Les étoiles du GP de Doha



Qui a brillé, qui a déçu à Losail ? Voici les étoiles du Grand Prix de Doha, deuxième rendez-vous de la saison 2021 de MotoGP.

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Fabio Quartararo (1er). Définitivement la course dont Fabio Quartararo avait besoin. Une semaine après avoir commis des erreurs dans sa gestion du Grand Prix du Qatar, le tricolore a montré qu’il avait analysé, compris, travaillé et résolu la situation. Parti derrière, il a longtemps rodé autour de la 8e place, avant de mettre la seconde et déposer un à un ses adversaires. Passé en tête, il s’est immédiatement mis à l’abri de Jorge Martin dans la partie sinueuse du tracé, pour éviter de se faire reprendre par la Ducati en ligne droite. Il signe la victoire la plus intelligente et mature de sa carrière, répondant au passage à ceux qui le disaient sous pression après le succès de son coéquipier Maverick Viñales.

Jorge Martin (3e). Pole position, 18 tours en tête, podium à la clé : l’homme le plus impressionnant du week-end est bien un rookie et s’appelle Jorge Martin. Le paddock ne s’y est pas trompé en l’inondant de félicitations, à juste titre. Le chrono du samedi était fantastique, et le rythme longtemps imprimé le dimanche – malgré son inexpérience dans la catégorie – tout autant. Seuls quelques pilotes ont réussi à faire aussi bien pour leurs premiers pas en MotoGP, et ils portent les noms de Jorge Lorenzo ou Marc Marquez. Ça cause.

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Johann Zarco (2e). Une course maîtrisée pour le Français, qui a su garder le contrôle de la situation et mettre l’énergie où il souhaitait la mettre au bon moment. S’il n’a pas réussi à suivre Fabio Quartararo, il s’est habilement joué de Jorge Martin dans les derniers virages, arrachant une 2e place qui le positionne au sommet du classement du championnat. Ça va bien dans la tête, dans le box et sur la moto. Ce qui lui a manqué pour avoir 5 étoiles ? La victoire. Car contrairement à dimanche dernier, cette fois, il y a bien plus pensé.

Alex Rins (4e). Généralement, les pilotes Suzuki se qualifient mal, partent loin et mettent la machine à gagner en marche après une vingtaine de minutes de course. Alors quand on a vu Alex Rins surgir 4e après quelques virages, on a pensé que celle-là était pour lui. L’Espagnol s’est battu pour la première place mais a dû rendre les armes après s’être fait avaler plusieurs fois par les Ducati en ligne droite. Faire ce qu’a fait Fabio Quartararo ne lui était pas possible, mais il sauve les meubles de la 4e place. Pas assez pour 4 étoiles ? Il égale son meilleur résultat à Losail, en dépit de ce déficit de puissance et en attendant des jours meilleurs. Il termine surtout les deux premiers Grands Prix avec 23 points au compteur, contre 5 l’an dernier. S’il parvient à trouver la régularité qui lui faisait défaut, Alex Rins sera un sérieux candidat au titre.

Brad Binder (8e). La performance du Sud-Africain est passée quasiment inaperçue, mais elle mérite d’être mise en lumière. Lointain 18e sur la grille, Brad Binder a fait +10 au passage de l’arrivée, revenant à seulement 3,4 secondes du podium. Il offre à KTM le meilleur résultat de son histoire à Losail, et lui permet de quitter le Qatar avec un peu de baume au coeur après un mois très compliqué.

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Maverick Viñales (5e). Tout le monde attendait le vainqueur du Grand Prix du Qatar au tournant, et tout indiquait qu’il partait pour le doublé – meilleur rythme aux essais et 3e place en Q2. Son départ n’a pas été brillant, sa mise en rythme non plus (10e après 6 tours), et il lui a fallu du temps pour s’extirper du peloton. L’opération remontada n’a pas eu lieu. Il ne termine qu’à 2 secondes du vainqueur, mais ces 2 secondes représentent aussi 4 positions.

Francesco Bagnaia (6e). « Je sens que j’avais le rythme pour me battre pour la victoire », regrettait Pecco à l’arrivée. Comme pour Maverick Viñales, il paie cher son mauvais départ et ses difficultés à se frayer un chemin dans le peloton. Revenu 3e, il a commis une erreur qui a anéanti ses chances de podium à 6 tours de la fin. Le meilleur pilote officiel Ducati du jour, oui, mais dominé par l’équipe Pramac Racing d’où il vient.

Joan Mir (7e). Légèrement mieux qualifié et compétitif en rythme de course (FP4), le champion du monde faisait partie des candidats au podium, après l’avoir perdu à quelques mètres de l’arrivée au Grand Prix du Qatar. Mieux parti qu’à l’accoutumée, il a buté sur ses adversaires et dû sortir des dépassements agressifs pour tracer sa route devant. Un contact avec Jack Miller l’a refroidi, et il n’a pu faire mieux que 7e. Pas mal, mais pas assez pour être satisfait.

Aleix Espargaro (10e). Il finit 3 places plus bas que dimanche dernier, mais le Catalan a cette fois passé beaucoup plus de temps dans le groupe de tête. L’écart sur le vainqueur à l’arrivée (5,382 secondes) est le plus faible jamais enregistré par le pack Aleix Espargaro – Aprilia RS-GP. Sa compétitivité n’est plus à prouver à Losail, mais commence désormais le plus dur : confirmer sur d’autres pistes.

Enea Bastianini (11e). Le rookie italien poursuit son bel apprentissage de la catégorie reine. Il manque le top-10 d’un rien (168 millièmes) et réduit l’écart sur le vainqueur de 4 secondes par rapport à la première course. L’exploit d’un autre débutant, Jorge Martin, ne doit pas masquer les pas en avant faits par Enea Bastianini ces dernières semaines.

