Les étoiles du GP d’Espagne



Qui a brillé, qui a déçu à Jerez ? Voici les étoiles du Grand Prix d’Espagne, quatrième rendez-vous de la saison 2021 de MotoGP.

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Jack Miller (1er). Le week-end dont il avait besoin pour retrouver la confiance et lancer sa saison. En proie aux critiques après sa chute à Portimao, l’Australien a remis les pendules à l’heure à Jerez, et montré qu’il méritait sa tunique rouge. Qualifié en première ligne (3e), Jack Miller était moins rapide que Fabio Quartararo mais a profité de sa déconvenue physique pour l’emporter, à l’issue d’une course solide où il n’a commis sans erreur. Sa première victoire depuis Assen 2016, première sur le sec et première en tant que pilote Ducati. De quoi être ému aux larmes. « Je suppose que c’est ce qui arrive quand tu dédies ta vie à une chose et que tu arrives finalement à l’obtenir. »

Francesco Bagnaia (2e). Troisième podium en quatre courses pour Pecco, qui enchaîne les bons résultats (3e/6e/2e/2e) et aurait pu jouer la gagne s’il s’était mis plus rapidement dans le rythme en début de course. la régularité qui caractérisait Joan Mir en 2020 est en train de devenir sa marque de fabrique. Conséquence logique : il passe en tête du championnat, pour la première fois de sa carrière en MotoGP. « Je ne dois pas trop y penser parce que nous avons 16 courses devant nous et il nous faut continuer comme ça, prévient-il. Si je commence à déjà y penser, je vais être plus lent, donc je dois penser course par course et voir ce qui va arriver. »

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Franco Morbidelli (3e). Comme pour Jack Miller, Franco Morbidelli avait besoin de ce premier podium de l’année. Un podium avec une saveur fantastiquement bonne. Je suis très heureux car on sait que c’est très difficile, et on est quand même là. C’est comme une victoire », s’est-il enchanté. Frustré de disposer d’une Yamaha moins évoluée que les autres, on sent dans ses mots que chaque bon résultat sera satisfaisant pour lui, en raison du matériel dont il dispose. Son but : continuer comme ça pour obtenir une moto officielle en 2022.

Takaaki Nakagami (4e). Le meilleur pilote du HRC du week-end, et de loin. Excellent 5e aux essais, combatif en course et concentré du vendredi matin au dimanche après-midi, Takaaki Nakagami signe le meilleur résultat d’une Honda RC213V en 2021. Avec « une pincée de frustration », car il passe à 690 millièmes du premier podium de sa carrière en MotoGP. On sent toutefois que le Japonais est en train de confirmer sa nouvelle stature chez Honda.

Aleix Espargaro (6e). Son meilleur résultat sur l’Aprilia RS-GP, égalé pour la cinquième fois et deuxième fois consécutive. Longtemps à la lutte pour le top-5, Aleix Espargaro a fait les frais de ses difficultés à dépasser quand il est revenu sur Fabio Quartararo. Il termine à 5,164 secondes du vainqueur, son plus faible écart avec l’Aprilia, mais sans combler ses espoirs de top-5 et rêves de podium. « Je veux un podium plus que n’importe qui, mais nous devons nous rappeler d’où Aprilia est parti », relativise-t-il. Avec 35 points marqués en quatre courses, 50 sur les six dernières épreuves disputées en comptant fin 2020, il est dans la meilleure séquence de sa carrière. Reste désormais à aller franchir ce dernier cap.

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Joan Mir (5e). Comme lors des semaines précédentes, le champion du monde a été bon sans être transcendant, et prend tous les points qu’il peut prendre sans commettre d’erreur. Il estime qu’un moteur plus puissant lui aurait permis de faire un peu mieux. Mais en attendant d’être en mesure de gagner, il compte ses points Toujours pas de victoire en 2021 ? « Qu’est-ce qu’on attend de nous ? Qu’on gagne tous les courses ? On ne s’y attend pas. Nous y allons course par course en nous donnant à 100 %, et à Jerez ça nous a mené à la 5e place », répond-il.

