Les étoiles du GP du Portugal



Qui a brillé, qui a déçu à Portimao ? Voici les étoiles du Grand Prix du Portugal, troisième rendez-vous de la saison 2021 de MotoGP.

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Fabio Quartararo (1er). Montée en puissance aux essais libres, pole position, course bien préparée et puis dominée : le Français a conclu au sommet un week-end construit à la quasi-perfection. Pas inquiété par son mauvais départ, il a tranquillement déroulé son rythme jusqu’à se porter en tête, sans commettre aucune erreur. La victoire, méritée, lui permet de prendre les rênes du championnat. Elle souligne surtout la qualité et l’efficacité du travail psychologique effectué ces derniers mois – « 70 % de tout ça est dans la tête, et le reste sur la moto », a-t-il lâché à l’arrivée. La frustration de la perte du titre 2020 a été transformée en force pour aller chercher celui de 2021.

Marc Marquez (7e). « Le retour du roi », titraient de nombreux confrères à l’arrivée de Marc Marquez dans le paddock de Portimao. Plus de 260 jours avaient passé depuis son dernier roulage en MotoGP, 518 depuis son dernier drapeau à damiers. Diminué musculairement, il s’en sort avec une solide 7e place, de bonnes impressions laissées dans les moments où il était en forme, et se pose déjà en leader du clan Honda. Les larmes qui ont coulé à l’arrivée en disent long sur la souffrance endurée et les doutes qui l’ont traversé durant ces 9 mois d’absence.

Takaaki Nakagami (10e). L’autre héros du Grand Prix, c’est lui. Tombé à 260 km/h en FP2, Taka a fait l’impasse sur la FP4 et les qualifications pour reposer une épaule endolorie. Quand on sait qu’il est parti dernier, qu’il n’avait que très peu roulé du week-end (chute en FP2, seulement 9 tours en FP3, pas de FP4 ni de Q1, 8 tours au warm-up) et qu’il a souffert durant ses 42 minutes de course, ce top-10 vaut bien la note maximale.

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Francesco Bagnaia (2e) : Difficile de ne pas se poser la question « et si… ». Et si Pecco n’avait pas été pénalisé en qualification, aurait-il pu rivaliser avec Fabio Quartararo ? Le drapeau jaune sorti pour la chute de Miguel Oliveira l’a fait passer de la 1ère à la 11e place sur la grille, donc perdre pas mal de temps dans les premiers tours. L’Italien a su convertir cet obstacle en énergie. Costaud dans sa remontée, il reprend la place de meilleur pilote Ducati et se retrouve second au classement général. Du tout bon avant d’aller à Jerez, où un podium lui a été volé sur panne mécanique l’an dernier.

Joan Mir (3e) : Le champion du monde de la régularité fait honneur à sa réputation. Comme au Qatar (4e/7e), Joan Mir n’a pas été transcendant. Mais comme au Qatar, il a réussi à rester dans le bon wagon et prendre les points qu’il y avait à prendre, avec cette fois un podium à la clé. Le premier de l’année pour le Team Suzuki Ecstar.

Franco Morbidelli (4e) : Il y a des places de 4e qui déçoivent, mais celle de Franky Morbido a plutôt de quoi rassurer. Les problèmes rencontrés au Qatar (18e/12e), et la situation dans laquelle il se trouve chez Yamaha, n’ont pas atteint son rendement. L’Italien avait besoin de se retrouver et de chasser les doutes, c’est chose faite.

Brad Binder (5e). Le sauveur de KTM, une fois de plus. Alors que les espoirs des Oranges reposaient sur Miguel Oliveira, son coéquipier sud-africain s’est finalement chargé du travail en allant chercher la 5e place, lui qui était 15e sur la grille. Sans lui, la compétitivité de la KTM RC16 2021 pourrait être questionnée ; les résultats qu’il obtient confirment que c’est bien une moto en mesure de rouler devant.

Aleix Espargaro (6e) : Les semaines passent et le couple Espargaro-Aprilia avance. Les Grands Prix du Qatar et de Doha l’avaient montré, celui du Portugal le valide : un cap a été franchi. Cette 6e position vaut une égalisation du meilleur résultat de l’Aprilia RS-GP en course. Et le regard est braqué sur la suite : « Pas à pas, il est possible de se battre pour le podium dès cette année. »

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Alex Marquez (8e). Enfin une course terminée pour le champion du monde Moto2 2019, qui sortait de deux chutes successives au Qatar. Plus en jambes au Portugal, Alex Marquez n’a pas livré une partition exceptionnelle mais a fait le travail pour repartir de Portimao avec du positif dans les bagages.

Enea Bastianini (9e). Troisième course en MotoGP, troisième arrivée dans les points et deuxième fois dans le top-10. Enea Bastianini trace sa route sans faire de bruit et passe à nouveau meilleur rookie au classement du championnat.

Luca Marini (12e). Les premiers points en MotoGP de Luca Marini. Surprenant en qualification (8e), rentré dans le rang en course, le pilote Sky VR46 avait besoin de ces unités pour lancer sa saison.

