Loris Baz : « Je me suis régalé aux US ! »



Sa saison aux États-Unis, le travail de Wayne Rainey pour tirer la formule MotoAmerica vers le haut, son retour en Europe pour un remplacement en mondial Superbike, ce qui se prépare pour 2022 : depuis Jerez, Loris Baz fait le point sur sa situation et ses ambitions au micro de GP-Inside.

Loris Baz retrouve ce week-end la grille du championnat du monde Superbike, Le Français remplace Chaz Davies, blessé, sur la Ducati du Team GoEleven. Un retour organisé en l’espace de quelques jours, alors qu’il terminait sa saison aux États-Unis avec l’équipe Warhorse HSBK Racing Ducati New York. GP-Inside s’est entretenu avec lui à Jerez, ce jeudi, pour ce premier jour de l’année dans le paddock WorldSBK.

Quatrième du championnat MotoAmerica, Loris Baz espérait un meilleur résultat final, mais a dû composer avec de nombreux éléments : nouveaux circuits, nouvelle moto, nouveaux pneus, nouvelle équipe, peu de roulage avant d’attaquer les courses, et quelques mésaventures en début de saison. Il peut donc s’estimer satisfait de ses neuf podiums obtenus, même si son ambition reste d’aller chercher le titre.

Il pourrait avoir une autre occasion de le faire en 2022, et explique avoir « 90 % de chances » d’enchaîner sur une deuxième campagne aux États-Unis. Mais avant ça, place à ce week-end de compétition à Jerez, avec pour objectif de se faire plaisir et donner le meilleur au guidon de la Ducati officielle.

GP-Inside : Loris, avant-tout.. Comment ça va ?

Loris Baz : « Ça va super bien. Je suis rentré plus tôt que prévu. Au lieu de passer une semaine à manger des burgers et boire des bières aux US, je suis revenu pour faire deux courses sur une moto officielle (rires). Je suis super content, c’est une bonne opportunité. Ça a été un peu la course pour organiser ça mais c’est cool. »

Découverte d’un championnat, 9 podiums, de la malchance avec quelques casses et chutes, 4e place du classement… Quel bilan tires-tu de ta saison aux États-Unis ?

LB : « Dire que je suis satisfait serait mentir, car l’objectif était de gagner, mais il faut savoir analyser les choses. En prenant en compte la situation et ce qu’il s’est passé, je pense qu’on a fait une bonne saison. Il y a eu beaucoup de belles courses, un peu de malchance, des erreurs de ma part. Je ne suis pas arrivé dans un team en place depuis dix ans, j’étais un nouveau pilote qui devait apprendre la moto, les pneus, les circuits… Avec la seule moto au monde qui roule avec des Dunlop, donc il fallait la développer pour qu’elle marche avec. »

« En considérant qu’il y a eu peu de roulage car tout s’est signé très tard, cette malchance qui nous a un peu suivi en début d’année, avec des casses où on ne pouvait pas faire grand chose, c’est sûr qu’on aurait pu faire un meilleur classement final. Mais on est aussi tombés sur plus forts que nous : Jake Gagne et son team étaient au-dessus du lot. On voit que l’expérience que cette équipe a depuis dix ans compte vraiment, sur un championnat et des circuits si différents des nôtres. »

« Je me suis régalé, j’ai pris beaucoup de plaisir sur un très beau championnat, qui est vraiment en train de remonter. Wayne Rainey fait un super boulot pour ça. Il y a eu des courses à 80 000 spectateurs, j’ai été très bien accueilli et je me suis vraiment lié d’amitié avec les patrons du team, les sponsors, avec qui on s’entend super bien. »

Pour faire un petit parallèle, en MX US aussi, le Français Dylan Ferrandis a reçu un super soutien de la part du public. Un peu comme s’il était Américain.

« C’est drôle parce que j’ai eu pas mal de commentaires où on me disait : ‘t’es cool pour un français’ ! Je ne sais pas d’où ça vient. Je me donne à fond sur la moto, je me bats, dès que je vois quelqu’un devant j’essaie de le doubler, et je pense que ça plaît aux Américains. Ils aiment aussi avoir d’autres personnes qui arrivent dans leur championnat, qui essaient de s’installer… Je n’ai eu que de bons retours et c’était bien cool. »

John Hopkins travaille à créer une filière américaine, Garrett Gerloff est en WorldSBK, Sean Dylan Kelly va rejoindre Cameron Beaubier et Joe Roberts en Grands Prix… Tu sens qu’il y a aux États-Unis une émulsion autour d’un retour des pilotes en championnat du monde ? 