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Jack Miller (9e). Annoncé comme l’un des hommes à battre au Qatar, Jack Miller en repart avec deux places de 9e. Un temps lancé à la poursuite des leaders, l’Australien n’a pas pu faire la jonction dans le peloton, sur un circuit où son prédécesseur au Ducati Team, Andrea Dovizioso, a gagné en 2018 et 2019. Un syndrome des loges a gâché ses derniers tours, le faisant dégringoler de 4 places.

Franco Morbidelli (12e). Inexistant au premier Grand Prix en raison d’un problème d’amortisseur arrière, le vice-champion du monde a réussi à prendre quelques points, en dépit de difficultés avec ses pneumatiques. Il n’a cependant jamais réussi à se mêler à la lutte avec le wagon de tête, où doit être sa place.

Pol Espargaro (13e). Certes, Pol Espargaro est premier pilote Honda au classement, et les analyses de rythme montrent qu’il avait le potentiel de faire bien mieux que son résultat. Parti 15e, le Catalan aurait pu terminer à une belle 7e place, s’il n’avait pas commis deux erreurs. Le problème, c’est que les « si… » ne rapportent aucun point. Le potentiel est là, il se doit maintenant d’assembler toutes les pièces du puzzle pour le prouver.

Stefan Bradl (14e). Seul pilote Honda passé en Q2, le remplaçant de Marc Marquez n’en a pas tiré profit. Un départ complètement manqué l’a fait rétrograder du 11e rang sur la grille au 18e au premier tour. Sa remontée s’est achevée 4 places plus haut. Pas catastrophique, mais pas les résultats promis durant la trêve hivernale, quand il estimait avoir fait ses preuves et jurait qu’il pouvait rouler devant.

Luca Marini (18e). Les résultats de Luca Marini ne sont pas par définition mauvais : le rookie apprend, évite les chutes et ramène sa Ducati à l’arrivée. Le problème vient des autres débutants, qui font eux beaucoup mieux avec un matériel similaire – c’est en tout cas vrai pour son coéquipier Enea Bastianini. Le demi-frère de Valentino Rossi fait partie des pilotes qui ont généralement besoin de temps, et il lui faudra du temps pour hausser le ton en MotoGP.

Miguel Oliveira (15e). Le tableau de bord du Portugais s’est éteint dès les premiers kilomètres de course, ce qui ne lui a pas facilité la vie. Mais au-delà de ça, le manque de compétitivité des pilotes KTM ici s’est fait ressentir sur lui en course. Il se plaint en outre de l’agilité de la moto. Premier pilote de l’histoire de la marque à accéder à la Q2, il n’a pas transformé l’essai.

Valentino Rossi (16e). Pire qualification à la régulière de sa carrière (21e) et résultat final hors des points : un week-end catastrophique se termine pour le nonuple champion du monde. Des problèmes avec le pneumatique arrière ont mis à mal ses performances du début à la fin. Ce n’est pas la première fois. Y-a-t-il péril en la demeure ? Il faudra attendre les prochaines semaines, sur d’autres circuits, pour le savoir.

Takaaki Nakagami (17e). Takaaki Nakagami avait terminé 12 des 14 courses de la saison 2020 dans le top-10 ; il commence les deux de la saison 2021 hors des points. Tombé dimanche dernier, le Japonais fait un difficile 17e. Pas ce que l’on attend d’un pilote qui souhaite décrocher ses premiers podiums cette année, pour sa quatrième campagne avec une Honda RC213V qu’il commence à bien connaître.

Danilo Petrucci (19e). Vivement d’autres circuits pour Danilo Petrucci, qui n’a jamais trouver les solutions avec sa nouvelle KTM RC16 à Losail. Les espoirs levés par l’Italien aux essais libres ont rapidement été éteints. En difficulté avec ses pneumatiques, il n’avait pas non plus de bonnes sensations sur la moto. Rouler à Portimao, où son prédécesseur chez Tech3, Miguel Oliveira, a gagné en novembre, va lui faire du bien. Ou tout du moins, lui donnera des réponses plus précises.

Lorenzo Savadori (20e). Pendant qu’Aleix Espargaro démontre que l’Aprilia RS-GP peut rouler dans le wagon de tête, son coéquipier ne se sort pas de ses galères. L’Italien est arrivé 38 secondes après Fabio Quartararo, cédant une seconde au tour au 19e et quasiment deux au vainqueur. Ses problèmes physiques à l’épaule l’ont contraint à rouler en deçà de son niveau, mais il doit encore prouver qu’il est à la hauteur de la catégorie MotoGP.

Iker Lecuona (chute). La fin d’un mois chaotique pour Iker Lecuona, encore en phase d’apprentissage et handicapé par un syndrome des loges douloureux, sur un circuit de Losail qui ne convient pas à sa KTM RC16. Souhaitons que l’opération subie cette semaine va faire rentrer les choses dans l’ordre.

Alex Marquez (chute). Étonnamment en retrait depuis la pré-saison, Alex Marquez avait certainement hâte de quitter le Qatar. Il repart du Moyen-Orient sans aucun point dans les valises, après deux chutes lors de deux courses où il se battait pour entrer dans les points. Trop d’erreurs commises, et à des places éloignées de celles de ses objectifs.

Championnat après le GP de Doha : 1. Zarco 40 pts, Quartararo 36 (-4), 3. Viñales 36 (-4), 4. Bagnaia 26 (-14), 5. Rins 23 (-17)… Classement complet ici

Les chiffres du GP de Doha

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