Johann Zarco (chute) : Un problème avec la boîte de vitesses a ruiné les chances de podium du Français, qui était 3e avant de chuter. Honnête, il a aussi reconnu qu’il était peut-être au-delà de sa limite. Reste que Johann Zarco a réalisé un nouveau week-end solide, fait d’une première ligne aux essais (3e) et d’une bagarre devant en course. Ce qu’il lui fallait pour confirmer que la performance de Losail (2e/2e) n’était pas qu’un coup d’éclat.

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Danilo Petrucci (13e). L’adaptation de Petrux à la KTM RC16 continue, mais il n’a pour l’instant pas trouvé la clé pour performer avec. Ses résultats sont dans la lignée des derniers obtenus avec la Ducati, l’an dernier. Pas le niveau qui correspond à ses attentes.

Lorenzo Savadori (14e). Les premiers points en carrière du pilote italien, qu’il faut saluer. Ils donnent à Lorenzo Savadori un peu d’oxygène dans une situation délicate, où il doit composer avec un physique diminué et son inexpérience. Il est cependant difficile d’oublier qu’il rend 39 secondes au vainqueur, presque 10 secondes au 13e, et qu’on a compté devant lui pas moins de 5 chutes, un abandon sur problème mécanique et un forfait.

Alex Rins (chute) : Spielberg 2020, Le Mans 2020, Portimao 2021 : les trois dernières chutes en course d’Alex Rins correspondent toutes dans des situations où il se bat devant. Seul homme capable de suivre Fabio Quartararo, le pilote Suzuki en a trop voulu dans des conditions de roulage piégeuses – plusieurs pilotes s’étonnent des chutes dont ils ont été victimes –, au lieu de se contenter d’une deuxième place qui aurait arrangé ses affaires au championnat. Alex Rins est peut-être plus rapide que son coéquipier Joan Mir, mais ce-dernier sait mieux combiner vitesse et régularité. Et c’est comme ça qu’on devient champion du monde.

Valentino Rossi (chute). Avec 4 points en trois courses, le Docteur signe le pire début de saison de sa carrière, toutes catégories confondues. Le manque de compétitivité expérimenté au Qatar (12e/16e) s’est également constaté au Portugal, et il ne cache pas son inquiétude. Pourquoi ces deux étoiles, alors ? Parce que parti 17e, Valentino Rossi a réussi à remonter 11e et visait un top-10 qui lui aurait fait du bien. Ses sensations ont été meilleures que lors des jours précédents. Il faut espérer pour lui que cela se confirme à Jerez. Car devant, le train est déjà en marche.

Pol Espargaro (abandon) : Victime d’un problème avec son frein arrière, le pilote Honda n’est pas responsable de son résultat final. Juger de sa performance est compliqué car il a passé moins de 10 minutes en piste. Reste que la position de 13e aux essais libres et 14e en qualification n’a pas de quoi le satisfaire.

Maverick Viñales (11e) : L’Espagnol retombe dans ses travers et ne confirme pas les belles choses montrées au Qatar (1er/5e). Certes, il n’a pas été aidé par l’annulation de son tour rapide en qualification, qui l’a repoussé au 12e rang sur la grille. Mais contrairement à Francesco Bagnaia, lui n’a pas réussi à refaire ce retard en course. La 11e place n’est pas catastrophique quand on sait qu’il était 20e après quelques mètres, mais elle n’est pas suffisante pour un candidat au titre. Car comme il l’a reconnu, « ce n’est pas une saison où il faut être irrégulier ».

Iker Lecuona (15e). Un premier point cette année, mais un point pénible pour le pilote Tech3, qui a franchi la ligne 50 secondes (!) après Fabio Quartararo. Quelque chose ne fonctionne pas pour Iker Lecuona, alors que les premières rumeurs d’un remplacement pour 2022 – on parle là de Remy Gardner – commencent à émerger.

Miguel Oliveira (16e). Héros local, magnifique vainqueur à Portimao cinq mois plus tôt, le Portugais est passé à côté de son week-end. Il peste d’avoir été privé du pneu Michelin (retiré) avec lequel il s’était imposé, et a été des premiers à partir à la faute dimanche. À souligner cependant : il a continué la course jusqu’au bout malgré sa chute et les 40 secondes perdues dans l’incident.

Jack Miller (chute) : Les ennuis continuent pour l’Australien. Pénalisé par un syndrome des loges au Qatar (9e/9e), il a cette fois perdu le contrôle de sa Ducati alors qu’il tentait de s’accrocher au wagon de tête. Avec 14 points en trois Grands Prix, il est loin des comptes pour lesquels il a été désigné chef de file des Ducatistes.

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Championnat après le GP du Portugal : 1. Quartararo 61, 2. Bagnaia 46 (-15), 3. Viñales 41 (-20), 4. Zarco 40 (-21), 5. Mir 38 (-23)… Classement complet ici

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