LB : « Je ne sais pas, mais en tout cas on le voit. La preuve est qu’il y a des Américains là-bas alors qu’il n’y en avait pas toujours ces dernières années. Le championnat est en train de retrouver une belle couverture médiatique, ça commence à reprendre de l’envergure et c’est surtout grâce au travail de Wayne Rainey. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu autant de monde sur les courses. Je crois qu’à Laguna Seca, il y avait plus de monde pour la moto que pour l’IndyCar ! Cela montre que le championnat reprend de la puissance, donc automatiquement, plus d’Américains vont sortir. »

Bon, alors, cette venue à Jerez, comment ça s’est fait ?

LB : « Le team-manager Denis Saccheti, m’a écrit avant ma troisième manche aux États-Unis. Il m’a demandé si je pouvais venir, je lui ai dit oui, et ça s’est fait dans la journée de lundi. On avait 1 600 kilomètres à faire pour rentrer au team, donc ça s’est fait dans la voiture. J’ai pris mes affaires en vitesse, un cuir, un casque, et un avion mardi soir pour venir ici. Je suis arrivé hier (mercredi, NDLR). Alpinestars gère vraiment pour me faire un cuir pour demain, le team HSBK m’a autorisé à venir plus tôt que prévu car je devais rester là-bas pour faire des journées de roulage avec eux. Chez Ducati, Paolo Ciabbati a tout de suite été d’accord, et le Team GoEleven est content. Jai une moto officielle donc ça fait toujours plaisir. »

Qu’est-ce que tu attends de ce week-end ?

LB : « Me faire plaisir. »

Pas d’objectif particulier en termes de résultats ?

LB : « Je ferai de mon mieux, mais je me donne à 110 % chaque fois que je monte sur une moto, je travaille toujours de la même manière depuis que j’ai dix ans. Je sais que quand tu arrives sur un championnat en fin d’année, ça va vite. Il faut que je me réhabitue aux Pirelli. La moto a la même base (que celle des États-Unis) mais est complètement différente, donc on ne peut pas prendre les réglages américains, il faut prendre ceux d’ici. L’objectif est donc de trouver une bonne base de réglages, faire un bon boulot et me faire plaisir. »

Le programme, c’est Jerez puis Portimao ?

LB : « Jerez et Portimao pour le moment, oui. Cela dépendra de quand Chaz Davies reviendra. »

On a entendu qu’il était probable qu’après ça, tu continues aux États-Unis en 2022.

LB : « Il y a 90 % de chances pour que rien ne change, que je reste là-bas avec Ducati pour essayer d’aller chercher le titre, en utilisant l’expérience acquise cette année. C’est l’objectif. On a compris ce qu’il fallait pour lutter pour ça, donc si on arrive à signer assez tôt, faire des essais hivernaux, on peut arriver bien plus en forme. C’est à 90 % ce qui va se passer, mais après, tout change tellement vite qu’on ne sait jamais. »

À choisir, tu préfères une moto qui gagne aux États-Unis plutôt qu’une avec laquelle il serait difficile de rentrer dans le top-5 en mondial ?

LB : « S’il s’agit d’avoir une moto avec laquelle jouer des podiums comme l’an dernier, c’est sûr que je préfère faire des podiums en WorldSBK que sur un championnat national. Dans le cas contraire, oui, je préfère gagner aux US, que faire top-10 en WorldSBK. »

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DARAGNES
29 jours il y a

GO LORIZ #76

[…] De retour en WorldSBK pour remplacer Chaz Davies, blessé, Loris Baz n’a pas mis longtemps à retrouver ses marques. Le Français, qui pilote une Ducati différente de celle utilisée en MotoAmerica – pas les mêmes pneus, ni la même base de réglages –, termine la session aux portes du top-10 (11e), à à peine 342 millièmes de la cinquième place de Leon Haslam. Il met derrière la Honda officielle d’Alvaro Bautista, qui fait ce week-end sa dernière sortie à domicile en tant que pilote du HRC. […]

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