Oliveira écrit l’histoire de la moto portugaise



De nouvelles pages de l’histoire du sport moto sont en train de s’écrire en cette saison 2020. Après la première victoire d’un Sud-Africain en MotoGP à Brno, voici le premier succès d’un Portugais : celui de Miguel Oliveira à Spielberg.

Que Miguel Oliveira soit rapide au Red Bull Ring de Spielberg, personne n’en doutait. KTM a mené de nombreux tests là-bas, et le pilote est lui-même à l’aise sur le tracé. C’est ici qu’il avait obtenu son meilleur résultat en 2019, aux essais (13e) comme en course (8e). On l’avait également vu rapide lors de la première des deux épreuves autrichiennes de 2020, puisqu’il allait s’emparer de la 5e place de Pol Espargaro quand les deux hommes se sont accrochés.

Qu’il ait franchi un cap cette année n’était pas non plus à remettre en question. Les premiers Grands Prix de la saison lui avaient permis de repousser ses références personnelles, en améliorant sa meilleure qualification (5e à Jerez 2) comme sa meilleure position en course (égalée à Jerez 1 en finissant 8e, puis battue à Brno avec une 6e place). Mais de là à l’imaginer sur la plus haute marche du podium du Grand Prix de Styrie, il y avait un pas que peu osaient franchir. Le dimanche 23 août restera pourtant comme l’un des plus grands jours de sa carrière.

Septième sur la grille, Miguel Oliveira a d’abord vu la course pour la gagne lui échapper et s’est retrouvé dans le deuxième groupe, celui qui luttait pour la place de 6e. Mais la sortie du drapeau rouge après l’accident de Maverick Viñales a complètement bouleversé la donne. « J’ai eu la chance d’avoir une deuxième opportunité pour changer le pneu avant et je crois que ça m’a aidé à gagner la deuxième course », admettra-t-il à l’arrivée.

Le pilote KTM a très bien négocié son deuxième départ (parti 7e, 4e après quelques virages) et s’est rapidement hissé à la hauteur des leaders. « Je ne me sentais pas très bien avec le pneu medium donc j’ai mis le dur pour la deuxième course, et j’étais immédiatement mieux, raconte-t-il. Ça m’a permis de progresser et lutter pour le podium. »

Joan Mir mis derrière, il lui fallait encore venir à bout de Pol Espargaro et Jack Miller. Les deux hommes avaient un petit quelque chose en plus, mais Miguel Oliveira est resté au contact et a attendu son heure. Tout s’est joué dans le dernier virage du dernier tour : Pol Espargaro tente de passer Jack Miller, l’Australien réplique, les deux écartent et leur adversaire portugais leur subtilise les commandes à quelques mètres du drapeau à damiers.

« Je ne peux pas vraiment expliquer ce qu’il s’est passé. Dans les derniers virages j’ai juste profité de la bagarre devant moi. Je savais que même si tu es deuxième, tu peux encore faire la différence dans les deux derniers virages, donc je pouvais imaginer que Pol et Jack s’y battraient sans pitié. Je connais Pol et Jack, je m’attendais à du mouvement. Je me suis dit à moi-même : ‘C’est bien, reste troisième, concentre-toi sur ta trajectoire et prépare-toi du mieux possible pour bien sortir du virage’. » La suite, vous la connaissez.

Historique

Heureux vainqueur du 900e Grand Prix de l’histoire de la catégorie reine, Miguel Oliveira a définitivement marqué l’histoire du sport portugais. Il était déjà le premier pilote du Portugal à avoir gagné en Moto3 et en Moto2 ; c’est désormais le cas en MotoGP. Il offre aussi son premier succès à l’équipe française Tech3, pour le plus grand bonheur d’Hervé Poncharal, « presque l’homme le plus heureux du monde ».

« Je suis heureux et fier. C’est une victoire à domicile pour KTM et Red Bull, et ma première en catégorie reine. Je suis très heureux pour ma famille, pour les fans portugais, pour tout le monde. Nous avons bien travaillé ce week-end. Je suis arrivé au circuit le jeudi et on a parlé avec l’équipe de gagner la voiture (BMW offrait une auto au vainqueur, NDLR), et voilà : ironie du sort, je la ramène à la maison. Je suis le premier portugais à gagner en MotoGP, et le faire sur les terres de KTM me donne beaucoup de fierté pour eux, parce qu’ils font du grand travail. »

Un travail dans lequel Miguel Oliveira inclut également Dani Pedrosa, pilote d’essai depuis 2019. L’Espagnol avait déjà reçu des félicitations après la première victoire de l’histoire de KTM en République-Tchèque, grâce à Brad Binder. « Dani fait du très bon travail pour que la moto soit plus facile à piloter », remercie le portugais. On ne manquera pas de rappeler que Dani Pedrosa a roulé à Brno puis Spielberg en juillet, préparant le terrain pour les Oranges.

Les victoires appellent les victoires et KTM vient d’en obtenir deux en l’espace de trois courses. Ls hommes du constructeur autrichien affrontent l’avenir avec le plein de confiance. « KTM est en train de montrer que nous allons rester (avec les meilleurs), affirme Miguel Oliveira. Il n’y a pas de raison de s’inquiéter pour les prochains circuits. Nous avons fait un très bon test à Misano », où se dérouleront les deux prochains Grands Prix, en septembre.

Championnat MotoGP après le GP de Styrie : 1. Quartararo 70 pts, 2. Dovizioso 67 (-3), 3. Miller 56 pts (-14), 4. Binder 49 pts (-21), 5. Viñales 48 pts (-22)…

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