Peu de pilotes allemands : l’analyse de Cortese



La situation des pilotes allemands est compliquée. Depuis le départ de Jonas Folger, en 2017, il n’y en a plus aucun en MotoGP. Il n’y en a pas non plus en Moto3. Ils sont trois en Moto2 cette année (Lukas Tulovic, Marcel Schrötter, Philipp Oettl), mais seul Marcel Schrötter devrait rester en 2020.

Si l’on regarde du côté du WSBK, ils sont deux (Sandro Cortese et Markus Reiterberger) mais ce-dernier a perdu son guidon chez BMW. Il y a Christian Sange en Supersport, mais il n’a pas encore marqué de point en 2019. Dans la filière Supersport 300, Victor Steeman s’en sort bien (6e) mais il lui manque quelque chose pour se battre avec les leaders.

Chez les jeunes, aucun n’est présent en championnat du monde Moto3 junior (CEV), porte d’entrée pour accéder aux Grands Prix. Il y en a quelques-uns en CEV Moto2, mais aucun ne fait partie des meilleurs – le mieux classé, Matthias Meggle, est 13e. En Red Bull MotoGP Rookies Cup, le seul représentant – Philipp Tonn – est actuellement 22e.

Ces dernières années, Sandro Cortese est l’un de ceux qui a connu le plus de succès. Il a été champion du monde Moto3 en 2012, et titré en Supersport l’an dernier. Il est actuellement 9e en Superbike, et porte un regard critique sur la situation – « C’est un désastre, beaucoup de choses ont échoué », se désole-t-il sur Motorsport-Total. D’après lui, cela tient en partie à une question d’âge :

« Nous débutons à l’âge de 13 ou 14 ans. C’est beaucoup trop tard, à cet âge les jeunes pilotes en Espagne, en Italie, en Angleterre et maintenant de l’Asia Talent Cup entrent en championnat du monde junior. Tous les talents allemands, Schrötter, Folger, Bradl, Oettl et moi, nous avons commencé par la minimoto et ensuite la 125cc, une école classique par laquelle il faut passer pour réussir en Grand Prix plus tard.

Si tu veux faire du loisir, commencer avec une 300cc à 14 ans et passer en IDM est suffisant. C’est la manière de le faire si tu ne veux pas être professionnel. Mais pour acquérir un vrai talent, il faut travailler. Il n’y aurait pas eu de descendance en Italie si Rossi ne s’était pas impliqué. À quelques exceptions, tous viennent de l’équipe VR46. En Espagne les pilotes ont l’avantage que le championnat CEV est très bon. »

Un cercle vicieux

Pourtant, Sandro Cortese estime que son pays a les ressources nécessaires pour que de futurs pilotes s’entraînent dans de bonnes conditions. « C’est dommage parce qu’en Allemagne nous avons de bons circuits et l’IDM. Nous avons des pistes assez bonnes pour un bon hampionnat. Même pour les plus petits, nous avons beaucoup de ciruits de karting pour commencer. »

La moto allemande souffre-t-elle d’un manque d’intérêt du public ? Oui, estime-t-il. Et c’est un cercle vicieux : si plus il y a de champions plus il y a de fans qui les suivent, l’inverse est aussi vrai. « C’est compréhensible. C’est comme le tennis. Qui s’intéresse au tennis en ce moment ? Il y a eu un gain d’attention pour le tennis allemand à l’époque de Boris Becker, et il y a eu des années où l’ARD informait sur la moto parce qu’il y avait beaucoup de pilotes allemands. 

Quand je vois comment baissent les chiffres de RTL, on ne voit pas beaucoup de monde qui suit la Formule 1, et ce que Sebastian Vettel soit deuxième ou troisième. Cela n’intéresse personne en Allemagne. Seules les victoires comptent. »

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