Lorenzo chez Yamaha : ce qui pourrait coincer



Devenir pilote d’essais Yamaha fait partie des options dont dispose Jorge Lorenzo. Mais pour cela, il devra retrouver le panache qui lui permettait de rouler au rythme du peloton MotoGP. Et son employeur, mettre les moyens sur la table.

La Ducati Desmosedici GP18 en 2018, la Honda RC213V en 2019… et la Yamaha YZR-M1 en 2020 ? Le retour de Jorge Lorenzo chez Yamaha – en tant qu’essayeur – n’est pas qu’une simple rumeur circulant parmi d’autres ; cette éventualité a été discutée. « C’est l’une des possibilités que j’ai sur la table », a d’ailleurs confirmé le Majorquin début janvier.

Une phrase lâchée quelques jours après l’annonce de son futur retour dans l’environnement des Grands Prix. « Je reviendrai dans le paddock. Il y aura quelque chose que je pourrai bientôt annoncer », a-t-il lancé mi-décembre, de retour de ses vacances à Bali. Nous laissant, journalistes, nous demander s’il s’agira d’un poste de commentateur, de coach… ou de testeur.

Un pilote d’essais digne de ce nom, Yamaha en aurait bien besoin. Les Bleus avaient fait une offre à Johann Zarco, avant de reculer lorsque le Français a accepté de terminer la saison 2019 avec LCR Honda. Mais même là, Yamaha s’est finalement dit que si Johann Zarco se retrouvait à pied, il pourrait être utile sur la M1. Ainsi doit être comprise la déclaration de Massimo Meregalli disant qu’il « ne ferme aucune porte ».

Johann Zarco indisponible car recruté par Reale Avintia Racing via Ducati, Yamaha a décidé de maintenir la configuration initialement prévue : fin de l’aventure avec Jonas Folger et test team basé au Japon, avec les deux pilotes japonais Katsuyuki Nakasuaga et Kohta Nozane.

Ce que l’on comprend, derrière cette affaire, c’est que Yamaha était prêt à mettre les moyens sur la table pour travailler avec Johann Zarco. Moins pour Jonas Folger.

Le problème est que pour le bon développement de la M1, Yamaha a besoin de pilotes d’essais capables de rouler au rythme du peloton MotoGP. C’est en poussant la machine à la limite qu’elle peut être améliorée pour des hommes du calibre de Valentino Rossi ou Fabio Quartararo. À la concurrence, Dani Pedrosa (KTM), Michele Pirro (Ducati) ou encore Stefan Bradl (Honda) en sont capables, et ont de l’expérience dans la catégorie. C’est moins le cas de Katsuyuki Nakasuaga et Kohta Nozane, avec tout leur respect que nous leur devons.

De ce point de vue là, l’arrivée de Jorge Lorenzo ne serait donc pas inutile. La Yamaha est la moto qui lui convient naturellement le mieux. Il s’est trouvé à son guidon pendant neuf ans, a décroché avec elle 3 titres, 44 victoires, 39 poles et 107 podiums.

Cependant, d’autres éléments s’érigent en obstacles devant cette hypothèse.

Il faudrait d’abord que le Majorquin le décide, ce qui ne semble pas encore fait. Depuis son départ à la retraite, Jorge Lorenzo s’est accordé du bon temps à divers endroits de la planète. Une déconnexion seulement temporaire ?

Son ami Max Biaggi estime que non : « Je ne crois pas que dans sa tête, il pense à faire quelque chose dans les sports mécaniques. Au moins pour l’an prochain, ou les deux prochaines années. Il veut se reposer et chercher son propre chemin, son bonheur. Avec les motos il a fait beaucoup,je ne crois pas qu’il veuille plus. Il est heureux d’avoir pris cette décision. »

Quand bien même Jorge Lorenzo souhaiterait renfiler un cuir Yamaha, un autre point fait défaut : il lui faudra être performant. Or, après l’annonce de sa retraite, il a expliqué ressentir la peur de chuter à nouveau et de se blesser gravement. Sera-t-il capable de dépasser ces craintes et de retrouver l’étincelle qui en faisait l’un des hommes les plus rapides de la planète ?

C’est avec cette question en tête qu’il faut lire les doutes émis par Giacomo Agostini quant à cette idée de devenir pilote d’essais. « Je pense que là maintenant c’est très difficile, affirme l’Italien, parce que pour être pilote d’essais il faut être très rapide. La moto devient difficile quand tu la pousses à la limite. Si tu roules deux secondes plus lent tu n’as aucun problème, tout te semble parfait. »

Dans l’immédiat, Yamaha ferait aussi face à un problème de timing. Les autres constructeurs sont en train de préparer les essais de Sepang et de Losail, avec d’autres tests privés également prévus. Pendant que rien n’est établi du côté de Jorge Lorenzo.

Mais admettons que tout fonctionne sur ce plan-là : ce sera alors à Yamaha de mettre en place une infrastructure à la hauteur. Jusqu’à présent, celle qui accompagnait Jonas Folger n’a pas semblé du calibre de celle mise à disposition de Stefan Bradl au HRC, ou de Dani Pedrosa chez KTM. Le constructeur autrichien a d’ailleurs fait savoir que chaque année, son test team lui coûtait environ 1,5 million d’euros.

Stay tuned !
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Jarvis (Yamaha) : « Pas de concensus » pour garder Folger

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