Johann Zarco (8e). Un résultat final relativement positif pour le Français, sur un circuit où il était difficile de faire des prédictions. Mal parti, il s’est vite ressaisi et 8e était sa place, celle qu’il méritait d’obtenir. Johann Zarco était un peu plus en retrait que les semaines précédentes, et admet avoir encore besoin de confiance sur la Ducati pour être performant sur des circuits comme Jerez. « Je suis content de voir des pilotes Ducati 1 et 2, cela confirme mon feeling : le potentiel de la Ducati est très élevé, rassure-t-il. Quand je serai en mesure de tout bien faire, je serai encore plus compétitif. »

Marc Marquez (9e). Chute à haute vitesse en FP3 samedi matin, étourdissements et aller-retour à l’hôpital le midi, pire qualification en carrière (14e) l’après-midi, chute au warm-up le dimanche matin… À la lecture de ces faits, la 9e place obtenue en course apparaît comme un résultat satisfaisant. « Amoché » et pris dans le peloton, Marc Marquez a fait ce qu’il a pu et termine dans le top-10, devant son coéquipier Pol Espargaro. « Je commence à trouver le chemin », se satisfait-il. Pour le reste, il faudra attendre de meilleures dispositions physiques.

Pol Espargaro (10e). Convaincu de pouvoir rouler devant, le Catalan n’avait pas la tête des bons jours après l’arrivée. « Un peu perdu », il s’est plaint de mauvaises sensations sur la Honda, mais surtout d’une direction de travail qu’il ne comprend pas. « Je ne sais pas si c’est moi, la moto, le package que j’utilise ou mon style de pilotage. (…) Je ne suis qu’un employé et je dois faire ce qu’ils veulent », a-t-on pu entendre entre autres commentaires. Rare pour un représentant du HRC.

Stefan Bradl (12e). Du bon travail que celui fourni par l’Allemand, passé en Q2 (12e) et resté à un niveau honorable tout le week-end, alors que la performance n’est pas son objectif premier – il est là en tant que pilote d’essai invité.

Fabio Quartararo (13e). Fabio Quartararo était indubitablement le plus fort et a avalé ses adversaires sans trembler en début de course, avant qu’un avant-bras douloureux ne ruine sa course. Dans l’incapacité de contrôler sa moto, le tricolore s’est battu jusqu’au bout pour sauver ce qu’il était possible de sauver, 3 points. Faut-il modifier son entraînement physique et repenser sa gestion dans ces situations, comme l’estime Jean-Michel Bayle ? En attendant, il vient d’être opéré et espère être à 100 % au Grand Prix de France. Le tracé du circuit du Mans est moins physique que celui de Jerez. L’heure de la revanche ?

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Maverick Viñales (7e).  Impossible d’être satisfait quand on est candidat au titre et qu’on a terminé deux fois deuxième à Jerez l’an dernier. Des grains de sable continuent d’enrayer la machine Maverick Viñales qui, compétitif, n’a pas su tirer son épingle du jeu dans le peloton. « C’était très proche en termes de chronos, donc si on ne part pas devant ça devient une course difficile. » Et ce fut une course difficile, hors du top-5. Il se plaint de difficultés à freiner, point fort de son coéquipier Fabio Quartararo qu’il étudie.

Miguel Oliveira (11e). Capable de gagner des courses en 2020, Miguel Oliveira est pour l’instant méconnaissable. Le Portugais travaille sur les pneumatiques pour arriver à (re)trouver les sensations dont il a besoin. Son coéquipier Brad Binder, tombé, avait un rythme supérieur au sien. Il finit premier pilote KTM mais manque le top-10 pour 3 secondes, et n’en a toujours pas obtenu un cette année.

Danilo Petrucci (14e). Une quatrième course où on voit que Petrux se cherche encore sur la KTM RC16. « Nous essayons encore de trouver de bons réglages sur la moto. Nous devons arriver à gérer ces pneus, car nous sommes lents en début de course et capables d’avoir un bon rythme ensuite. » L’expérience et les points marqués sont le positif du week-end, mais ce ne sont pas encore les performances pour lesquelles il a été recruté.

