Physique, technique, sponsors : Zarco raconte son hiver



Le stage au centre Red Bull, l’installation du frein arrière à la main, le programme d’entraînement de février : Johann Zarco  a fait le point sur son hiver avec le promoteur du Grand Prix de France, Claude Michy. Voici ce qu’il faut retenir de son entretien, également à voir en vidéo ici.

Un hiver solide : « J’ai passé un bon hiver, de bonnes fêtes. Puis, sans m’entraîner comme un malade, je suis resté bien actif chaque jour, car en tant que sportif ça fait du bien de toujours faire quelque chose. Je me suis lancé dans le golf et ça me plait beaucoup, car c’est ultra-mental, la torture mentale de faire un bon coup pour dix mauvais coups. Le fait d’avoir du temps cet hiver, j’ai pu marcher et méditer sur les pelouses. »

Le test de Jerez écourté par la pluie : J’avais prévu 2 jours mais ce ne furent que 2 heures car il y a eu de la pluie. En général on va dans le sud de l’Espagne pour avoir une belle météo, il ne faisait pas froid mais il y avait beaucoup de pluie. Sur la moto d’entraînement je ne veux pas rouler sous la pluie car elle n’est pas assez équipée, et cela représente trop de risques de faire une petite chute qui peut toucher la mécanique et nous faire rentrer. Mais ce furent 2 heures qui font beaucoup de bien. Et le fait de voir les mecs de Ducati Superbike là-bas, j’ai pu prendre d’autres opportunités sur le mois de février. Je vais pouvoir y retourner. Si je retombe sur deux jours de pluie ce sera pas de chance, mais à mon avis ce sera beaucoup mieux. »

Un premier roulage « fondamental » : « C’est obligatoire pour la tête, les sensations du corps, les réflexes. Je n’avais pas fait de moto depuis le GP du Portugal (le 22 novembre, NDLR), sauf des virées avec Lolo Cochet sur la Multistrada, mais pas de piste. L’hiver est vite arrivé, j’aurais pu aller faire un peu de cross mais j’ai préféré bien me reposer et recréer de l’envie. L’envie est là, sur 2 heures je ne suis pas parfait en termes de sensations mais j’ai bien repris. Donc même si je suis descendu 2 jours pour 2 heures de roulage, elles étaient fondamentales pour mieux préparer l’entraînement de février. »

D’autres entraînements en Espagne en février : « À Jerez et Almeria, deux occasions que je peux avoir début et fin février. Puis, si la météo est vraiment belle autour d’Alès, alors pourquoi pas un peu d’entraînement à Alès, ce qui est plus facile car c’est à 1h45 de la maison, mais je pense qu’il fera encore frais. Si je fais déjà 4 jours de qualité à plus de 200 km/h, ça me sera suffisant pour bien attaquer au Qatar. »

Pourquoi la Ducati Panigale V4S et pas la V4R : « La V4S est une 1100cc, la V4R une 1000cc. Il vaut mieux une 1000cc qu’une 1100cc car elle est plus légère et prend un peu plus de régime moteur, donc elle est plus proche de la MotoGP. Mais sur la V4S il y a plus de couple, ce qui fait qu’elle se rapproche plus de la MotoGP. Le fait qu’elle prenne plus de régime moteur permet aussi de s’entraîner plus longtemps, d’assurer la mécanique même si les deux sont très fiables. Avec la V4S je n’ai jusqu’à présent eu aucun problème, alors que quand je roule sur piste c’est assez intense. Donc c’est pour avoir du couple et assurer la fiabilité. »

La recherche de « finesse » avec le frein arrière à la main : « De plus en plus de pilotes le font car ce n’est pas dur à faire. Je suis plutôt un pilote qui a l’habitude de freiner avec le pied, mais sur la Ducati j’ai vu qu’il y avait peut-être un certain gain à trouver en utilisant une sensation plus fine avec la main. Ils ont pu mettre ce système sur ma Panigale d’entraînement, comme ça je fais des tours pour m’habituer et savoir à quel moment ça vaut le coup d’être au pied ou à la main. Ensuite je serai directement sur la Ducati Pramac, si au Qatar j’ai déjà le corps avec les réflexes il n’y aura qu’à les utiliser. »

