après des résultats prometteurs en 2000, il empochait d’ailleurs le titre », se souvenait-il. Un retour à la catégorie reine s’imposait donc ! « Il a immédiatement obtenu de bons résultats, indiquait-il. Mais dès le premier Grand Prix en 2003, il perdait la vie. Ce fut un moment extrêmement difficile. Vous vous demandez si le jeu en vaut vraiment la chandelle, ce que vous auriez pu faire pour éviter ça… »

Face à un événement aussi tragique, Fausto Gresini a malgré tout trouvé la force de regarder vers le futur : « J’ai été pilote avant eux, on a parfaitement conscience des risques encourus, reprenait-il. Néanmoins, j’ai toujours pensé qu’il nous aurait demandé de continuer et de courir. Et son coéquipier Sete Gibernau s’imposait sur l’épreuve suivante. Il s’agissait de notre premier succès dans la cour des grands. »

« On ne se dit jamais que c’est peut-être sa dernière course. On poursuit son rêve, avec des victoires pour seule obsession, expliquait-il, en référence à son ultime triomphe obtenu à Donington en 1992. Vous devez toujours avoir ce mental de vainqueur et cette même détermination m’aura également été bien utile à mes débuts en tant que team manager ! »

En 2010, une nouvelle recrue faisait son arrivée dans son box, un certain Marco Simoncelli : « Honda était heureux d’avoir un pilote comme lui – qui récoltait d’aussi beaux résultats dès sa deuxième campagne. Il a fait deux podiums, précisait-il. Malheureusement, il connaissait le même destin que Daijiro… J’ai perdu deux pilotes, je peux vous dire que c’est très difficile de s’en remettre. »

Malgré tout, Fausto Gresini se disait fier de ce qu’il aura bâti en l’espace de 20 ans, en tant que team manager. « Nous avons écrit de nombreuses pages de l’histoire de la moto, nous sommes désormais reconnus dans ce paddock. Nous vivons pour la moto […] Ce sport est aujourd’hui complètement différent de ce qu’il était quand j’ai commencé. J’ai assisté à son évolution, aussi bien comme pilote que team manager. Beaucoup de choses ont été fait pour la sécurité et les machines y sont bien meilleures. Tous ceux qui font mon travail ont grandement contribué à améliorer ce Championnat et j’en suis ravi d’en faire partie, c’est la chose la plus importante », concluait-il.

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