Iker Lecuona (15e). Un point qui vient récompenser tous les efforts d’un nouveau Grand Prix difficile. Toujours en deuxième moitié de tableau, l’Espagnol a réduit l’écart avec les leaders – 20 secondes par rapport au vainqueur, la plus faible différence depuis le début de la saison. « Je suis plutôt content, je pense que j’ai retrouvé la confiance pour aller vite », espère-t-il.

Luca Marini (16e). Pressé de remonter après un mauvais départ, l’Italien a commis quelques erreurs de freinages dans les premiers kilomètres. Il y a ensuite eu du mieux et il ne termine qu’à 645 millièmes du 15e. La piste de Jerez lui a posé quelques difficultés, et ce point aurait été une juste récompense. Dommage.

Enea Bastianini (chute). « Dommage » est aussi le mot juste pour le coéquipier de Luca Marini. Qualifié 15e, Enea Bastianini a réussi une belle première partie de course. Il se battait avec Marc Marquez et luttait près du top-10 quand il a perdu le contrôle de sa Ducati, au virage 2. L’Italien était le rookie le plus compétitif, ça n’a pas payé mais c’est sa première vraie erreur de débutant, et c’est pardonnable.

Valentino Rossi (17e). Les semaines passent sans que l’Italien ne parvienne à atteindre ses objectifs de compétitivité. Le voir aussi loin est dur, sur un circuit où il avait hâte de rouler – il y a obtenu son dernier podium, en juillet 2020. Il n’arrive pas à exploiter le pneu arrière sans l’user, cherche de meilleurs réglages pour « tirer le maximum » de sa Yamaha. S’il ne corrige pas le tir dans les prochaines semaines, il est probable que nous soyons en train d’assister aux derniers Grands Prix de sa longue carrière.

Lorenzo Savadori (19e). Un problème de pression au pneu arrière a gâché une partie de sa course. « C’est dommage parce que nous avions le rythme et le potentiel pour se battre dans les points », regrette-t-il. Ce n’est pas ce que disent les données du week-end et des moments où ça allait mieux – quelques dixièmes lui manquaient à chaque tour –, mais ce souci technique rend sa prestation difficile à juger.

Alex Rins (chute). Une chute à lente vitesse en début d’épreuve, alors qu’il remontait après une qualification moyenne (9e), a condamné ses espoirs de podium. Reparti, Alex Rins a eu un rythme similaire à celui du vainqueur, Jack Miller. De quoi nourrir de grands regrets. Problème : ça fait deux chutes consécutives, pendant que les autres prennent des points. Alex Rins a beau être plus rapide que son coéquipier Joan Mir, ce-dernier est plus régulier et ça pèse lourd dans la balance du championnat.

Brad Binder (chute). Les chronos de Brad Binder montrent qu’il avait le potentiel de se battre au moins pour le top-10, et l’historique tend à penser qu’il aurait pu être à la hauteur des hommes du top-5. Deux chutes mettent un coup d’arrêt à sa progression (14e/8e/5e). Il est indubitablement le capitaine du navire KTM en termes de vitesse, mais n’a pas pu le montrer dimanche.

Alex Marquez (chute). Un week-end laborieux qui s’est terminé dès le huitième virage du circuit de Jerez. Qualifié 20e, Alex Marquez comptait sur son bon warm-up (10e) pour redresser la barre en course. Mais partir dans le paquet expose à des risques de contacts, et c’est ce dont il a été victime en étant percuté par un autre pilote. Troisième chute et troisième résultat blanc en quatre courses : l’Espagnol a besoin de se retrouver pour redevenir le pilote qu’il était fin 2020.

Championnat après le GP d’Espagne : 1. Bagnaia 66 pts, Quartararo 64 (-2), 3. Viñales 50 (-16), 4. Mir 49 (-17), 5. Zarco 48 (-18)… Classement complet ici

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Le MotoGP face à ses « limites » ?

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