« Le but est vraiment de chercher plus de finesse. Par exemple, à la main avec deux ou trois doigts on peut jouer, rentrer 3, 4, 5 bars de pression sur le frein, alors qu’au pied on est rapidement à 15-17 bars. C’est cette finesse-là que je veux aller chercher pour mieux contrôler la moto, faire moins d’actions parasites sur la moto en ayant une pression trop élevée sur le frein. »

Le stage au centre de performance Red Bull : Ça a beaucoup évolué. (Son préparateur physique Romain Guillot poursuit) Avant c’était un ancien docteur d’Allemagne de l’Est, assez froid dans ses méthodes, et là on a un vrai centre très performant avec toutes les évaluations physiologiques, physiques, biomécaniques qu’ont les grands centres comme l’ISEP ou d’autres dans le monde. Avec toutes ces analyses, tu as aussi les outils pour t’entraîner. (Johann reprend) Ce qui sort positif de cette semaine, c’est qu’on se doutait qu’il y avait certains points faibles qu’on veut travailler, mais ils ont dit qu’on était très bien balancés (équilibrés, NDLR). »

« (Romain conclut) On voulait aller dans ce centre pour faire un état des lieux de l’état physique de Johann, et adapter notre travail à la maison. On y échange avec des professionnels, les médecins, les kinés. L’idée est que je puisse leur dire ce qu’on a l’habitude de faire, qu’ils me disent si ça marche bien, si on doit adapter des choses, ce qu’on peut faire de mieux ou ce qu’ils ont à nous donner. »

Le « côté coeur » du retour chez l’équipementier Furygan : « Dans un premier temps, c’est du business. Mon contrat avec Alpinestars se terminait, Alpinestars souhaitait continuer mais c’est le fait que mon contrat se termine et d’avoir des marques françaises qui s’intéresse à moi. Le plaisir de redevenir ambassadeur Furygan m’a beaucoup plu. J’ai pu avoir le choix et se rappeler des 9 ans de sponsoring, d’avoir grandi avec eux, obtenu 2 titres de champion du monde… Il y a un côté coeur qui l’a emporté, et ça fait vraiment du bien, je retrouve un peu les marques avec qui j’ai gagné. C’est comme le quinté gagnant, il n’y a pas cinq éléments mais trois avec le casque, la combinaison et les bottes. Il y a toute une proximité qui fait du bien et je suis content d’être reparti avec eux, le plus longtemps possible. »

L’agence de management Onlypro : « Onlypro et Soprano ont envie d’aider des sportifs ou les faire bénéficier de contacts. Ils le font pas mal avec des footballeurs et ils essaient de changer de sport, avec la moto qui est un bon sport. Le nom Zarco est sorti assez vite, surtout avec ce côté sud, et le fait d’être un bon produit français. Le but est de pouvoir faire connaître mon nom encore mieux en France et pouvoir amener des partenaires hors-moto dans ce monde, faire connaître ce qu’on fait sur le plan compétition ou mentalité parce qu’on est pas des têtes brûlées. On montre que c’est un vrai sport, que tout est censé et il y a moyen de fortement communiquer autour de tout ça. »

Pramac, rencontre à venir et « union » Ducatiste : « J’ai l’impression de déjà les connaître. On ne s’est pas vus de l’hiver, je suis passé chez Ducati faire modifier ma moto d’entraînement pour mettre ce frein arrière à la main. Mais à Jerez il y avait le team Ducati Superbike, et sur le groupe Pramac qu’on a pour échanger sur le téléphone, quand on s’écrit il y en a même du team SBK dedans, donc tout le monde est vraiment très uni chez Ducati. Il y aura beaucoup de nouvelles têtes à apprendre mais le fait de passer les voir à l’hospitality, d’avoir été l’un à côté de l’autre cette année, il n’y a pas vraiment eu de nécessité de se rencontrer. Ça va se faire naturellement au Qatar mais j’ai le sentiment qu’on se connait déjà. »

Quand Zarco avait les faveurs de Kawasaki Puccetti pour du WSBK

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